7 956.70 PTS
+0.28 %
7 919.5
-0.47 %
SBF 120 PTS
6 034.77
+0.32 %
DAX PTS
25 622.61
+0.95 %
Dow Jones PTS
52 002.41
-0.34 %
29 187.55
-2.5 %
1.124
+0. %

Exosens affûte sa vue face aux drones et vise les microréacteurs nucléaires américains

| AFP | 54 | Aucun vote sur cette news
Le logo de l'entreprise française Exosens, leader mondial dans les domaines de l’amplification, de la détection et des technologies d’imagerie électro-optiques, le 9 octobre 2026 à Paris
Le logo de l'entreprise française Exosens, leader mondial dans les domaines de l’amplification, de la détection et des technologies d’imagerie électro-optiques, le 9 octobre 2026 à Paris ( Joel Saget / AFP/Archives )

Voir un drone avant qu'il ne frappe : le français Exosens, l'un des leaders mondiaux des technologies qui détectent l'invisible, multiplie les acquisitions et accélère la production de caméras infrarouges, porté par l'envolée de la demande militaire.

Sur le plateau de Saclay, au sud de Paris, pôle scientifique et technologique qui accueille laboratoires, universités et entreprises de haute technologie, un technicien assemble une caméra infrarouge refroidie, plus sensible et capable de voir plus loin qu'une caméra classique, dans les locaux de Noxant.

Acheté en 2025 par Exosens, ce spécialiste de l'imagerie thermique fait partie de la dizaine d'entreprises acquises par le groupe ces dernières années pour élargir ses technologies de détection.

Il est désormais capable de produire "plusieurs centaines" de telles caméras par an.

Inexistant il y a trois ans

"Au cours de 2026, on a doublé les capacités dans les caméras infrarouges refroidies et triplé dans les non-refroidies", explique Jérôme Cerisier, directeur général d'Exosens au cours d'une visite de presse en octobre sur le site de Noxant.

"Avec l'émergence de la lutte antidrone, cette partie du marché s'est envolée. On a des taux de croissance extrêmement élevés", a déclaré Jérôme Cerisier à l'AFP.

Le directeur général d'Exosens Jérôme Cerisier  dans les locaux de l'entreprise de haute technologie à Paris, le 9 octobre 2026
Le directeur général d'Exosens Jérôme Cerisier dans les locaux de l'entreprise de haute technologie à Paris, le 9 octobre 2026 ( JOEL SAGET / AFP )

"Il y a trois ans, ce marché n'existait pas", fait-il valoir.

Exosens, qui réalise 75% de son chiffre d'affaires dans la défense, a récemment relevé ses objectifs pour 2026, visant désormais un chiffre d'affaires de 558 à 570 millions d'euros, en hausse de près de 20% sur un an et une profitabilité à 33-34%.

La puce électronique refroidie à -200°C rend la caméra plus sensible et lui permet de voir jusqu'à 35 km, selon Emmanuel Vanneau, cofondateur de Noxant.

Durable et indétectable

Contrairement au radar capable de voir, lui, encore plus loin, à 100 km, la caméra optique n'émet aucun signal et présente donc moins de risques d'être repérée par l'adversaire.

D'un coût allant jusqu'à 100.000 euros, soit 20 fois le prix d'une caméra classique, les caméras refroidies sont intégrées à des tourelles, des boules optroniques installées sur des avions, des hélicoptères ou des drones de surveillance de milieu de gamme.

Des jumelles de vision nocturne de l'entreprise de haute technologie Exosens, le 9 octobre 2026 à Paris
Des jumelles de vision nocturne de l'entreprise de haute technologie Exosens, le 9 octobre 2026 à Paris ( JOEL SAGET / AFP )

Contrairement aux drones, souvent conçus à usage unique et dont les logiciels deviennent vite obsolètes, ces caméras peuvent durer des années.

Le principe de la détection infrarouge reste le même : un drone dégage de la chaleur, que la caméra capte.

