Pétrole : nouvelle poussée des cours, le Brent en direction des 95$
Un marché sous tension...
La tension reste forte sur le marché pétrolier alors que de nouvelles hostilités entre les États-Unis et l'Iran renforcent les craintes des opérateurs quant à des perturbations prolongées des flux énergétiques via le détroit d'Ormuz. Donald Trump a menacé de lancer de nouvelles frappes contre l'Iran après que deux superpétroliers ont été touchés par des projectiles alors qu'ils tentaient de quitter le détroit tard lundi. Le baril de Brent pour livraison novembre gagne 2,4% à 92,6 dollars à Londres tandis que le WTI (contrat octobre) prend encore 2,8% à 88,1$ sur le Nymex après avoir progressé de 2,8% lundi, enregistrant sa plus forte hausse en trois semaines.
Donald Trump a écarté les inquiétudes selon lesquelles le conflit impliquant l'Iran épuiserait la puissance de feu américaine, déclarant : "c'est une guerre relativement petite pour nous". 'Bloomberg' rapporte que l'Iran a pris pour cible des bases aériennes américaines en Jordanie, bien que les médias locaux aient rapporté que les missiles avaient été interceptés et détruits avant de causer des dégâts. Lundi, le locataire de la Maison-Blanche a déclaré à 'Fox News' que les États-Unis répliqueraient aux attaques visant leurs forces, laissant entrevoir la possibilité d'un cycle d'escalade militaire.
"Les opérateurs ont réduit leurs positions nettes sur le pétrole brut au cours de la semaine, l'incertitude persistant quant à la prochaine phase du conflit impliquant l'Iran", déclare à l'agence Bart Melek, responsable mondial de la stratégie matières premières chez TD Securities. "Nous continuons d'anticiper une hausse des prix du brut, car rien n'indique que la circulation normale via le détroit d'Ormuz reprendra à court terme".
De son côté, le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a indiqué que les efforts de médiation visant à parvenir à une solution pacifique et à rouvrir le détroit d'Ormuz se poursuivaient. Toutefois, les perspectives diplomatiques semblent compromises. Plusieurs responsables américains et iraniens, en poste ou anciens, ont déclaré s'attendre à ce que le conflit, qui en est désormais à son septième mois, se prolonge encore plusieurs mois.
La hausse des prix du brut reste néanmoins quelque peu limitée grâce au maintien des exportations via le détroit d'Ormuz, souvent assurées par des pétroliers naviguant transpondeurs éteints pour échapper à toute détection. Les producteurs du golfe Persique, dont les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite, le Koweït et l'Irak, parviennent tous à écouler une partie de leur production. Néanmoins, les navires empruntant cette voie maritime restent exposés à une menace constante d'attaque.
"L'adaptation à des perturbations prolongées dans le détroit d'Ormuz, grâce aux flux dissimulés, aux itinéraires de contournement et au redressement des exportations du Golfe, a permis de maintenir le cours du Brent en dessous de 100 dollars le baril", écrivent Salih Yilmaz et Will Hares, analystes chez 'Bloomberg Intelligence'. "Toutefois, la reprise des hostilités entre les États-Unis et l'Iran met en évidence le risque que de nouvelles perturbations ne fassent rapidement basculer un marché déjà sous tension vers une situation de pénurie bien plus marquée".
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