BCE : les menaces pesant sur les perspectives d'inflation pourraient entraîner une nouvelle hausse des taux
La BCE a déjà resserré sa politique monétaire à deux reprises depuis juin afin d'éviter que le choc des prix de l'énergie...
Une nouvelle voix plutôt 'hawkish' du côté de la Banque centrale européenne. Ulo Kaasik, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a déclaré que les menaces pesant sur les perspectives d'inflation pourraient entraîner un resserrement monétaire supplémentaire si elles se concrétisaient. "À mon avis, les risques d'inflation sont orientés à la hausse", a indiqué le gouverneur de la Banque centrale estonienne lors d'un entretien accordé à 'Bloomberg'. "Si ces risques se matérialisent, nous pourrions être amenés à relever davantage les taux" .
La BCE a resserré sa politique monétaire à deux reprises depuis juin afin d'éviter que le choc des prix de l'énergie, provoqué par la guerre en Iran, ne se transforme en un problème d'inflation persistant pour la zone euro. Les économistes anticipent une nouvelle hausse d'un quart de point en décembre, même si les marchés entrevoient la possibilité d'une intervention lors de la prochaine réunion en octobre. U.Kaasik s'est refusé à tout commentaire sur le calendrier d'une éventuelle décision, évoquant un contexte volatil fortement dépendant du conflit au Moyen-Orient.
"Je perçois un risque de maintien d'un niveau élevé des pressions sur les prix de l'énergie, mais la situation est incertaine et peut évoluer rapidement", a-t-il déclaré à Dublin, où il participe à une réunion des ministres des Finances et des gouverneurs de Banques centrales européens. "Face à l'incertitude, il faut agir avec prudence".
Une nouvelle hausse porterait le taux de dépôt de la BCE au-dessus des 2,5% que certains considèrent comme la limite supérieure d'une fourchette dans laquelle les coûts d'emprunt ont encore un impact neutre sur l'économie. Le concept reste toutefois incertain, et certains responsables politiques ont minimisé son utilité dans la définition de la politique monétaire. "Le taux neutre est important, mais le seuil exact n'est pas une préoccupation majeure pour le moment... Il est clair que les taux ne sont pas très restrictifs actuellement", a souligné le dirigeant. Il a également indiqué que les responsables politiques ne doivent pas attendre que la flambée des coûts de l'énergie se répercute sur l'ensemble de l'économie en alimentant la hausse des salaires avant d'agir. "Nous n'avons pas encore constaté d'effets de second tour... Mais notre rôle est de veiller à ce qu'ils ne se matérialisent pas".
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