Renault : l'électrique et l'international comme piliers du nouveau plan stratégique
"FutuREady" a été présenté ce matin...
Renault mise sur l'électrique et l'international grâce à un rythme soutenu de lancements et à un plan stratégique visant à installer dans la durée le redressement récent du groupe au losange. Le constructeur automobile, dirigé depuis l'été dernier par l'ancien directeur des achats et des partenariats, François Provost, prévoit de lancer 36 nouveaux produits au cours des cinq prochaines années dans le cadre de son plan "FutuREady", contre 32 lors du plan précédent, dont 14 hors d'Europe contre huit sur les cinq années passées. Seize des 22 véhicules prévus en Europe d'ici 2030 seront électriques.
"Avec le plan Renaulution, nous avons prouvé que nous pouvions gagner, maintenant nous devons prouver que nous pouvons durer", a dit François Provost lors d'une conférence. Le plus petit des constructeurs automobiles historiques veut s'appuyer sur sa propre technologie pour développer des produits compétitifs en Europe, mais aussi développer sa présence hors du continent, notamment en Inde, en Amérique du Sud et en Corée du Sud, cette fois grâce à des partenaires comme le chinois Geely.
Grâce à cette offensive, la marque Renault devrait dépasser les deux millions de ventes par an d'ici 2030, pour moitié hors d'Europe, et 100% de ventes électrifiées en Europe et 50% hors d'Europe. L'an dernier, la marque au losange a écoulé 1,6 million de véhicules, dont 62% sur le marché européen.
Renault est en meilleure santé qu'il y a cinq ans, quand de lourdes pertes l'avaient contraint à réduire sa présence hors d'Europe et à supprimer plusieurs milliers d'emplois. Mais depuis le marché automobile mondial est "devenu plus compétitif que jamais", a ajouté François Provost. A l'arrivée de nouveaux concurrents s'ajoutent les incertitudes sur les choix technologiques futurs, notamment en matière d'électrification. L'essor plus lent que prévu de l'électrique sur plusieurs marchés et le changement de cap de l'administration Trump sur la trajectoire de décarbonation aux Etats-Unis ont ainsi acculé plusieurs concurrents à des charges massives. Renault n'est présent ni aux Etats-Unis, ni en Chine, mais compte se battre pour les 55% restants du marché mondial.
Renault a réaffirmé ses objectifs de marge opérationnelle à moyen terme, comprise entre 5% et 7%, et de flux de trésorerie disponible automobile d'au moins 1,5 milliard d'euros par an en moyenne. L'entreprise prévoit de réduire ses coûts variables par véhicule d'environ 400 euros par an. Elle entend également abaisser davantage ses dépenses en utilisant en moyenne 30% de pièces en moins par véhicule et déploiera 350 robots humanoïdes pour les travaux lourds et les tâches à faible valeur ajoutée. "Devenir le constructeur automobile de référence en Europe signifie avoir l'ambition de concevoir et de produire en Europe des produits qui soient les meilleurs de leur catégorie en termes d'attractivité, de technologie et de compétitivité", a déclaré le DG.
"Sur le moyen terme, Renault Group entend générer des résultats financiers solides et résilients", relèvent dans une note les analystes de JPMorgan, soulignant que la stratégie du groupe demeure axée sur les produits. "Les objectifs et ambitions financiers étaient déjà connus depuis le mois dernier, donc pas de surprises. Plus largement, le plan futuREady signale une orientation vers des lancements de produits plus fréquents et une réduction drastique des coûts afin de concurrencer les équipementiers chinois en matière d'innovation et de rapidité ", affirme Oddo BHF. Outre les ambitions générales de réduction des coûts, qui incluent notamment un développement plus rapide et une simplification globale, l'accent mis sur l'efficacité du segment C à forte marge et le succès de l'offensive internationale robuste offrent une feuille de route claire pour la résilience des marges, même si la mise en oeuvre sera évidemment cruciale, ajoute le courtier, à 'surperformer'.
Le titre sous-performe légèrement après ces annonces avec une action qui avance de 1,6% à 28,5 euros.
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