Wall Street : baroud d'honneur pour Powell, 'Mag 7' au programme
Ovations ou huées ce soir ?
La place américaine demeure incertaine avant bourse ce mercredi, en très timide hausse au lendemain d'une séance de correction des valeurs technologiques. Le Nasdaq 100 remonte péniblement de 0,2% en pré-séance, alors que le Dow Jones et le S&P 500 grappillent quelques points. L'enlisement de la situation en Iran pèse, alors que les opérateurs attendent par ailleurs prudemment les annonces de la Fed ainsi que les publications de cinq des 'Magnificent Seven'.
Notons qu'il s'agit probablement de la dernière réunion monétaire pour Jerome Powell en tant que président de l'institution monétaire, puisque son mandat se conclut le 15 mai. Il pourrait éventuellement poursuivre en tant que gouverneur jusqu'en 2028, mais ses relations tendues avec Donald Trump ne plaident pas pour cette hypothèse.
OpenAI a semé le doute hier dans le secteur de l'IA, le Wall Street Journal affirmant que le groupe de Sam Altman n'aurait pas atteint certains de ses objectifs. Le créateur de ChatGPT a démenti, affirmant que son activité était "à plein régime", mais les investisseurs ont quelques doutes sur sa capacité à assurer ses plans d'investissement se chiffrant en centaines de milliards de dollars.
Wall Street avait terminé vendredi sur les chapeaux de roues, dopé en particulier par le compartiment des semi-conducteurs. La situation n'a cependant pas vraiment évolué concernant l'Iran et le détroit d'Ormuz demeure bloqué. Trump a demandé à ses conseillers de se préparer à un blocus naval américain prolongé du détroit d'Ormuz, rapporte le Wall Street Journal. Les États-Unis cherchent ainsi selon Bloomberg à intensifier la pression économique sur l'Iran, alors que le conflit entre dans son troisième mois.
Le président américain, lors de réunions avec ses principaux conseillers, aurait décidé de maintenir la pression sur la capacité de l'Iran à exporter du pétrole en bloquant tout navire à destination ou en provenance des ports de la République islamique, a indiqué le WSJ hier soir. Trump a estimé que cette option était moins risquée que de reprendre les bombardements ou de retirer complètement les États-Unis du conflit, précise le journal. Cette décision laisse présager d'après Bloomberg "une longue période de cessez-le-feu, sans solution durable au conflit, et avec l'incertitude persistante quant à la circulation maritime dans le détroit d'Ormuz".
Les États-Unis bloquent les navires à destination et en provenance des ports iraniens afin de priver le pays de revenus pétroliers, tandis que l'Iran maintient le détroit fermé à la quasi-totalité du trafic. Hier, Trump a déclaré que l'Iran avait demandé aux États-Unis de lever le blocus naval du détroit pendant que les deux parties négocient la fin de la guerre. Téhéran souhaiterait la réouverture du détroit "dès que possible, le temps que le pays tente de clarifier sa situation politique", a déclaré Trump sur Truth Social hier, ajoutant que l'Iran se dit en "état d'effondrement".
L'Iran a laissé entendre qu'il pourrait accepter un accord intérimaire pour la réouverture du détroit en échange de la levée du blocus des ports iraniens par Washington et du report de négociations sur son programme nucléaire. Le pays insiste cependant pour conserver un certain contrôle sur le trafic maritime dans le détroit. Selon le Wall Street Journal, Trump a rejeté cette offre. Les médiateurs pakistanais s'attendent à ce que l'Iran soumette une proposition révisée, a rapporté CNN hier, citant des sources proches du processus de médiation.
Les cours du brut repartent à la hausse, le baril de brut WTI s'accordant 2,7% à 102,6$ ce jour et le Brent de la mer du Nord 2,6% à 107,1$. Les Émirats arabes unis ont annoncé hier leur retrait de l'OPEP et de l'OPEP+, un coup dur pour ces deux groupes de pays exportateurs de pétrole et pour l'Arabie saoudite, leur chef de file, à un moment où la guerre en Iran a provoqué un choc énergétique historique et déstabilise l'économie mondiale.
Sur le front économique ce jour, l'actualité sera chargée, avec les commandes de biens durables du mois de mars (14h30), les mises en chantier de logements et permis de construire du même mois (14h30 également), la balance du commerce international de biens (même heure), le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques (16h30), et bien entendu le verdict monétaire de la Fed (20 heures) et la conférence de presse de son patron Jerome Powell (20h30).
