Fed : un statu quo désormais très largement attendu fin octobre
Après une nouvelle série d'interventions de responsables de la Fed et notamment une posture assez souple de Jefferson
Wall Street peut dire merci à John Williams, le patron de la Fed de New York, qui a fait retomber cette semaine les anticipations de durcissement monétaire. L'outil CME FedWatch fait désormais ressortir une probabilité de 26% seulement de hausse des taux d'un quart de point le 28 octobre, à l'issue de la prochaine réunion FOMC, contre 74% de probabilité d'un statu quo laissant les taux inchangés entre 3,75 et 4%. Williams avait pour rappel surpris en début de semaine en indiquant qu'il ne voyait aucune urgence à une nouvelle hausse des taux.
Les marchés semblent rester sur cette bonne impression, alors que depuis, des avis divers se sont succédés parmi les responsables de la banque centrale américaine. La gouverneure Lisa Cook a indiqué hier qu'elle percevait l'IA et la poussée inflationniste qu'elle lui attribue comme un risque majeur pour 2027. Des propos tenus lors d'un événement de la Fed de New York.
Le vice-président de la Fed, Philip Jefferson, a déclaré pour sa part hier que les responsables pourraient prendre plus de temps avant de décider d'une autre augmentation des taux, reprenant ainsi en partie les propos du président de la Fed de New York. Jefferson alimente donc lui aussi ces espoirs d'une approche patiente de la Fed après la hausse des taux de septembre.
Dans le même esprit, la vice-présidente de la Fed chargée de la supervision, Michelle Bowman, a déclaré hier qu'elle ne voyait actuellement pas de besoin urgent de prendre des mesures supplémentaires. Lors d'un événement à Washington, Bowman a donc semblé elle aussi prôner une certaine patience.
Le gouverneur Christopher Waller, qui prenait lui aussi la parole hier, n'a pas fourni d'élément déterminant concernant les perspectives de politique monétaire. En revanche, Lorie Logan, patronne de la Fed de Dallas, a conservé une posture belliciste en déclarant hier que l'inflation restait au-dessus de l'objectif, que l'économie demeurait solide, et que la banque centrale devait donc encore relever significativement les taux, la fourchette cible devant selon elle augmenter de 50 points de base ou davantage pour équilibrer les perspectives et les risques. Des commentaires livrés lors d'un événement de la Fed de Dallas.
Pour résumer, la Fed semble plus partagée que jamais concernant les futures décisions monétaires, qui dépendront bien entendu des développements économiques à venir. Logan, dont la posture reste dure, a ainsi glissé par ailleurs que la poussée des rendements souverains pourrait contribuer à limiter le besoin d'une hausse des taux de la Fed. Les opérateurs surveilleront aussi les statistiques économiques majeures des prochains jours, comme le rapport sur l'emploi américain du jour.
Pour l'heure, l'outil CME Fedwatch montre une probabilité de 63,8% que les taux terminent l'année entre 4 et 4,25% sur les 'fed funds', ce qui implique un relèvement d'un quart de point d'ici la fin de l'année.
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