Wall Street : Intel en renfort
Les principaux indices timidement dans le vert
Wall Street remonte un peu avec Intel avant bourse ce vendredi, le Dow Jones se redressant de 0,4%, le S&P 500 de 0,2% et le Nasdaq de 0,1%. Une légère amélioration à confirmer, dans le sillage du géant des processeurs qui a largement dépassé les attentes au 2e trimestre. Hier soir, la place américaine avait décroché avec Alphabet et Tesla, le Nasdaq abandonnant 2,15% et le Dow Jones près de 1%. La nervosité persiste, les opérateurs s'inquiétant toujours des plans de dépenses conséquents des leaders de la 'tech' dans l'IA, qui affectent considérablement les flux de trésorerie à court terme.
L'escalade des tensions au Moyen-Orient pèse également toujours. Le baril de brut WTI, en vive hausse hier, reperd tout de même 3,6% ce vendredi à 88,8$, tandis que le Brent, sur les 100$ tôt ce matin, revient à 97$ environ (-3,7%). L'once d'or fin gagne 0,2% à 4.056$. L'indice dollar recule de 0,1% face à un panier de devises.
Dans l'actualité géopolitique, la prudence domine face à l'évolution de la situation au Moyen-Orient, où l'escalade des hostilités entre les États-Unis et l'Iran ne montre guère de signes d'apaisement, et ce tandis que Donald Trump affiche un ton menaçant. Les opérateurs craignent que le conflit ne s'étende à d'autres zones du Golfe, perturbant davantage l'approvisionnement mondial en pétrole en provenance de la région. Les Houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont revendiqué des attaques contre deux pétroliers saoudiens en mer Rouge...
Washington semble pour sa part plutôt intensifier sa campagne, alors même que des médiateurs tentent pourtant de relancer une solution diplomatique. Avant-hier, Trump a indiqué que les États-Unis n'avaient aucun intérêt à rencontrer l'Iran... Il avait précédemment promis que l'Iran paierait pour la mort de trois soldats américains survenue ces derniers jours, alors même que des médiateurs proposaient une nouvelle trêve dans un contexte d'élargissement du conflit au Moyen-Orient.
Trump a menacé ce jeudi les Houthis. "S'ils récidivent, les États-Unis tiendront l'Iran pour responsable, dans la mesure où les Houthis agissent pour le compte de l'Iran ou comme ses mandataires ; des représailles militaires majeures seront alors infligées à l'Iran et, bien entendu, aux Houthis eux-mêmes - dont je suis très déçu, car ils avaient jusqu'ici fait preuve d'un grand professionnalisme et d'intelligence"... Le président américain a même déclaré à Axios qu'il était proche de prendre une décision sur une "attaque massive" contre l'Iran...
Sur le front économique à Wall Street ce vendredi, l'indice flash PMI composite américain de juillet et les ventes de logements neufs du mois de juin seront annoncés à respectivement 15h45 et 16 heures.
L'actualité commerciale est également surveillée. L'administration Trump a mis en place des mesures pour remplacer les droits de douane mondiaux de 10% qui ont expiré hier à minuit. Ce nouvel ensemble de droits de douane, que l'équipe de Trump espère voir pérenniser, est entré en vigueur immédiatement ce vendredi à 00h01, imposant des taux allant de 10 à 12,5% aux principaux partenaires commerciaux des États-Unis. Le bureau du représentant américain au commerce a indiqué que cette mesure s'appliquerait à 60 des principaux partenaires commerciaux des États-Unis et couvrirait 99,4% des importations américaines.
En février dernier, la Cour suprême américaine avait invalidé les vastes droits de douane "réciproques" annoncés par Trump l'an dernier. Pour préserver sa politique commerciale, la Maison Blanche a choisi un autre angle d'attaque : accuser ses partenaires de laxisme face au travail forcé, ce qui permet au département du Commerce de justifier des droits de douane supplémentaires au titre de pratiques commerciales "déloyales".
Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, les publications financières trimestrielles se poursuivent. Intel, SAP et Newmont publiaient hier soir. American Express, NextEra, Verizon, Tenet Healthcare, Charter Communications, SLB et HCA Healthcare, publient ce vendredi.
