Pétrole : l'AIE s'inquiète de la faiblesse des réserves mondiales
Les marchés pétroliers sont confrontés à un déficit de 1,8 million de barils par jour...
Danger ? Les stocks mondiaux de pétrole vont chuter ce trimestre à un rythme plus de deux fois supérieur aux estimations précédentes, alors que le conflit impliquant l'Iran s'intensifie à nouveau, et ce, alors même que l'impact des prix élevés sur la demande s'accentue, indique l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Les marchés pétroliers sont confrontés à un déficit de 1,8 million de barils par jour, car la "reprise des hostilités et les perturbations maritimes" entravent le redressement de la production, explique l'AIE dans son rapport mensuel.
Pour l'ensemble de l'année 2026, ce déficit devrait atteindre son niveau le plus élevé depuis cinq ans. "Bien que le marché devrait retrouver une situation excédentaire vers la fin de l'année, les risques demeurent considérables et l'urgence de rouvrir le détroit s'est accrue, car les réserves tampons précédemment disponibles s'épuisent rapidement", déclare l'agence basé à Paris.
Les stocks se contractent à nouveau alors même que les prix élevés des carburants ont conduit l'agence à revoir à la hausse, de près de 50%, ses estimations concernant la baisse de la demande mondiale de pétrole pour cette année, à 1,6 million de barils par jour. Il s'agit du recul le plus marqué en moyenne annuelle depuis la pandémie de Covid-19 en 2020.
Si un bref cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran, mi-juin, avait permis de relancer les exportations de pétrole depuis le golfe Persique, le transport maritime et les infrastructures énergétiques régionales sont de nouveau pris pour cible. Cette situation fait grimper les prix des carburants tels que l'essence et le diesel, moteur de l'économie mondiale, et pèse sur le pouvoir d'achat des consommateurs.
Du côté de l'offre mondiale de pétrole, l'AIE anticipe un recul marqué de 4,3 mbj, soit environ 4%, cette année. Ce repli de 4,3 millions de bpj est à comparer aux 3,7 mbj prévus dans le rapport de juillet. Toutefois, les baisses de production restent bien inférieures aux scénarios les plus pessimistes envisagés au début du conflit, grâce à diverses solutions de contournement. Parmi celles-ci figurent l'utilisation d'oléoducs alternatifs par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ainsi qu'un réseau de navires-citernes assurant des rotations à travers le détroit d'Ormuz.
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