Automobile: en Asie, la flambée des carburants dope l'électrique
Avec la flambée des prix du carburant entraînée par la guerre au Moyen-Orient, les concessionnaires de véhicules électriques voient leur affluence bondir en Asie du Sud-Est, du Vietnam aux Philippines, une aubaine pour les constructeurs chinois et le champion vietnamien Vinfast.
"Nous devons calculer nos dépenses mensuelles, celles d'essence ont augmenté", explique Do Thi Lan, employée de bureau vietnamienne dont la famille envisage de passer d'un véhicule à essence à l'achat d'un électrique, "financièrement bien plus avantageux".
Le cours du pétrole brut a flambé d'environ 50% depuis le début du conflit et grimpe régulièrement au-dessus des 100 dollars le baril, affectant les prix à la pompe en Asie, région dépendante des approvisionnements énergétiques du Golfe.
"Un véhicule électrique est bien plus avantageux en termes de coûts, d'économies de carburant et d'absence de files d'attente à la station-service", complète Dao Thi Hue, institutrice elle aussi croisée samedi à Hanoï dans un magasin Vinfast.
Le constructeur vietnamien de véhicules électriques, coté au Nasdaq, a enregistré une envolée de 127% sur un an de ses ventes au Vietnam en mars, à quelque 27.600 voitures.
Environ 40% des voitures vendues au Vietnam en 2025 étaient électriques mais le boom s'accélère.
"Aujourd'hui, le coût du carburant est un critère déterminant (...) en mars, nous avons vendu entre 300 et 400 voitures, contre 200 à 250 par mois d'habitude", constate Pham Minh Hai, directeur adjoint des ventes d'une concession Vinfast.
"Le mois dernier, plus de la moitié de mes clients passaient d'une voiture à essence à une électrique. La fréquentation de notre showroom a augmenté de 30 à 40%", explique-t-il.
Hors Vietnam, la tendance profite aux constructeurs chinois spécialistes de l'électrique, en particulier BYD, grand rival de Tesla.
"Coût exorbitant"
Au salon de l'Auto de Bangkok, achevé début avril, BYD est le constructeur qui a engrangé le plus de commandes, dépassant pour la première fois le japonais Toyota.
"Je conduis presque 100 km par jour (...) Compte tenu (des prix) des carburants et de l'incertitude sur la durée (de la situation), c'est devenu un facteur-clé me poussant à passer" à l'électrique, confiait Pleng Nawintham, pharmacienne thaïlandaise de 36 ans.
Aux Philippines aussi, BYD voit ses ventes frémir: Mae Anne Clarisse Bacquiano, responsable d'une concession dans la banlieue de Manille, se réjouit d'une "affluence bien supérieure".
"C'est entièrement dû à la flambée du carburant. La différence de dépenses est énorme", indique-t-elle, précisant que tous les véhicules de son stock mensuel étaient déjà réservés.
"Je ne m'attends pas à ce que les prix de l'essence baissent dans les prochains mois", abonde Arlone Abello, entrepreneur en cryptomonnaies, croisé dans le magasin.
Alors que ses ventes reculent en Chine, sous pression d'une féroce concurrence locale, BYD mise sur cet élan à l'international.
L'entreprise a indiqué récemment à des analystes, dont ceux d'UBS, qu'elle pourrait désormais dépasser 1,5 million de véhicules exportés en 2026, bien au-delà de l'objectif de 1,3 million dévoilé en janvier.
"Changement structurel"
Déjà, tous constructeurs confondus, les exportations de voitures électriques chinoises, dont l'Asie du Sud-Est est un débouché majeur, ont doublé en mars sur un an, selon la fédération professionnelle CPCA.
Le facteur économique l'emporte sur de précédentes considérations écologiques: "il y a la réaction individuelle des consommateurs face à la flambée soudaine des prix de l'essence et du diesel", indique à l'AFP Euan Graham, analyste du cabinet Ember.
"Mais un autre facteur d'accélération massive serait un changement structurel des politiques gouvernementales", prenant conscience "de l'impératif stratégique de réduire leur dépendance aux hydrocarbures", insiste-t-il.
"Je m'attends à ce que (la crise actuelle) accélère le déploiement en cours" de l'électrique dans la région, observe-t-il, ajoutant que l'installation de stations de charge est aussi "extrêmement rapide".
Jakarta, soulignant "le niveau élevé" de consommation d'énergies fossiles, promettait d'ailleurs jeudi "des mesures plus concrètes pour accélérer le développement d'un écosystème national de véhicules électriques".
L'électrique brille au-delà de l'Asie du Sud-Est: "les immatriculations de véhicules électrifiés au Japon, en Corée et en Nouvelle-Zélande ont plus que doublé en mars et progressé de plus de 50% en Inde, en Australie et (dans) de nombreux marchés européens", note Capital Economics.
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