Wall Street hésite avant le rapport sur l'emploi
Les indices en ordre dispersé
La place américaine se montre relativement hésitante avant bourse ce jeudi. Le Dow Jones grappille 0,1%, tandis que le S&P 500 se stabilise et que le Nasdaq perd 0,2%. Une certaine fébrilité demeure après les records, alors que les opérateurs suivront dans l'après-midi le "crucial" (comme toujours) rapport gouvernemental américain sur la situation de l'emploi.
Wall Street avait cédé un peu de terrain hier avec le compartiment des 'puces' et les acteurs 'neocloud', dans le sillage d'une rumeur relative aux projets supposés de revente de puissance de calcul de Meta. De tels projets, qui concernent désormais plusieurs géants de la 'tech', ont donc été interprétés comme un signal adverse pour les vendeurs de pioches que sont Micron, SanDisk, AMD, Intel ou Nvidia, tous en forte baisse hier, tandis que Meta enregistrait une séance éclatante.
Le baril de brut WTI régresse aujourd'hui de 1,1% sur le Nymex à 67,8$, sur des signes de progrès dans les discussions indirectes entre États-Unis et Iran. L'approvisionnement en pétrole transitant par le détroit d'Ormuz a dépassé les 10 millions de barils par jour selon Bloomberg, soulignant la capacité désormais limitée de Téhéran à bloquer la navigation dans cette voie commerciale essentielle. L'agence cite un responsable américain... Les cours du pétrole poursuivent donc leur repli après avoir enregistré leur pire trimestre depuis 2020, alors que les flux via le détroit se sont maintenus malgré les tensions du week-end, marquées par des échanges de frappes entre les parties. Bloomberg ajoute que bien que l'offre globale soit encore restreinte, les exportations des Émirats arabes unis ont retrouvé leurs niveaux d'avant-guerre, le pays ayant réussi à faire passer discrètement des pétroliers par cette voie stratégique et à recourir aux oléoducs...
Donald Trump a pour sa part salué les progrès réalisés dans les négociations. Le Qatar a annoncé que la prochaine réunion serait programmée dans les meilleurs délais après les cérémonies funéraires de l'ancien Guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué lors d'une frappe aérienne au début du conflit. Ces cérémonies devraient débuter le 4 juillet et se prolonger sur plusieurs jours, selon les médias d'État iraniens.
L'once d'or reprend 1% à 4.072$. L'indice dollar trébuche de 0,4% face à un panier de devises... Du côté des banques centrales, le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, s'exprimait hier depuis le forum de Sintra. Ce dernier a déclaré que les risques inflationnistes s'étaient récemment atténués tout en exprimant sa préoccupation relative à la hausse des prix. Il a répété qu'il n'allait pas offrir de 'forward guidance' en ce qui concerne la politique des taux à venir, marquant un changement de mode de communication de la Réserve fédérale.
Le nouveau timonier de la Fed s'est évidemment refusé à préciser quelle pourrait être la décision monétaire de la banque centrale américaine lors de sa prochaine réunion, alors que les marchés misent sur un statu quo.
Kevin Warsh a aussi souligné que l'institution monétaire allait rester indépendante. A propos de la question de l'impact de l'IA sur le marché du travail, il a estimé que les emplois allaient être plus nombreux et que la prospérité serait plus forte. Il ne doute pas que les États-Unis seront l'un des grands gagnants dans l'IA et ajoute que nous ne nous trouvons que dans la première ou la deuxième phase de cette révolution. Warsh souhaite par ailleurs toujours constituer des 'task forces' de politique monétaire, dont les leaders pourraient être connus prochainement. Il demandera "les meilleures intelligences" dans et hors des États-Unis.
Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'une hausse de taux d'un quart de point le 29 juillet, à l'issue de la prochaine réunion monétaire, atteint 29,4%, contre 70,6% de 'proba' de statu quo. Le même outil montre une hypothèse dominante à 3,75-4% pour les fed funds en fin d'année, soit une hausse d'un quart de point (probabilité de près de 39%). La probabilité d'une hausse d'un demi-point d'ici la fin de l'année ressort à 32% selon le même baromètre.
