Taux : regain de tensions sur la dette française
Logique ?
Retour des tensions sur la dette française au sortir d'un week-end de violences inédites depuis plusieurs années dans l'Hexagone. Les obligations d'État reculent ainsi nettement et les rendements se tendent (ils évoluent en sens inverse) : le taux de l'OAT à 10 ans grimpe de 7 points de base à 4,870%. L'écart de rendement (le fameux "spread") entre la France et l'Allemagne progresse de 6,5 pb à 143,8 points de base et s'approche des 150 pb, une zone associée à la précédente crise de la dette dans la zone euro.
La France a été secouée, durant le week-end, par une vague d'attaques visant des bâtiments publics, des commerces et des restaurants ; par ailleurs, les syndicats ont appelé à une grève nationale le 5 novembre. Or, avec une dette colossale et un déficit budgétaire parmi les plus élevés de la zone euro, le gouvernement ne peut pas simplement accroître ses dépenses pour apaiser la population. "La France est aujourd'hui confrontée à une crise sociale, une crise migratoire, une crise énergétique, une crise économique et une crise budgétaire", explique à 'Bloomberg' Louis-Vincent Gave, de Gavekal Research. "Tout cela survient alors que le président français est en fonction, mais sans exercer réellement le pouvoir. Rien de ce qui s'est produit ce week-end ne laisse entrevoir une hausse de l'euro ou une baisse des rendements obligataires français".
Ces violentes manifestations surviennent alors que la classe politique débat du projet de budget pour 2027. Le texte, présenté par le gouvernement, prévoit 43 milliards d'euros de mesures destinées à réduire le déficit. Parvenir à un compromis semble ardu au sein d'un parlement profondément divisé, une tâche qui pourrait s'avérer encore plus complexe à six mois de l'élection présidentielle. "Bien que les manifestations violentes ne soient pas représentatives de l'immense majorité de la population, les événements du week-end soulignent néanmoins l'exercice d'équilibriste auquel le gouvernement est confronté, tiraillé entre l'apaisement de la population et celui des marchés", souligne Erik Liem, stratégiste chez Commerzbank.
L'examen de la note souveraine de la France par Moody's, prévu vendredi, constituera un nouvel indicateur de la santé budgétaire du pays ; une dégradation est considérée comme l'issue la plus probable, compte tenu de la perspective 'négative' associée à la note actuelle.
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