Marchés : un membre de la BCE met en garde contre un risque de correction lié à l'optimisme entourant l'IA
Les inquiétudes concernant les risques liés à l'IA se sont intensifiées à mesure que des milliards de dollars sont investis dans cette technologie...
Fabio Panetta, membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, a averti que les valorisations excessivement optimistes des entreprises technologiques pourraient rendre les marchés vulnérables à de brutales corrections. "Les prix actuels des actifs reflètent des attentes optimistes quant à la rentabilité future de l'IA", a déclaré le gouverneur de la Banque d'Italie lors d'un discours repris par 'Bloomberg. "Ces valorisations aident les entreprises technologiques à lever des capitaux et à soutenir de nouveaux investissements, mais elles rendent également les marchés vulnérables à de brutales corrections lorsque les attentes ne sont pas satisfaites, comme l'a illustré la récente volatilité des valeurs technologiques".
Les inquiétudes concernant les risques liés à l'IA se sont intensifiées à mesure que des milliards de dollars sont investis dans cette technologie, alimentant le débat sur le caractère excessif des valorisations et sur les conséquences qu'une correction brutale du marché pourrait avoir pour l'économie mondiale.
F.Panetta a également abordé les avantages et les risques du développement rapide de l'IA. Les banquiers centraux européens ont souligné à maintes reprises que la région ne devait pas se laisser distancer ; le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, a ainsi déclaré plus tôt ce mois-ci que l'IA constituerait un "test décisif" pour l'Europe. "Pour la politique monétaire, l'implication est claire : il ne suffira pas d'estimer les effets de l'IA sur la productivité... Nous devrons également comprendre qui bénéficie de ces gains, car leur répartition contribuera à façonner la demande globale et, in fine, l'inflation". Il a indiqué que, selon les calculs de son institution, une adoption généralisée de l'IA en Italie pourrait accroître la croissance de la productivité du travail de plus d'un point de pourcentage par an. Toutefois, compte tenu des multiples variables en jeu, il est difficile d'estimer l'impact global de l'IA.
"Le calendrier, l'ampleur et la transmission de ces effets sont très incertains", a déclaré le responsable. Si l'IA génère principalement de nouvelles tâches et accroît les revenus du travail escomptés, les ménages pourraient se sentir plus riches et plus confiants quant à l'avenir. Cela pourrait stimuler la consommation et renforcer le boom de l'investissement, ce qui, à son tour, risquerait d'entraîner une inflation plus persistante, a-t-il expliqué.
"En revanche, si l'automatisation l'emporte, une incertitude accrue concernant l'emploi et les salaires pourrait inciter les ménages à épargner davantage et à moins consommer... Un ralentissement de la consommation pourrait alors compenser une partie du boom de l'investissement, faisant apparaître plus tôt les effets désinflationnistes de l'IA", a-t-il souligné.
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