8 464.73 PTS
-0.44 %
8 469.0
-0.42 %
SBF 120 PTS
6 405.99
-0.41 %
DAX PTS
26 001.37
-0.34 %
Dow Jones PTS
53 124.46
-0.63 %
29 252.63
-0.59 %
1.168
+0.05 %

Royaume-Uni: forages en mer du Nord, la décision qui embarrasse Downing Street

| AFP | 65 | Aucun vote sur cette news
Un homme tient une pancarte contre le projet de champ pétrolier Rosebank, en mer du Nord; au large de l'Écosse, alors que des militants  écologistes manifestent à Londres, le 22 juillet 2026
Un homme tient une pancarte contre le projet de champ pétrolier Rosebank, en mer du Nord; au large de l'Écosse, alors que des militants écologistes manifestent à Londres, le 22 juillet 2026 ( JUSTIN TALLIS / AFP/Archives )

Le Premier ministre britannique Andy Burnham doit décider dans les prochaines semaines d'autoriser ou non deux projets de forage en mer du Nord, une décision qui divise au sein même du parti travailliste, entre partisans de la souveraineté énergétique et défenseurs de l'environnement. Explications.

De quels forages parle-t-on ?

Jackdaw, à l'est d'Aberdeen, et Rosebank, à l'ouest des îles Shetland, sont deux gisements d'hydrocarbures en mer du Nord britannique dont le forage avait été approuvé par la précédente majorité conservatrice, en 2022 et 2023, avant de faire l'objet d'une longue bataille judiciaire.

Des militants écologistes manifestent devant le bâtiment du ministère de la Sécurité énergétique et de la Neutralité carbone pour protester contre les forages pétroliers et gaziers, le 17 août 2026, à Londres
Des militants écologistes manifestent devant le bâtiment du ministère de la Sécurité énergétique et de la Neutralité carbone pour protester contre les forages pétroliers et gaziers, le 17 août 2026, à Londres ( Adrian DENNIS / AFP )

Ils appartiennent très majoritairement à Adura, une coentreprise issue de la fusion des activités offshore au Royaume-Uni du britannique Shell et du norvégien Equinor.

Jackdaw est un champ gazier pour lequel "toutes les infrastructures sont en place" et "tous les puits sont forés", explique à l'AFP Matt Cooper, de Rystad Energy. "C'est prêt à être mis en marche dans les prochains mois, juste à temps pour l'hiver où il y en a le plus besoin".

Rosebank, qui contient essentiellement du pétrole, demanderait davantage de temps avant sa mise en route, selon l'analyste, car "les puits n'ont toujours pas été forés" --alors qu'ils devaient commencer à l'être en 2025, pour un démarrage prévu fin 2026 ou début 2027.

Pourquoi ce débat politique ?

Le sujet est incandescent car avant d'arriver au pouvoir en 2024 le parti travailliste s'était engagé à ne pas approuver de nouveaux permis de forage en mer du Nord.

Or, Andy Burnham a récemment affirmé qu'on "ne peut pas" ignorer les ressources pétrolières et gazières qui s'y trouvent.

Le Premier ministre britannique Andy Burnham à Bradford, le 20 août 2026 dans le nord de l'Angleterre
Le Premier ministre britannique Andy Burnham à Bradford, le 20 août 2026 dans le nord de l'Angleterre ( Scott Heppell / POOL/AFP )

Chez les travaillistes, certains sont favorables aux forages, jugeant que "la sécurité de l'approvisionnement, les prix bas de l'énergie" et "les emplois associés comptent le plus", tandis que d'autres estiment que "le plus important reste l'engagement en faveur de la neutralité carbone", résume auprès de l'AFP Jill Rutter, chercheuse à l'Institute for Government.

La pression des conservateurs, mais également de Donald Trump, pour ouvrir de nouveaux forages en mer du Nord a aussi beaucoup fait parler du sujet.

En autorisant ces projets, Andy Burnham subirait certes "un peu moins de pression de Trump", mais "cela durerait quelques minutes" avant qu'un autre sujet devienne source de tensions, ironise Mme Rutter.

Quel impact sur les prix de l'énergie ?

