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La bataille climatique contre le méthane pourrait contribuer à atténuer la crise énergétique

| AFP | 535 | Aucun vote sur cette news
La ministre française de la Transition écologique Monique Barbut ouvre une conférence internationale sur le climat dans le cadre de la présidence française du G7, le 4 mai 2026 à Paris
La ministre française de la Transition écologique Monique Barbut ouvre une conférence internationale sur le climat dans le cadre de la présidence française du G7, le 4 mai 2026 à Paris ( STEPHANE DE SAKUTIN / AFP )

Des responsables gouvernementaux ont réclamé lundi une action plus rapide du secteur des énergies fossiles pour réduire les émissions de méthane, soulignant qu'elle permettrait à la fois de freiner le changement climatique et de fournir d'énormes quantités de gaz pour atténuer la crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient.

Dans le cadre de la présidence tournante du G7, la France a réuni lundi à Paris des responsables gouvernementaux, dirigeants d'entreprise et experts pour relancer la mobilisation avant le sommet climatique de l'ONU de la COP31, en novembre.

Elle les a appelés à une mobilisation collective autour de trois priorités: accelérer la réduction des émissions, renforcer les mesures grace notamment aux nouvelles technologies pour mieux indentifier les sources, et déployer des "solutions concrètes et des cadres réglementaires ambitieux", indique lundi soir le ministère de la Transition écologique dans un communiqué.

Parmi les principales annonces de cette journée d'échanges, le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) a indiqué étendre son système mondial de détection du méthane via satellite aux émissions des mines de charbon et des installations de traitement des déchets, et plus seulement à celles des installations pétrolières ou gazières.

Par ailleurs les compagnies nationales pétrolières de la Libye, du Pakistan et de l'Angola ont déclaré rejoindre le programme du PNUE de mesure, de déclaration et de réduction des émissions de méthane, portant la couverture à 50% de la production mondiale.

La journée a aussi été l'occasion de souligner que le sujet du méthane, bien qu'"insuffisamment porté jusqu'à présent", n'est "pas (...) anecdotique" et que ce n'est "pas seulement une question environnementale, c'est aussi une question économique" et de sécurité énergétique, a souligné le ministère français de la Transition écologique lors d'un brief à l'issue de la journée.

Deuxième contributeur du changement climatique après le CO2, le méthane a un pouvoir de réchauffement environ 80 fois supérieur sur vingt ans. Mais sa durée de vie plus courte fait de sa réduction une source de "bénéfices climatiques significatifs à court terme", souligne lundi l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans son rapport annuel Global Methane Tracker.

Inodore et invisible, le méthane est la molécule du gaz naturel qui s'échappe notamment des infrastructures pétrogazières, de l'agriculture et des décharges.

"Aucun signe" de baisse

Près de 160 pays se sont engagés à réduire les émissions de méthane de 30% d'ici 2030, mais le monde est encore "très loin" de l'objectif, a souligné Mme Barbut lors du discours d'ouverture, appelant à "unir nos forces pour accélérer la mise en œuvre de solutions efficaces".

Environ 60% des émissions mondiales de méthane sont imputables à l’activité humaine, l'agriculture en tête, suivie de l'énergie.

"Il n'y a toujours aucun signe" montrant que les émissions du secteur des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) baissent malgré des solutions d'atténuation "bien connues et éprouvées", indique l'AIE dans son rapport.

Les émissions de ce secteur - issues notamment de fuites ou d'opérations volontaires de dégazage ou de torchage - se sont maintenues à des "niveaux très élevés" en 2025, représentant 35% du méthane anthropique.

Pourtant, la détection et réparation des fuites ou la limitation des torchages de routine permettraient d'éviter 30% des émissions liées aux combustibles fossiles, "à coût nul", le gaz capturé pouvant être revendu, selon l'AIE.

En pleine crise énergétique, "s'attaquer au méthane pourrait également aider les pays à renforcer la sécurité des marchés gaziers", a souligné l'AIE.

La crise énergétique liée à la guerre en Iran "donne certainement à chacun une raison supplémentaire d'agir avec célérité", a déclaré à l'AFP la Première ministre de la Barbade, Mia Mottley. "La question est de savoir si une partie de ce gaz peut être mis en production à court ou moyen terme, en tout cas plus rapidement qu'il ne faudrait pour réparer certaines des installations de production" endommagées par la guerre, a-t-elle ajouté.

Le commissaire européen à l'Énergie, Dan Jorgensen, a aussi souligné l'intérêt de lutter contre ce "gaspillage".

Selon l'AIE, 200 milliards de m3 de gaz pourraient être récupérés annuellement en réduisant les émissions provenant des opérations pétrogazières et en éliminant le torchage non lié à des situations d'urgence. C'est près du double des volumes de gaz qui ont transité par le stratégique détroit d'Ormuz en 2025.

Atteindre un tel niveau de réduction prendrait du temps mais 15 milliards de m3 pourraient être libérés rapidement, estime l'agence.

"Réduire les émissions de méthane demeure l'une des meilleures choses que nous puissions faire pour ralentir le réchauffement climatique tout en assainissant notre air, en améliorant la santé publique et en renforçant notre sécurité énergétique", a déclaré le ministre britannique de l’Énergie, Ed Miliband, dans un message vidéo.

L'agriculture est également une importante source de méthane émis par les vaches et les moutons, de même que la riziculture et les décharges.

"Nous devons cependant être clairs: le secteur de l'énergie offre aujourd'hui les réductions les plus rapides et souvent les plus rentables", selon Mme Barbut.

"On va poursuivre cette mobilisation pour la COP31" avec des "moyens d'actions" et des "stratégies un petit peu nouvelles", a indiqué lundi soir le ministère, sans donner plus de détails.

kag-lth-nal-dep/uh/nth

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