"Cette technologie évolue beaucoup moins vite", explique Jérôme Cerisier. "Les lois de la physique ne changent pas : un drone continue à échauffer l'air", ajoute-t-il.

Le groupe, qui fabrique également des tubes intensificateurs de lumière destinés aux jumelles de vision nocturne, est entré à la Bourse de Paris en juin 2024, à 20 euros l'action.

Plus de deux ans plus tard, son titre évolue autour de 60 euros.

Percée dans les microréacteurs américains

L'autre levier de croissance pour Exosens vient du nucléaire. Cette activité qui ne pèse que 4 % dans le chiffre d'affaires d'Exosens est moins connue mais potentiellement lucrative.

Le groupe est en train de percer sur le marché prometteur des microréacteurs américains, dont Donald Trump veut accélérer le déploiement pour alimenter les centres de données énergivores de l'intelligence artificielle.

Aux Etats-Unis Exosens accompagne le développement de microréacteurs nucléaires transportables soumis à des procédures réglementaires allégées dans le cadre du programme du ministère de l’Energie (DOE) visant à accélérer leur mise au point alors que les projets des SMR (petits réacteurs modulaires) piétinent en France.

Ses sondes neutroniques, qui permettent de surveiller la réaction nucléaire, ont contribué aux essais des start-up américaines Antares Nuclear et Valar Atomics.

"Nous sommes fiers d’avoir contribué au succès de ces démonstrations et nous nous réjouissons de continuer à accompagner les concepteurs de réacteurs" vers "un déploiement commercial sûr et fiable", déclare Cyril Barre, directeur de l’instrumentation nucléaire chez Exosens.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
Actions les plus vues

Classement des actions les plus vues, pour la période du dimanche 11 octobre 2026 au samedi 17 octobre 2026, des marchés Euronext Paris, Bruxelles, Amsterdam, Growth Paris, NASDAQ et NYSE sur le site et l'application Bourse Direct.

SUR LE MÊME SUJET
Publié le 13/10/2026

Des syndicalistes CGT de la Fonderie de Bretagne (FDB) devant le tribunal de commerce de Lorient, le 3 juillet 2026 ( Fred TANNEAU / AFP/Archives )Soixante ans après sa création par Renault, la…

Publié le 13/10/2026

Stéphane Flégeau, secrétaire général de la fédération métallurgie de la CGT, ici à Gerzat, dans le département du Puy-de-Dôme, le 22 janvier 2020. ( Thierry ZOCCOLAN / AFP/Archives )Une…

Publié le 13/10/2026

Bastien Mancini, cofondateur de l'entreprise Delair avec le drone Oscar produit en collaboration avec KNDS dans les locaux de Delair à Labège, dans le sud-ouest de la France ( Ed JONES /…

Publié le 10/10/2026

Le chancelier allemand Friedrich Merz, le 8 octobre 2026 à Berlin. ( Tobias SCHWARZ / AFP/Archives )L'Irlande a proposé samedi de réduire d'environ 140 milliards d'euros le projet de budget…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 16/10/2026

Publié le 16/10/2026

La Bourse de Paris a poursuivi sa progression, portée notamment par Hermès (+3,01% à 1334,5) et L’Oréal (+2,44% à 405,44), malgré les inquiétudes entourant le financement de l’intelligence…

Publié le 16/10/2026

2.597.404 actions ordinaires ont été admises aux négociations.

Publié le 16/10/2026

(Zonebourse.com) - La société biopharmaceutique française a annoncé le règlement-livraison de sa levée de fonds d'un montant de 1 000 000,208 euros, initiée le 8 octobre dernier.L'opération a…

Publié le 16/10/2026

Varroc va acquérir une participation de 45% dans Forsee Power India.

L'ouverture de votre compte Bourse Direct est gratuite et s'effectue en ligne en quelques minutes.

Dans le cas d'un transfert de compte, Bourse Direct prend en charge 100% de vos frais, à hauteur de 200 € par compte.