BCE : la dernière hausse des taux ne devrait pas freiner la croissance
Le Conseil des gouverneurs devrait maintenir son approche fondée sur les données et décision par décision...
Les responsables de la Banque centrale européenne ont pesé la nécessité de nouvelles mesures face à l'inflation, tout en estimant qu'une hausse des coûts d'emprunt ne freinerait pas la croissance, selon les 'Minutes' de la réunion de septembre. Le compte rendu du rendez-vous des 9 et 10 septembre, au cours de laquelle les décideurs ont opté pour un nouveau resserrement monétaire en réponse au choc énergétique, montre que les discussions ont porté sur le calibrage d'une telle mesure.
"S'il a été noté que la réponse devait rester proportionnée, il a également été souligné qu'un taux de facilité de dépôt de 2,5% se situait dans la fourchette des taux d'intérêt neutres estimés par les services de la BCE", indique l'institution dans le document. "La communication doit rester neutre, sans laisser entendre que la décision actuelle constituait une nouvelle étape d'un cycle de resserrement prédéterminé ni qu'il s'agissait de la dernière hausse des taux", peut-on également lire dans le compte rendu.
Les défis de la BCE se sont intensifiés depuis septembre. L'inflation, qui approche les 4%, alimente les anticipations de plusieurs hausses de taux supplémentaires, alors même que les investisseurs se séparent des obligations de la France et d'autres pays très endettés, attisant les craintes d'une nouvelle crise de la dette, à peine dix ans après la précédente.
Lors de leur prochaine réunion de politique monétaire, dans trois semaines, les responsables devraient maintenir le taux de facilité de dépôt inchangé, bien que certains, dont Ante Zigman, membre croate du Conseil des gouverneurs, prévoient un débat animé. Une nouvelle hausse, venant s'ajouter à celles de juin et septembre, est largement attendue pour la dernière réunion de l'année en décembre.
Le chef économiste Philip Lane a réaffirmé jeudi qu'une réponse "mesurée" au choc énergétique provoqué par la guerre en Iran était appropriée, dans la mesure où les répercussions sur le reste de l'économie demeurent limitées. "L'inflation durablement élevée que nous observons dans nos projections de septembre et l'absence de résolution des conflits au Moyen-Orient, en Ukraine et ailleurs plaident en faveur d'un resserrement des taux directeurs", a, de son côté, déclaré Primo Dolenc, gouverneur de la Banque centrale slovène. "Mais nous déterminerons quand et dans quelle mesure réunion après réunion, en fonction des données qui nous parviendront", a-t-il insisté.
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