Demain, les marchés suivront les chiffres du PIB du premier trimestre, les inscriptions hebdomadaires au chômage, les revenus et dépenses des ménages, l'indice du coût de l'emploi, l'indice PMI de Chicago et l'indice des indicateurs avancés du Conference Board. Enfin, vendredi, l'indice PMI manufacturier final et l'ISM manufacturier seront connus.
La Fed rend donc son verdict ce soir à 20 heures sur les taux. Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'un statu quo laissant les taux inchangés entre 3,50 et 3,75% est de pratiquement 100%. Le même outil montre une forte probabilité (plus de 83%) de statu quo jusqu'à la fin de l'année, alors que l'hypothèse d'un assouplissement d'un quart de point affiche une 'proba' de 15,5%.
Pendant ce temps, le sénateur Thom Tillis a annoncé qu'il levait son blocage de la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed, estimant que la décision du ministère de la Justice de clore l'enquête pénale visant le président de la Fed, Jerome Powell, levait une menace pour l'indépendance de la banque centrale. Cette décision du sénateur républicain de Caroline du Nord ouvre selon Bloomberg la voie à une confirmation rapide de Warsh pour succéder à Powell, dont le mandat s'achève le 15 mai. Tillis a déclaré avoir reçu l'assurance du ministère de la Justice que l'affaire pénale contre Powell et la Fed était "entièrement et définitivement close", tandis que l'inspecteur général de la Fed poursuit une enquête distincte sur les dépassements de coûts liés à la rénovation du bâtiment de la banque centrale... Warsh, qui a comparu devant la commission bancaire du Sénat la semaine dernière lors d'une audition de confirmation, bénéficie d'un large soutien parmi les élus républicains.
Par ailleurs, la saison des publications financières trimestrielles bat son plein outre-Atlantique. Visa, T-Mobile US, Welltower, Booking Holdings, Seagate Technology, Starbucks, Waste Management, Robinhood, Mondelez, Teradyne et NXP Semiconductors, publiaient hier soir.
Quatre des 'Magnificent Seven' dévoilent leurs comptes ce soir. Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta retiendront ainsi toute l'attention des marchés. AbbVie, KLA, Qualcomm, Amphenol, Equinix, Carvana, General Dynamics, Regeneron, ADP, Ford, Garmin, Allstate, eBay, GE HealthCare, Teva, Biogen, Cognizant, Chipotle Mexican Grill ou Yum! Brands, publient également ce mercredi.
Apple sera en vedette demain soir. Eli Lilly, Mastercard, Caterpillar, Merck, Amgen, ConocoPhillips, Sandisk, Western Digital, Stryker, Parker-Hannifin, Bristol-Myers Squibb, Altria, Illinois Tool Works, Intercontinental Exchange, Southern Company, Cigna, Valero, Royal Caribbean, Air Products & Chemicals, Roblox, The Hershey Company et Cardinal Health, seront aussi de la partie jeudi. ExxonMobil, Chevron, Colgate-Palmolive, Moderna ou Estée Lauder, annonceront enfin vendredi.
A noter aussi des informations préoccupantes du Wall Street Journal concernant OpenAI, startup vedette de l'IA, qui aurait manqué des objectifs clés de revenus et de nombre de nouveaux utilisateurs, alors qu'approche sa potentielle introduction en bourse. Selon le WSJ, ces manquements soulèveraient des doutes au sein de la direction du groupe à propos de sa capacité à soutenir ses plans de dépenses pharaoniques. La directrice financière Sarah Friar aurait exprimé de tels doutes, jugeant qu'OpenAI pourrait ne pas pouvoir soutenir ses plans si les revenus ne progressaient pas suffisamment. Friar et d'autres dirigeants voudraient contrôler les coûts et instaurer plus de discipline, alors que le groupe dirigé par Sam Altman envisage une IPO record.
Les valeurs
Visa, leader des paiements numériques, grimpe avant bourse à Wall Street ce mercredi, alors que le groupe a dépassé les attentes de marché au deuxième trimestre fiscal. Il a affiché sur la période des revenus de 11,23 milliards de dollars en croissance de 17% en glissement annuel, pour un bénéfice ajusté par action de 3,31$. Le consensus était d'environ 10,7 milliards de revenus pour 3,1$ de bpa ajusté. Le volume de paiements sur la période a progressé de 9% à 3.700 milliards environ.