Concernant les derniers chiffres de l'économie américaine, les données de l'emploi apparaissent contrastées. Les employeurs basés aux États-Unis ont annoncé 45.849 suppressions de postes au mois de juin, ce qui traduit une baisse de 53% en comparaison des 97.006 du mois de mai. Le total de juin représente par ailleurs un recul de 4% par rapport aux 47.999 suppressions annoncées sur le mois de juin 2025. Il s'agit du plus faible total mensuel depuis décembre 2025, d'après le rapport publié aujourd'hui par la firme Challenger, Gray & Christmas.
Les créations de postes dans le privé aux USA pour le mois de juin 2026 se sont établies au nombre de 98.000 selon le rapport d'ADP ce jour, contre 92.500 de consensus FactSet, 117.000 de consensus Bloomberg et 122.000 un mois avant. La création d'emplois a été inégale en juin. Les secteurs de la finance et de l'information ont enregistré des hausses, tandis que celui des loisirs et de l'hôtellerie-restauration a connu un sixième mois consécutif de faibles embauches, note ADP.
Les chiffres du marché américain du travail retiendront encore toute l'attention ce jour, avec le rapport gouvernemental sur la situation de l'emploi pour le mois de juin (14h30, consensus FactSet 100.000 créations de postes dont 90.000 dans le privé, taux de chômage de 4,3%, salaire horaire moyen en hausse de 0,3% d'un mois sur l'autre).
Parmi les autres statistiques marquantes, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 27 juin (14h30, consensus FactSet 225.000) et les commandes industrielles du mois de mai (16 heures, consensus +1%), seront également publiées ce jeudi. Wall Street sera fermé demain pour 'l'Independence Day'.
Les valeurs
Alphabet. L'UE a confirmé une amende record de plus de 4 milliards d'euros qui avait été infligée en 2018 à Google pour l'utilisation de son système d'exploitation mobile Android et d'accords contraignant les fabricants de smartphones à préinstaller Google Search, Chrome et Google Play sur les appareils dotés de ce système. Suite à l'amende initiale de 4,34 milliards d'euros, le groupe avait saisi un tribunal de première instance qui avait ramené l'amende à 4,1 milliards d'euros en 2022. Google avait ensuite formé un pourvoi devant la Cour de justice de l'UE - qui a donné raison au régulateur antitrust de l'UE. La Cour de justice rejette donc le pourvoi contre cet arrêt du Tribunal, confirmant la sanction infligée à Google et Alphabet pour leurs pratiques anticoncurrentielles liées à Android.
Super Micro Computer, le géant des serveurs d'IA, a annoncé selon Reuters que deux employés de sa filiale taïwanaise avaient été placés en détention dans l'attente d'une audience judiciaire, tandis que deux autres ont été libérés sous caution après avoir été interrogés par les procureurs taïwanais. Ces derniers enquêtent sur une exportation illégale présumée de serveurs d'IA de pointe équipés de puces Nvidia. Ces serveurs fabriqués par Super Micro intègrent des puces Nvidia soumises aux contrôles américains à l'exportation, lesquels interdisent toute expédition vers la Chine. Ces quatre employés figuraient parmi les six personnes interrogées plus tôt dans la semaine, alors que le parquet du district de Keelung annonçait le lancement d'une nouvelle série de perquisitions dans le cadre de l'enquête.
OpenAI, la startup d'IA à l'origine de ChatGPT, aurait proposé au gouvernement américain une prise de participation de 5% à son capital ! C'est du moins ce que croit savoir le Financial Times, citant des sources proches du dossier. Sur la base de la récente valorisation de la startup à plus de 850 milliards de dollars, la participation potentielle atteindrait près de 43 milliards de dollars. Sam Altman, le patron d'OpenAI, aurait soutenu que l'initiative constituait la meilleure manière d'associer le public au potentiel de l'intelligence artificielle.
La startup chercherait aussi, selon CNBC, à apaiser les tensions politiques croissantes à Washington. Altman aurait évoqué une telle participation lors de premières discussions avec l'administration Trump, dans le cadre d'un dispositif plus large prévoyant que Washington détienne 5% du capital de chacun des principaux développeurs américains d'IA par l'intermédiaire d'une structure publique, selon le FT. Le dispositif envisagé prévoit que d'autres entreprises américaines d'IA, telles qu'Anthropic, Google et Meta, cèdent des parts similaires au gouvernement via un fonds souverain. Il n'est pas évident cependant que l'un de ces groupes accepte la proposition d'OpenAI.
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