BCE : une hausse des taux dès le mois prochain ?
Question de crédibilité ?
La Banque centrale européenne devrait relever ses taux d'intérêt le mois prochain afin de réaffirmer son engagement à remplir son mandat, d'après Alexander Demarco, membre du Conseil des gouverneurs. Les anticipations d'inflation à moyen terme restant "relativement bien ancrées", il n'est pas nécessaire, pour le moment, de prendre des mesures supplémentaires, a-t-il déclaré vendredi en marge d'une réunion des ministres des Finances européens à Nicosie, à Chypre. De nouvelles projections permettront de déterminer si cette évaluation devra être révisée.
"En juin, nous devrons probablement relever les taux", a déclaré le président de la Banque centrale de Malte, cité par 'Bloomberg'. "Nous devons montrer notre engagement envers notre objectif à moyen terme. Il s'agit de préserver notre crédibilité ; nous ne pouvons pas nous permettre d'être à la traîne".
Les économistes sont convaincus qu'une hausse des coûts d'emprunt est imminente, afin d'éviter que l'inflation plus élevée due à la guerre en Iran ne déclenche une spirale auto-entretenue entraînant une hausse des prix toujours plus importante. Même certains membres plus accommodants du Conseil des gouverneurs, comme Yannis Stournaras, ont indiqué qu'ils soutiendraient une telle mesure, conscients que le souvenir du choc passé est encore vif chez les consommateurs et les entreprises.
"L'inflation a atteint 3% - c'est la mauvaise nouvelle - et le risque que les prix de l'énergie restent élevés plus longtemps est désormais une certitude", a déclaré A.Demarco. "La bonne nouvelle, c'est que l'inflation sous-jacente se rapproche des 2%, qu'il y a peu d'éléments indiquant des effets indirects et que les anticipations à moyen et long terme restent relativement stables".
"Pour le moment, je ne vois pas la nécessité d'aller très loin", a souligné le dirigeant. "Mais je dois examiner les projections et les prévisions à moyen terme. Cela nous permettra de savoir si une seule hausse suffira, s'il en faudra deux, ou même davantage". En mars, les prévisions de la BCE tablaient sur une hausse des prix de 2,6% en moyenne cette année. Ces prévisions "seront probablement revues à la hausse compte tenu de la probabilité d'une hausse prolongée des prix de l'énergie", a souligné le Maltais, tout en exprimant son inquiétude quant à la situation économique. "Les risques de dégradation se sont accrus, le conflit durant depuis trois mois, et les signaux récents concernant les perspectives d'activité économique ne sont guère encourageants", a-t-il déclaré.
Christine Lagarde s'est montrée moins catégorique quant à une hausse des taux en juin, après avoir indiqué, suite à la dernière conférence de presse de la BCE, qu'elle connaissait "globalement" la direction que prenait la politique monétaire. Vendredi, elle a refusé de donner "beaucoup d'indications" sur la décision à venir de la BCE, tout en soulignant que les anticipations d'inflation étaient "globalement bien ancrées" et que le Conseil des gouverneurs s'engageait à adopter une approche fondée sur les données et au cas par cas.
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