La BCE ne doit pas augmenter ses taux !
Méfiance...
Ne pas mettre la charrue avant les boeufs. Alors que les cours de l'énergie s'envolent avec la guerre en Iran, les mauvais souvenirs de la crise Covid, du début de la guerre en Ukraine, et même diraient certains, de la stagflation des années 1970 remontent à la surface. Le marché qui réagit (ou surréagit) en temps réel, anticipe désormais pratiquement deux hausses de taux en 2026 alors qu'il tablait plutôt sur un statu quo avant le début de la guerre fin février. Or, pour les économistes d'Oddo BHF, une telle hypothèse semble peu réaliste.
Il est usuel (injustement, selon le spécialiste) de critiquer les Banques centrales, dont la BCE, pour leur réaction tardive au choc d'inflation associé à la forte reprise post-pandémie. Il est facile de dire a posteriori qu'il aurait fallu durcir la politique monétaire dès la fin du confinement mondial, fin 2020 ou début 2021, au lieu de 2022. De là à conclure qu'il ne faut pas répéter la même erreur, il y a un pas qu'il semble important de ne pas franchir, selon les équipes de la maison indépendante européenne.
En effet, le choc d'inflation de 2021, aggravé en 2022 par la crise énergétique résultant de l'invasion de l'Ukraine s'est matérialisé dans des conditions très différentes d'aujourd'hui : les politiques monétaires étaient ultra-accommodantes, ce qui n'est pas le cas en 2026 ; en 2022, l'économie était en plein boom alors que la croissance mondiale est aujourd'hui sur une tendance stabilisée à 3,2% ; les anticipations d'inflation sont réalignées sur les cibles alors qu'elles avaient tendance à se redresser, non seulement à court terme (réaction normale face à un choc énergétique) mais aussi à des horizons plus éloigné en 2022...
Au final, les économistes d'Oddo BHF affirment que la BCE n'est pas en retard sur le cycle. Les risques d'une poussée de l'inflation sont bien moins étayés qu'ils ont pu l'être en 2022. Cet épisode n'est pas un bon point de référence pour analyser le choc présent. A l'opposé, le scénario de croissance de la zone euro reste fragile. Ce n'est pas le moment de l'affaiblir par un durcissement monétaire, ou même seulement par d'éventuelles menaces pointant en ce sens...
Un déroulement que semblent partager les dirigeants de l'Institution monétaire. Isabel schnabel, membre du conseil de gouverneurs de la BCE, a par exemple affirmé vendredi que "ce qui importe pour la politique monétaire, ce sont les perspectives à moyen terme, c'est-à-dire la question de savoir si la dynamique sous-jacente des prix et l'évolution des salaires sont compatibles avec l'objectif sur l'horizon pertinent pour la politique monétaire. Sur cette base, les enseignements tirés de la pandémie suggèrent que les décideurs politiques doivent agir avec prudence".
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