Wall Street marque une pause en attendant SpaceX
Calme avant la tempête ?
La cote américaine souffle un peu avant bourse ce vendredi, au lendemain d'un puissant rallye alimenté par... les espoirs d'accord en Iran. Dow Jones, S&P 500 et Nasdaq s'affichent stables ou presque en pré-séance. Hier soir, le Nasdaq s'était enflammé de 2,54% et le Dow Jones de 1,86%, Trump ayant "annulé" les frappes sur l'Iran et signalé pour la énième fois (la dernière ?) qu'un accord de paix serait imminent et pourrait être signé dès ce week-end... Les algorithmes ont manifesté ainsi leur allégresse hier sur cette nouvelle annonce du locataire de la Maison Blanche.
Les cours du brut reculent donc ce jour dans l'attente de l'accord supposé, le baril WTI cédant 2,1% à 86$. Trump a indiqué que le deal présumé concernant l'Iran impliquerait une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz. Les marchés ont déjà entendu cette phrase à de multiples reprises, mais il semblerait que l'effet n'en soit pas moindre. Trump a déclaré hier soir à la Maison Blanche que les États-Unis venaient de conclure un excellent accord dans le conflit avec l'Iran, ajoutant qu'une signature pourrait avoir lieu dès ce week-end en Europe, en présence du vice-président JD Vance.
Ces déclarations intervenaient seulement quelques heures après que Trump eut annoncé sur les réseaux sociaux que les États-Unis renonceraient aux frappes militaires dont ils avaient menacé l'Iran, revenant ainsi sur les menaces antérieures de s'emparer du terminal pétrolier de l'île de Kharg, vital pour les exportations iraniennes.
"Les États-Unis vont frapper l'Iran (dont la marine, l'armée de l'air, les radars, la défense antiaérienne et toutes les autres formes de défense, ainsi que la majeure partie de ses capacités offensives, ont disparu !) TRÈS FORT ce soir. Dans un avenir proche, nous nous emparerons de l'île de Kharg et d'autres infrastructures pétrolières stratégiques, et nous prendrons le contrôle total de leurs marchés pétroliers et gaziers, comme nous l'avons fait avec le Venezuela, ce qui s'avère extrêmement profitable tant pour le Venezuela que pour les États-Unis", avait ainsi lancé hier Trump sur Truth Social.
L'accalmie géopolitique relative tombe bien pour SpaceX, qui entre en bourse ce jour sur le Nasdaq. Il s'agit de la plus grande introduction en bourse de tous les temps, la levée de fonds et la capitalisation initiale étant attendues record.
La pause géopolitique semble aussi dissiper momentanément les craintes concernant les taux de la Fed et l'inflation. L'indice américain des prix à la consommation du mois de mai 2026 publié cette semaine s'est affiché en croissance de 0,5% d'un mois sur l'autre et de 4,2% sur un an, comme attendu. Hors alimentaire et énergie, l'IPC a progressé de 0,2% par rapport au mois d'avril et de 2,9% sur un an, niveau également en ligne avec les anticipations des économistes de la place. Notons tout de même que l'inflation globale dépasse les 4% pour la première fois en trois ans.
L'indice américain des prix à la production du mois de mai publié hier a augmenté de 1,1% d'un mois sur l'autre et de 6,5% sur un an, contre un consensus de +0,7% par rapport à avril et +6,4% en glissement annuel. Hors alimentaire et énergie, l'indice des prix à la production s'est apprécié de 0,4% d'un mois sur l'autre et 4,9% sur un an (+0,4% de consensus par rapport au mois antérieur). Ainsi, l'inflation américaine "de gros", alimentée par les prix de l'énergie, ressort pour sa part au plus haut de quatre ans.
Enfin, l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan pour le mois de juin sera annoncé ce vendredi à 16 heures (consensus 47,8).
Les valeurs
Adobe, le groupe software américain, corrige avant bourse à Wall Street. Le groupe a annoncé des résultats du 2e trimestre supérieurs aux attentes de marché, évoquant par ailleurs le départ de son directeur financier Dan Durn - qui rejoint Marvell Technologies. Sur le trimestre clos, les revenus ont progressé de 13% à 6,62 milliards de dollars, pour un bénéfice ajusté par action de 5,96$. Le consensus était d'environ 6,5 milliards de recettes et 5,8$ de bpa ajusté. Adobe anticipe pour l'exercice un bpa ajusté de 24,35 à 24,45$, pour des revenus de 26,5 à 26,6 milliards. Sur le 3e trimestre juste entamé, les revenus sont anticipés entre 6,67 et 6,72 milliards, pour un bpa ajusté de 6,05 à 6,10$.
Lennar, le promoteur immobilier américain, a publié pour son 2e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 1,31$, au-dessus du consensus, contre 1,9$ sur la période correspondante de l'an dernier. Les revenus ont été de 7,94 milliards de dollars, ratant en revanche le consensus de place, alors qu'ils se situaient à 8,38 milliards de dollars un an auparavant. Les livraisons de logements ont augmenté de 2% à 20.519 unités, mais le prix moyen de vente a chuté de 5%. Stuart Miller, président exécutif et DG, a déclaré que le trimestre avait été marqué par les mêmes vents contraires tenaces qui ont mis à l'épreuve le marché du logement au cours des dernières années : des taux d'intérêt constamment élevés, une accessibilité limitée et un sentiment de consommation prudent, exacerbés par l'incertitude géopolitique et l'inflation.
Sur son 3e trimestre, le groupe anticipe les livraisons de 20.500 à 21.500 logements, sur un prix moyen de vente de 375.000 à 380.000$. Le groupe abaisse sa guidance annuelle de livraisons entre 82.000 et 83.000 logements.
SpaceX. Le prix de l'introduction en bourse historique de SpaceX sur le Nasdaq a été confirmé hier soir à 135$ pièce, ce qui ferait ressortir une capitalisation de 1.750 milliards de dollars après cette levée de fonds voisine de 75 milliards. Le groupe propose de vendre 555,6 millions de titres, avec une option de surallocation éventuelle de 83 millions d'actions qui gonflerait la levée de capitaux de 11,2 milliards de dollars. Le titre cotera cet après-midi sur le Nasdaq sous le symbole 'SPCX'. L'offre a été largement sursouscrite. Elle constituera un test majeur, alors que deux autres IPO record sont attendues plus tard cette année, celles des startups d'IA OpenAI et Anthropic.
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