Unicredit lance une offre d'achat patiente sur Commerzbank
Unicredit a lancé mardi son offre d'achat hostile sur Commerzbank mais se donne du temps pour prendre le contrôle de sa concurrente allemande et asseoir son statut de géant européen.
L'offre est ouverte pour une durée de six semaines, jusqu'au 16 juin. La banque milanaise propose 0,485 action pour chaque action Commerzbank, une offre jugée peu attractive par les investisseurs.
Les actionnaires d'Unicredit avaient validé lundi une augmentation du capital de la banque qui doit lui permettre de lancer cette offre à près de 35 milliards d'euros.
Dans un premier temps, Unicredit compte au moins dépasser les 30% du capital de Commerzbank, dont elle est déjà la première actionnaire à hauteur de 25%.
La banque italienne pourrait déjà "largement" dépasser les 30% si les investisseurs qui possèdent les deux actions acceptent l'offre d'échange, a souligné le patron d'Unicredit Andrea Orcel lors d'une conférence pour les analystes financiers.
Si la Milanaise n'arrive pas à prendre tout de suite le contrôle de la banque de Francfort, "le status quo marche très bien aussi", a assuré Andrea Orcel, qui considère que le lancement même de l'OPA "encourage Commerzbank à s'améliorer" et augmentera les dividendes pour les actionnaires d'Unicredit.
La deuxième banque italienne pourrait ensuite monter au capital de Commerzbank sans devoir présenter une nouvelle offre.
"Il faudra du temps, mais avec beaucoup de patience et en restant sur le bon chemin, nous sommes sûrs d'arriver" à prendre le contrôle de la banque, a souligné Andrea Orcel à l'agence Ansa.
Commerzbank a "pris acte" de l'offre non sollicitée d'Unicredit, a indiqué sa direction mardi dans un communiqué, soulignant que son prix représente une décote de 8,7 % par rapport au cours de clôture de l’action Commerzbank au 4 mai.
"Le Directoire et le Conseil de surveillance de Commerzbank examineront attentivement le document d’offre et publieront, dans le délai légal, leur prise de position motivée", a commenté froidement la direction de la banque, qui a manifesté plusieurs fois son opposition à cette opération, tout comme le gouvernement allemand.
Trimestre record
Unicredit n'exclut pas non plus d'autres acquisitions en Italie, où "le marché est fragmenté mais pas autant qu'en Allemagne", a souligné Andrea Orcel pendant la conférence, quelques mois après s'être vu empêché par le gouvernement italien de prendre le contrôle de sa rivale Banco BPM.
"Nous sommes attentifs aux opportunités" et "si nous venions à rater quelque chose, ce serait volontaire, parce que ce serait une opportunité destructrice de valeur", a précisé le patron de la banque.
Unicredit a publié un bénéfice net record au premier trimestre 2026, à 3,2 milliards d'euros (+16,1%) sur un an, poussé par une hausse des commissions et la réduction des coûts.
Le chiffre d'affaires de la deuxième banque italienne a augmenté de 4,9% à 6,9 milliards d'euros, a précisé Unicredit dans un communiqué publié mardi matin.
La rentabilité s'est avérée bien supérieure au consensus des analystes de Factset, qui tablait sur un bénéfice net autour de 2,7 milliards d'euros pour ce premier trimestre.
Les commissions ont augmenté de 4% sur un an, notamment sur les investissements, et les coûts ont aussi baissé de 1% sur un an.
L'action Unicredit survolait mardi la Bourse de Milan, à 67,71 euros à 16H14 (+5,7%), sur un marché en hausse (+1,89%).
La banque sortait déjà d'une nouvelle année record, avec un bénéfice net de 10,58 milliards d'euros en 2025, pour un chiffre d'affaires en légère baisse (-1,3%) à 24,5 milliards d'euros.
Unicredit a légèrement amélioré sa prévision de bénéfice net pour l'année 2026, à 11 milliards d'euros ou plus, contre "environ" 11 milliards jusqu'ici.
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