Pour les Britanniques, la vraie question est de savoir si ces nouveaux gisements feront baisser les factures d'énergie et renforceront la sécurité d'approvisionnement.

En théorie, "si vous augmentez l'offre, toutes choses égales par ailleurs, cela fera baisser le prix", rappelle Matt Cooper, analyste chez Rystad Energy. Mais dans la pratique, l'effet pourrait être limité.

Des militants écologistes manifestent contre le projet de gisement pétrolier Rosebank, en mer du Nord, au large de l'Écosse, le 22 juillet 2026
Des militants écologistes manifestent contre le projet de gisement pétrolier Rosebank, en mer du Nord, au large de l'Écosse, le 22 juillet 2026 ( JUSTIN TALLIS / AFP/Archives )

Le gaz extrait à Jackdaw alimentera bien le réseau britannique et permettra de réduire une partie des importations de gaz naturel liquéfié (GNL), améliorant potentiellement l'autonomie énergétique du pays, explique James Reid, de Wood Mackenzie.

Mais les volumes attendus restent modestes à l'échelle mondiale et les prix de l'énergie au Royaume-Uni dépendent en grande partie des cours internationaux du gaz, auxquels le pays reste fortement exposé via ses connexions avec le marché européen.

L'impact sur les factures d'électricité serait donc limité et les consommateurs ne verraient une différence que si le gaz produit localement remplaçait des importations plus coûteuses.

Le pétrole extrait à Rosebank, lui, serait de toute façon vendu au prix mondial, sans lien direct avec les factures des consommateurs britanniques.

Pour que ces nouveaux projets se traduisent par une baisse visible des factures ou par davantage d'investissements dans les énergies propres, le gouvernement devrait mettre en place des mécanismes spécifiques afin de redistribuer une partie des revenus générés, estime Jill Rutter.

Quelles conséquences environnementales ?

Si la consommation britannique de pétrole et de gaz reste la même, le développement de ces deux nouveaux champs n'aurait pas vraiment de conséquence sur les émissions.

Sur la phase d'extraction et d'acheminement, remplacer une partie des importations de GNL par du gaz de Jackdaw serait même moins émetteur car "la liquéfaction, le transport maritime, la regazéification, l'injection dans le réseau" génèrent "plus d'émissions", explique M. Reid.

Les défenseurs de l'environnement rétorquent que toute production supplémentaire d'énergies fossiles implique toujours davantage de consommation et ne fait que repousser la transition énergétique.

La justice avait d'ailleurs annulé les autorisations gouvernementales accordées dans le passé à ces projets, estimant qu'une nouvelle évaluation de l'ensemble des émissions indirectes liées à ces projets, c'est-à-dire celles liées à l'utilisation finale du pétrole et du gaz produits (dites "scope 3"), était nécessaire.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
Actions les plus vues

Classement des actions les plus vues, pour la période du jeudi 13 août 2026 au mercredi 19 août 2026, des marchés Euronext Paris, Bruxelles, Amsterdam, Growth Paris, NASDAQ et NYSE sur le site et l'application Bourse Direct.

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 20/08/2026

La Bourse de Paris a fini sur une très légère, enchaînant ainsi une septième baisse consécutive. 

Publié le 20/08/2026

Vente du Turbo Infini BEST PUT EUR/USD NV47V à 0,6 EUR (-82 %) Analyse :L'Euro-Dollar a réintégré ses précédents creux du printemps, puis dépassé sa résistance à 1,15,…

Publié le 20/08/2026

(Zonebourse.com) - Merck & Co est victime de logiques prises de bénéfices (-1,04%, à 150,71 dollars) au lendemain d'une envolée de 12,60% consécutive aux résultats positifs d'une étude de phase…

Publié le 20/08/2026

Ce matin, Tokyo gagne 1,26%, Shanghai lâche 0,16% et Hong Kong prend 1,14%

L'ouverture de votre compte Bourse Direct est gratuite et s'effectue en ligne en quelques minutes.

Dans le cas d'un transfert de compte, Bourse Direct prend en charge 100% de vos frais, à hauteur de 200 € par compte.