Wall Street : au sommet malgré Netflix
Indestructible ?
La cote américaine s'affiche encore légèrement dans le vert avant bourse, ce vendredi, les indices S&P 500 et Nasdaq défendant leurs sommets après avoir retracé l'intégralité des pertes occasionnées par le conflit en Iran. Le Dow Jones est attendu en progression de 0,3%, contre un gain de 0,1% sur le S&P 500 et une relative stabilité du Nasdaq - tout de même affecté quelque peu par la chute de Netflix.
Les contrats à terme sur les actions américaines sont donc en hausse timide, après que Donald Trump a annoncé qu'Israël et le Liban avaient convenu d'un cessez-le-feu de dix jours. Il s'agit de l'une des conditions posées par l'Iran pour la réouverture du détroit d'Ormuz. Les marchés ont donc désormais effacé toutes les pertes liées au récent conflit. Trump a laissé entendre qu'un accord de paix durable pourrait être conclu à l'issue des négociations du week-end. S'adressant aux journalistes à la Maison Blanche, le président américain a déclaré : "Tout porte à croire que nous allons conclure un accord avec l'Iran, et ce sera un bon accord".
Les discussions entre les États-Unis et l'Iran pourraient donc reprendre ce week-end selon Trump. Le président américain a affirmé, sans preuve selon Bloomberg, que l'Iran avait accepté des conditions auxquelles il s'était longtemps opposé, notamment l'abandon de ses ambitions nucléaires et la remise de matières nucléaires. L'accord inclurait également du "pétrole gratuit" et l'ouverture du détroit d'Ormuz, a-t-il ajouté, cité par l'agence. Téhéran n'a pas confirmé publiquement avoir fait ces concessions, note Bloomberg.
Alors que Trump s'attend à une résolution rapide et semble convaincre Wall Street, Bloomberg souligne que certains dirigeants arabes du Golfe et européens estiment qu'un accord pourrait prendre environ six mois et que le cessez-le-feu devrait être prolongé pour couvrir cette période. L'agence cite des responsables au fait du dossier.
Le président américain ne s'attend pas quant à lui à devoir prolonger le cessez-le-feu de deux semaines pour parvenir à un accord, prévoyant qu'une résolution serait trouvée "assez rapidement", mais que si nécessaire, il le ferait. Hier, il a déclaré qu'il pourrait se rendre au Pakistan si un accord avec l'Iran était conclu. "Ils ont accepté presque tout" et "il ne leur reste plus qu'à s'asseoir à la table des négociations", a précisé le président américain, cité par Bloomberg.
Selon une source de l'agence proche du dossier, les États-Unis et l'Iran envisagent une prolongation du cessez-le-feu de deux semaines. Aucune des deux parties ne souhaite reprendre les combats, a indiqué une autre source de Bloomberg. Les déclarations faites jeudi par des responsables iraniens et américains laissent cependant penser, nuance Bloomberg, que les deux camps restent très éloignés sur des points clés, mais le cessez-le-feu avec le Liban pourrait donner un nouvel élan aux négociations...
Trump a annoncé en effet qu'Israël et le Liban avaient convenu d'un cessez-le-feu de dix jours. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé la trêve, la qualifiant de pas vers un accord de paix plus large. Trump a déclaré que les responsables américains travailleraient avec les deux parties pour parvenir à un accord durable.
Les cours du brut évoluent toujours de manière erratique. Le baril de brut WTI cède aujourd'hui 1,3% à 93,5$, tandis que le Brent de la mer du Nord perd 1,2% à 98,2$. L'once d'or fin régresse de 0,1% à 4.784$. L'indice dollar se stabilise face à un panier de devises.
Sur le front économique ce vendredi, il n'y aura aucune statistique outre-Atlantique, mais Mary Daly, Thomas Barkin et Christopher Waller de la Fed prendront la parole dans la journée, alors que les avis divergent concernant la politique monétaire à suivre dans un contexte toujours très incertain concernant l'inflation, l'emploi et la croissance.
Pendant ce temps, les publications financières trimestrielles se poursuivent à Wall Street, avec hier soir des chiffres décevants de Netflix et d'Alcoa. Ally Financial, Regions Financial, State Street, Fifth Third Bancorp et Truist Financial, publient aujourd'hui, avant l'ouverture des marchés.
Les valeurs
Netflix, le géant américain du streaming vidéo, dévisse de 9,5% en première tendance avant bourse à Wall Street ce vendredi. Le groupe a publié hier soir des comptes trimestriels mitigés. Par ailleurs, son cofondateur Reed Hastings va tirer sa révérence, pour se concentrer sur ses oeuvres philanthropiques et d'autres projets. Son mandat de président du conseil d'administration expire en juin. Il avait déjà laissé cependant le contrôle des opérations aux co-directeurs généraux Ted Sarandos et Greg Peters il y a trois ans.
Sur le trimestre clos, le groupe californien de Los Gatos a publié hier soir des revenus de 12,25 milliards de dollars (+16% en données publiées et +14% hors effets de change), légèrement au-dessus des attentes, pour un bénéfice de 5,28 milliards de dollars dopé par la commission d'annulation de l'accord de rapprochement avec Warner Bros. Discovery. La commission d'annulation s'est élevée à 2,8 milliards de dollars. Le bénéfice opérationnel trimestriel a augmenté de 18% à 3,96 milliards de dollars.
Le groupe a confirmé hier soir ses estimations 2026, visant une croissance des revenus de 12 à 14%, soit des revenus de 50,7 à 51,7 milliards de dollars, et une marge opérationnelle de 31,5%. L'activité publicitaire est attendue pratiquement doublée à environ 3 milliards de dollars. Netflix qui a terminé l'année 2025 avec plus de 325 millions de membres payants... Pour le 2e trimestre fiscal 2026, les revenus sont attendus à 12,574 milliards de dollars, en augmentation de 13,5%, pour un bénéfice opérationnel de 4,105 milliards de dollars représentant 32,6% de marge et un bénéfice net de 3,327 milliards de dollars, 78 cents par titre.
Alcoa a raté le consensus de marché hier soir malgré la hausse des prix de l'aluminium. Pour son premier trimestre clos fin mars 2026, le groupe a publié des bénéfices et des revenus moins élevés que prévu, affichant un bénéfice ajusté par action de 1,40$ et des revenus de 3,19 milliards de dollars, en retrait de 5% avec la situation géopolitique. Le consensus FactSet se situait à 1,53$ de bénéfice ajusté par action pour 3,28 milliards de dollars de revenus.
Le bénéfice net part du groupe a été de 425 millions de dollars, contre 548 millions un an plus tôt. Le bénéfice net ajusté a représenté 373 millions contre 568 millions un an avant. L'Ebitda ajusté a atteint 595 millions, contre 855 millions pour la période comparable de l'an dernier. "Notre équipe expérimentée a su gérer avec brio les conséquences du conflit au Moyen-Orient et du cyclone Narelle", a jugé William F. Oplinger, directeur général d'Alcoa.
Apple. Les livraisons d'iPhone ont bondi de 20% en Chine au premier trimestre, selon des données Counterpoint Research relayées par Reuters. Les livraisons totales de smartphones ont chuté pourtant de 4% sur le plus grand marché mondial pour la période, du fait des perturbations des chaînes d'approvisionnement et de l'envolée des prix des puces. "Alors que la plupart des concurrents augmentent leurs prix, Apple se distingue par son excellent rapport qualité-prix, les consommateurs chinois sachant que ses produits durent au moins trois ans", indique Ivan Lam, analyste senior chez Counterpoint.
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