Pétrole : le Brent flirte avec les 100 dollars !
Fortes tensions sur le marché de l'or noir...
Le Brent flirte avec les 100 dollars ! Le baril de Brent, la référence mondiale, grimpe encore de 2,3% à 99,3 dollars à Londres après avoir progressé la semaine dernière sous l'effet d'une intensification des hostilités au Moyen-Orient et d'une reprise des achats de la Chine, premier importateur mondial. Le cours du Brent a augmenté de plus de 60% depuis le début de l'année, tandis que le prix de référence du diesel en Europe approche les 200 dollars le baril. Le WTI (contrat octobre) avance de son côté de 3,4% à 94,6$ sur le Nymex, au plus haut depuis début juin.
L'agence de presse officielle saoudienne a indiqué que des frappes ont eu lieu mardi sur plusieurs installations énergétiques situées dans le sud du royaume, faisant plusieurs blessés. Les rebelles houthis, soutenus par l'Iran, ont affirmé avoir de nouveau visé la raffinerie de Jazan (d'une capacité de 400.000 barils par jour) ainsi que des installations desservant le marché intérieur. Les Houthis bloquent les flux pétroliers saoudiens en réponse au siège de Sanaa, la capitale yéménite, imposé par Riyad, et ont multiplié les frappes ces dernières semaines.
Cette campagne menée contre le plus grand producteur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole renforce les craintes de voir l'approvisionnement pétrolier continuer à subir des perturbations, tant en raison des attaques houthies que du conflit impliquant l'Iran. Les stocks mondiaux diminuent rapidement et les prix des carburants raffinés, comme le diesel, s'envolent aux quatre coins du monde.
"Les marchés intègrent de plus en plus l'hypothèse d'un conflit prolongé au Moyen-Orient", indiquent les analystes de Goldman Sachs, dans une note reprise par 'Bloomberg'. Ils relèvent de 5$ en moyenne leurs prévisions de prix pour 2027, en partant du principe que les perturbations du transport maritime persisteront jusqu'en 2027. "Les risques pesant sur nos prévisions de prix restent nettement orientés à la hausse".
"L'évolution des prix reflète à la fois une réelle tension sur l'offre physique, le trafic de pétroliers via le détroit d'Ormuz restant bien inférieur à la normale, et une nette prime de risque géopolitique. À l'heure actuelle, c'est cette prime de risque qui pèse le plus lourd dans la balance", ajoute Tim Waterer, analyste en chef des marchés chez KCM Trade. "Pour le reste de l'année, les cours du pétrole devraient se maintenir à un niveau élevé tant que le détroit restera une zone de tensions et que les avancées diplomatiques demeureront fragiles".
Outre les tensions au Moyen-Orient, les traders pétroliers se concentrent de plus en plus sur les perspectives des carburants raffinés. Russell Hardy, patron du géant du négoce Vitol Group, a déclaré mardi lors d'une conférence à Singapour que ces marchés montraient des signes croissants de tension. Cela s'explique en partie par la perte d'environ 2 millions de barils par jour d'exportations en provenance du Moyen-Orient, et de 2 millions supplémentaires en provenance de Russie à la suite d'attaques de drones ukrainiens, a-t-il précisé. M.Hardy a estimé que les flux pétroliers transitant par le détroit d'Ormuz s'élevaient à environ 10 millions de barils par jour, soit environ la moitié des niveaux d'avant-guerre, tout en ajoutant qu'il est difficile de chiffrer un montant exact et que le départ quotidien de ces volumes n'est pas garanti.
L'Iran a annoncé lundi l'imminence d'un accord avec Oman prévoyant un couloir de passage sûr temporaire, ce qui soulève des questions quant à la réaction des États-Unis après que ces derniers eurent frappé des pétroliers iraniens au cours du week-end. Parallèlement, l'Iran a menacé les États-Unis d'une "guerre économique" et a affirmé avoir tiré un missile de pointe sur des navires de guerre américains, soulignant ainsi les risques d'une nouvelle escalade du conflit.
Samedi, les forces américaines avaient frappé trois pétroliers iraniens, dont l'un près de l'île de Kharg principal terminal d'exportation de pétrole de l'Iran , selon le Commandement central des États-Unis (CENTCOM). Ces attaques faisaient suite à des frappes menées par les Gardiens de la révolution iraniens contre des navires de guerre américains opérant dans la région. Avant le début du conflit fin février, le détroit d'Ormuz assurait le transit d'environ un cinquième de l'approvisionnement mondial quotidien en pétrole et en gaz naturel liquéfié. "Nous ne prévoyons pas de retour complet aux volumes d'avant-guerre avant la fin du premier trimestre ou le début du deuxième trimestre 2027", affirme Daniel Hynes, analyste chez ANZ.
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