Pétrole : le baril marque une pause dans l'attente du plan américain d'isolement économique de l'Iran
Mais le baril reste haut perché...
Les cours pétroliers consolident après deux semaines de forte hausse, le marché attendant de découvrir le plan américain d'isolement économique de l'Iran, dont la présentation est prévue plus tard dans la journée. Le baril de Brent cède 1,8% à 92,7 dollars, après avoir gagné environ 13% au cours des deux dernières semaines, tandis que le WTI s'échange près de 85 dollars (-2%). Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, doit dévoiler les détails de ce plan lors d'une conférence de presse ; il a par ailleurs cherché à accroître la pression sur les alliés des États-Unis pour qu'ils se joignent à cette initiative, lors d'une interview accordée à 'CNBC'.
On ignore encore comment les États-Unis pourraient accroître de manière significative la pression économique sur Téhéran, si ce n'est en s'en prenant à la Chine, principal acheteur du brut de ce pays membre de l'OPEP, au risque de s'exposer à des représailles, souligne 'Bloomberg'. "Ceux qui permettent à l'Iran d'agir achètent et transportent son pétrole", a déclaré Scott Bessent dans une tribune publiée par le 'Financial Times'. "Ils auraient tout intérêt à réfléchir aux conséquences de ce soutien".
Chris Weston, responsable de la recherche chez Pepperstone Group, indique à l'agence : "intituler sa tribune 'Le Jour J approche pour l'Iran' ne laisse guère penser qu'il cherche à se faire des amis ; il faut donc s'attendre à un message empreint de défiance... Toute initiative visant délibérément à perturber de manière significative les importations de brut iranien comporte des risques considérables tant au niveau de l'exécution que des réactions qu'elle susciterait".
Bien que le trafic maritime visible via le détroit d'Ormuz reste limité, la République islamique a autorisé plusieurs pétroliers irakiens à emprunter cette voie stratégique à la demande de Bagdad, selon les médias iraniens. Washington et Téhéran ont tous deux affirmé à maintes reprises contrôler le détroit. Toutefois, les flux au Moyen-Orient restent perturbés. L'Arabie saoudite a été contrainte d'acheminer le pétrole chargé en mer Rouge par un itinéraire nord, plus sûr mais plus long, après que les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, ont pris pour cible le trafic maritime au niveau du détroit de Bab el-Mandeb, point de passage stratégique situé plus au sud.
Par ailleurs, la Russie a rejeté une proposition de trêve de l'Ukraine concernant les attaques contre les navires transportant des produits agricoles en mer Noire, Moscou exigeant en contrepartie des garanties contre les frappes visant ses infrastructures énergétiques, a déclaré samedi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
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