Pétrole : net recul du baril, le marché anticipe toujours un accord entre Téhéran et Washington
Malgré une tension toujours vive dans le Golfe...
Effaçant une partie des gains de 4% enregistrés la veille, les cours pétroliers reculent nettement ce matin face à l'optimisme quant à la conclusion d'un accord de paix entre les États-Unis et l'Iran, malgré la reprise des hostilités et l'incertitude concernant le détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique pour le commerce mondial. Israël a par ailleurs intensifié ses bombardements au Liban mardi, mettant davantage à mal les efforts de paix. Le baril de Brent (contrat juillet) trébuche de 2,2% à 97,4 dollars à Londres tandis que le WTI (contrat mai) recule de 3% à 91,2 dollars.
Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a prévenu qu'il faudrait probablement quelques jours pour finaliser un accord de paix. Parallèlement, les forces américaines ont mené des frappes contre des cibles proches du détroit, tandis que le Corps des gardiens de la révolution islamique a affirmé avoir ouvert le feu sur plusieurs avions américains après leur entrée dans l'espace aérien iranien.
Le détroit d'Ormuz, voie de passage essentielle par laquelle transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux avant la guerre, demeure de facto fermé, soumis aux blocus américains et iraniens. Cependant, au moins deux superpétroliers non iraniens ont franchi ce point de passage stratégique mardi, marquant ainsi le premier passage, en une semaine, de 4 millions de barils de pétrole brut non autorisé.
"Les marchés spéculent sur la perspective d'un accord avec l'Iran, mais une réouverture complète du détroit d'Ormuz n'est pas envisageable avant des mois, voire des trimestres : le détroit reste techniquement fermé et sa réouverture physique prendra du temps", déclare à 'Bloomberg' Robert Rennie, responsable de la recherche sur les matières premières chez Westpac Banking. "Le Brent pourrait baisser légèrement en raison de l'optimisme suscité par un accord, mais tant que le détroit d'Ormuz ne sera pas véritablement rouvert - et non pas géré sous conditions, rationné politiquement ou partiellement contourné - les baisses resteront probablement faibles et temporaires".
Aux États-Unis, le président Donald Trump réunira son cabinet à la Maison Blanche ce mercredi, explique l'agence. Cette réunion intervient alors que des points de blocage importants persistent dans les négociations avec l'Iran, notamment les 24 milliards de dollars d'avoirs gelés par Téhéran et son refus d'autoriser la libre circulation dans le détroit.
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