BCE : vers une politique monétaire légèrement restrictive ?
Energies et effets de second tour en question...
La Banque centrale européenne pourrait devoir relever ses taux d'intérêt à un niveau freinant la croissance économique, selon Joachim Nagel, membre du Conseil des gouverneurs. "Si nous sommes confrontés pendant une période prolongée à des prix de l'énergie aussi élevés, je ne peux exclure que nous devions basculer vers une politique monétaire légèrement restrictive", a déclaré mardi soir à Londres le président de la Bundesbank, ajoutant qu'il est trop tôt pour "se prononcer" à ce sujet.
Après deux hausses de taux, les responsables de l'Institution devraient poursuivre le resserrement monétaire, les marchés anticipant jusqu'à trois nouvelles interventions au cours de ce cycle. L'inflation dans la zone euro dépasse les 3% et devrait rester supérieure à l'objectif de 2% de la BCE pendant encore un an. Le chef économiste, Philip Lane, a déclaré plus tôt cette année que le taux d'intérêt neutre pourrait atteindre 2,5%, le taux actuel de la BCE, bien que l'Irlandais Gabriel Makhlouf ait soutenu que le territoire restrictif ne commencerait qu'au-delà de 2,75%.
"La crainte que j'éprouve, ou que nous éprouvons, est que cela puisse alimenter un effet de second tour", a souligné J.Nagel, en faisant référence aux prochaines négociations salariales dans plusieurs pays, dont l'Allemagne. "Et nous savons tous que si cela perdure, nous observerons des effets de second tour". C'est pourquoi "nous devons faire preuve de vigilance", a-t-il ajouté, cité par 'Bloomberg'. "C'est ce que nous disons dans une telle situation. Et je peux vous assurer que nous sommes vigilants".
Compte tenu des tensions actuelles sur les marchés obligataires, J.Nagel a été interrogé sur l'éventuel recours à l'instrument de protection de la transmission (TPI) de la BCE. Le président de la Bundesbank a précisé que ce dispositif ne pouvait être activé qu'en cas de problème lié à la transmission de la politique monétaire. "Cela n'a rien à voir avec les défis budgétaires auxquels peuvent être confrontés certains pays de l'Eurosystème", a-t-il affirmé. La semaine dernière, l'écart de rendement entre les obligations d'État françaises à 10 ans et leurs homologues allemandes a franchi le seuil des 100 points de base pour la première fois en 14 ans.
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