T-Mobile US, l'opérateur télécom américain, a dépassé les attentes au premier trimestre, affichant sur la période un bénéfice ajusté par action de 2,7$ contre 2,58$ un an plus tôt. Les revenus ont totalisé quant à eux 23,1 milliards de dollars, contre 20,9 milliards sur la période correspondante, l'an dernier. L'Ebitda ajusté a augmenté de 12% à 9,2 milliards. Le groupe a relevé ses prévisions 2026 sur plusieurs indicateurs. T-Mobile anticipe désormais entre 950.000 et 1,05 million de nouveaux abonnés postpayés, contre une fourchette précédente de 900.000 à 1 million. L'Ebitda ajusté est attendu entre 37,1 et 37,5 milliards de dollars.
Welltower, le groupe américain de placement immobilier qui investit dans les infrastructures de soins de santé et logements pour personnes âgées, a annoncé pour son 1er trimestre un niveau de FFO (fonds provenant des opérations) de 1,47$ par action, supérieur aux attentes, contre 1,2$ un an avant. Les revenus ont totalisé 3,35 milliards de dollars sur la période, également meilleurs que prévu, à comparer aux 2,42 milliards de l'an dernier. Les prévisions concernant le bénéfice net attribuable aux actionnaires ordinaires ont été révisées en hausse et se situent désormais entre 3,24 et 3,38$ par action.
Booking Holdings a publié des revenus en croissance de 16% à 5,53 milliards de dollars, légèrement au-dessus du consensus, pour un bénéfice ajusté par action de 1,14$ également meilleur qu'attendu. Glenn Fogel, CEO, se réjouit de ces résultats dans un contexte difficile marqué par le conflit au Moyen-Orient. L'Ebitda ajusté a augmenté de 19% et les réservations brutes ont progressé de 15%. Le groupe prévoit une croissance du nombre de nuitées de 2 à 4% et une croissance du chiffre d'affaires de 4 à 6% pour le deuxième trimestre 2026.
Seagate, le géant californien des disques durs, flambe encore avant bourse à Wall Street, sur un nouveau sommet historique à l'approche des 700$, alors que le titre a déjà doublé cette année et qu'il a même été multiplié par sept en un an ! Pour son 3e trimestre fiscal 2026 juste clos, le groupe a réalisé des revenus de 3,11 milliards de dollars, contre 2,16 milliards un an avant. Le bénéfice net consolidé a plus que doublé à 748 millions de dollars. Sur une base ajustée, la marge opérationnelle a grimpé à 37,5% contre 23,5% un an plus tôt. Le bénéfice net ajusté a représenté 934 millions de dollars soit 4,10$ par titre, plus du double de l'an dernier. Pour son 4e trimestre fiscal, le groupe envisage des revenus de 3,45 milliards, plus ou moins 100 millions de dollars, pour un bpa ajusté de 5$, plus ou moins 20 cents.
Starbucks, la chaîne américaine de cafés, grimpe avant bourse à Wall Street. Le groupe a publié hier soir des résultats supérieurs aux attentes et relevé ses prévisions, alors que ses efforts de redressement commencent à payer. Pour son 2e trimestre fiscal, le groupe a affiché un bénéfice ajusté par action de 50 cents, contre 41 cents un an avant. Les revenus ont totalisé 9,53 milliards (+9%) contre 8,76 milliards un an auparavant, avec une croissance à comparable de 6,2%. Sur l'exercice, le groupe vise désormais une croissance à comparable de 5% ou plus, dans le monde et sur le marché domestique, pour un bénéfice ajusté par action allant de 2,25 à 2,45$.
Waste Management, le géant américain de la gestion des déchets, a annoncé hier soir pour son 1er trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 1,81$, au-dessus des attentes, contre 1,67$ un an plus tôt. Les revenus ont été de 6,23 milliards de dollars, quant à eux légèrement inférieurs aux attentes, alors qu'ils se situaient à 6,02 milliards sur la période correspondante de l'an dernier. Sur une base ajustée, l'Ebitda opérationnel a augmenté à 1,85 milliard contre 1,75 milliard un an plus tôt.
Robinhood, la plateforme de trading proposant actions, ETF, options ou cryptomonnaies, décroche à Wall Street ce jour. Le groupe a publié pour son premier trimestre des revenus de 1,07 milliard de dollars en augmentation de 15% en glissement annuel, mais inférieurs au consensus, pour un bénéfice ajusté par action sans grande évolution à 38 cents. Le bénéfice rate également le consensus. Les revenus de transactions 'cryptos' ont chuté de 47% à 134 millions de dollars. Le bénéfice net a augmenté très légèrement à 346 millions.
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