Les valeurs
Intel prend 5% avant bourse. Les derniers résultats trimestriels du géant américain des microprocesseurs ont confirmé hier soir la nette embellie des comptes, l'IA agentique tirant la demande en CPU (processeurs) pour centres de données. Le groupe adévoilé des résultats du 2e trimestre assez impressionnants, avec en particulier un bénéfice ajusté par action de 42 cents, deux fois plus élevé que le consensus (!), pour des revenus de 16,1 milliards de dollars, en croissance de plus de 25% en glissement annuel, à rapprocher d'un consensus de 14,4 milliards. La marge brute ajustée s'est établie à 41,8% sur la période se terminant fin juin, contre à peine 39% de consensus de place. En données publiées, la perte par action a été de 2,16$, mais le bpa ajusté est donc quant à lui nettement dans le vert.
Les prévisions de profits et revenus sont également supérieures aux attentes des analystes. Le groupe californien de Santa Clara table sur des revenus du 3e trimestre allant de 15,8 à 16,8 milliards de dollars, contre un peu plus de 15 milliards de consensus. Le bénéfice ajusté par action sur la période est projeté à 38 cents, alors que le consensus était de 27 cents. Le taux de marge brute sur la période est anticipé à 41% en GAAP et 42% sur une base ajustée.
"L'IA suscite une demande de puissance de calcul sans précédent et, alors que nous poursuivons notre dynamique opérationnelle, Intel est idéalement positionné pour générer une croissance durable grâce à notre gamme de processeurs (CPU), nos ASIC, nos technologies de packaging avancé et notre vaste réseau de fonderies", a déclaré Lip-Bu Tan, DG d'Intel. "Nos résultats du deuxième trimestre affichent la plus forte croissance du chiffre d'affaires depuis plus de quinze ans, portée par une rapidité accrue, une responsabilisation renforcée et une orientation client privilégiée", insiste le CEO.
Newmont, le géant minier américain, a publié hier soir au titre de son 2e trimestre des comptes marqués par un bénéfice ajusté par action supérieur aux attentes à 2,10$, mais des revenus un peu courts à 6,12 milliards de dollars, contre 7,31 milliards au T1 2026 et 5,32 milliards de dollars au T2 2025. Le bénéfice net s'est établi à 2,2 milliards de dollars sur la période, tandis que l'Ebitda ajusté a atteint 3,8 milliards de dollars. Le groupe a terminé le trimestre avec 9 milliards de dollars de trésorerie et 13 milliards de dollars de liquidité totale. La position nette de cash ressort à 3,4 milliards de dollars.
SAP, le géant software allemand, également coté à Wall Street, a publié hier soir au titre de son 2e trimestre des revenus totaux de 9,88 milliards d'euros en progression de 9% (+11% à devises constantes). Le backlog cloud actuel se situe à 22,9 milliards d'euros, en augmentation de 27% (+26% à devises constantes). Les revenus cloud ont progressé de 22% (+24% à devises constantes) à 6,28 milliards d'euros. Le bénéfice après imposition a grimpé de 26% à 2,21 milliards d'euros, 1,89 euro par titre. Le bénéfice ajusté s'est apprécié de 5% à 1,83 milliard d'euros ou 1,59 euro par action. Le free cash flow progresse de 27% à 3 milliards d'euros. Sur le semestre clos, les revenus augmentent de 8% à 19,4 milliards d'euros, alors que le bénéfice ajusté grimpe de 12% à 3,83 milliards d'euros.
Pour 2026, SAP révise ses prévisions de résultat opérationnel non-IFRS afin de refléter l'impact dilutif des acquisitions de Dremio et Prior Labs finalisées en juillet, estimé à plus de 100 millions d'euros. SAP prévoit désormais un résultat opérationnel non-IFRS compris entre 11,8 et 12,2 milliards d'euros à taux de change constants (2025 : 10,42 milliards d'euros), soit une hausse de 13 à 17% à taux de change constants. La prévision précédente était comprise entre 11,9 et 12,3 milliards d'euros.
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