La Banque du Japon relève ses taux à l'issue d'un vote partagé
Une décision conforme aux attentes du marché...
Après la BCE et la Fed, la Banque du Japon a relevé ce matin son taux directeur d'un quart de point pour le porter à 1,25%. Une décision largement anticipée par le marché bien que prise à l'issue d'un vote partagé, révélant des divergences au sein du Conseil alors que la BoJ fait face à des risques d'inflation croissants et à des appels inhabituellement explicites de Washington en faveur d'une poursuite de la normalisation de sa politique monétaire. C'est d'ailleurs la première fois que les trois grandes Institutions augmentent leurs coûts d'emprunt au cours d'un même mois.
Toichiro Asada et Ayano Sato ont voté contre cette hausse, témoignant d'une résistance à l'accélération du rythme de relèvement des taux, le plus rapide depuis plus de trente ans. 'Bloomberg' note que les deux dirigeants ont été personnellement choisis par la Première ministre Sanae Takaichi, connue pour sa prudence à l'égard des hausses rapides de taux susceptibles de ralentir l'économie. Ils pourraient, à l'avenir, tenter de plus en plus de jouer un rôle de frein au sein du conseil.
L'absence de ton plus ferme dans le communiqué n'a guère encouragé les investisseurs à parier sur une hausse de la devise japonaise, d'autant plus que la Réserve fédérale américaine avait confirmé sa position après avoir relevé ses taux à l'unanimité plus tôt dans la semaine. "L'élément clé est que deux membres du conseil ont voté contre la décision. Je pense que le marché a interprété cela comme un signe d'assouplissement relatif par rapport aux anticipations", explique à l'agence Kento Minami, économiste principal chez Daiwa Securities. "En revanche, l'évaluation de la BoJ concernant l'économie, les prix et les conditions financières reste orientée vers un resserrement monétaire. On perçoit bien qu'ils jugent nécessaire d'accélérer le rythme des hausses de taux par rapport à précédemment".
Cette hausse des taux, qui intervient à peine trois mois après la précédente, marque l'intervalle le plus court entre deux relèvements depuis 1990. À l'époque, le resserrement rapide de la politique monétaire de la Banque centrale avait joué un rôle déterminant dans l'éclatement de la bulle spéculative japonaise, rappelle l'agence. Il s'agit de la sixième hausse de taux sous le mandat du gouverneur Kazuo Ueda, un record pour un dirigeant de la BoJ depuis au moins un demi-siècle.
Pour les équipes de 'Bloomberg Economics', "la décision de la Banque du Japon, vendredi, de relever à nouveau ses taux si peu de temps après sa dernière intervention en juin suggère que des pressions politiques et diplomatiques visant à enrayer la chute du yen ont contribué à ce resserrement, bien plus que de simples préoccupations liées à l'inflation. Le léger recul du yen à l'annonce de la nouvelle a mis en évidence la surprise 'accommodante' par rapport aux attentes du marché (mais pas aux nôtres)".
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