Pétrole : le baril bondit avec le regain de tensions au Moyen-Orient
Encore des échanges de frappes entre l'Iran et les Etats-Unis...
Les cours pétroliers repartent fortement à la hausse alors que les nouvelles attaques américaines contre l'Iran viennent assombrir les perspectives d'une paix durable au Moyen-Orient. Le baril de Brent pour livraison septembre prend 3,25% à 76,6 dollars tandis que le baril de brut léger américain (West Texas Intermediate) avance de 3,3% à 72,75$ sur le Nymex.
L'armée américaine a mené mardi de nouvelles frappes en Iran après avoir suspendu plus tôt dans la journée l'autorisation temporaire accordée à Téhéran pour vendre son pétrole dans le cadre du protocole d'accord signé le mois dernier entre les deux parties. Ces nouvelles attaques constituent une riposte aux attaques précédentes attribuées à Téhéran contre trois pétroliers près du détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement central de l'armée américaine (Centcom). Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a averti que Téhéran riposterait. 'Axios' a rapporté que des drones avaient été lancés en direction de Bahreïn, tandis que le Koweït a réagi à des tirs de missiles.
Ce rebond des cours du pétrole menace de provoquer une nouvelle vague de perturbations sur des marchés mondiaux de l'énergie déjà sous tension, alors que les contrats à terme avaient chuté au deuxième trimestre à la faveur d'une détente régionale. La reprise des hostilités dans la région risque de compliquer les décisions des armateurs et des producteurs locaux concernant la navigation dans le détroit d'Ormuz, voie reliant les fournisseurs du golfe Persique aux marchés mondiaux.
Cette flambée de tension "rappelle au marché la fragilité du passage par le détroit", déclare à 'Bloomberg' Saul Kavonic, analyste principal du secteur de l'énergie chez MST Marquee. "Cela va à l'encontre du sentiment dominant selon lequel le marché risquait d'être inondé par une offre excédentaire, et pourrait inciter certains détenteurs de positions courtes records à les couvrir", a-t-il ajouté, faisant référence aux traders susceptibles de clôturer leurs paris sur une baisse des prix. "Alors que nous pensions pouvoir mettre de côté les primes de risque géopolitiques (...) on nous a clairement rappelé que cet accord de paix n'en est encore qu'à ses débuts", ajoute David Chao, stratège pour la région Asie-Pacifique chez Invesco, à Singapour.
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