Banques : le secteur secoué
Rouge vif !
Dans un marché qui pique du nez en fin de séance, le secteur bancaire pèse sur la tendance avec des chutes prononcées pour les grands acteurs européens. L'indice Stoxx 600 Banks abandonne actuellement plus de 4%, et est en bonne voie pour connaître sa pire journée depuis avril. Outre l'escalade du conflit au Moyen-Orient et ses répercussions potentielles sur la croissance mondiale, les signes de fragilité dans le segment du crédit privé entretiennent la nervosité ambiante. La Deutsche Bank a d'ailleurs révélé avoir une exposition de 26 milliards d'euros au crédit privé.
Dans son rapport annuel, la banque a déclaré ne pas être exposée à des "risques significatifs" liés aux institutions financières non bancaires, mais qu'elle pourrait être confrontée à des risques indirects potentiels du fait de l'interconnexion de ses portefeuilles et de ses contreparties. Tout en identifiant le crédit privé comme un "risque clé", le rapport ne mentionne aucune perte ni provision liée à cette exposition, qui représente environ 5% de son portefeuille de prêts.
"Nous estimons que l'exposition au crédit privé et au secteur technologique est bien gérée et nous ne voyons aucune source d'inquiétude particulière à ce stade ", affirment les analystes de Kepler Chevreux cités par 'Bloomberg'. "On observe des similitudes avec le début de la guerre en Ukraine. À court terme, les investisseurs ont tendance à se concentrer sur l'impact de la crise sur l'économie et sur le coût du risque pour les banques, plutôt que sur les perspectives de hausse des taux d'intérêt", ajoute Jerôme Legras, responsable de la recherche chez Axiom Alternatives Investments. "Les inquiétudes concernant le crédit privé, apparues bien avant les frappes américaines contre l'Iran, contribuent au pessimisme ambiant, malgré la faible exposition des banques européennes à cette classe d'actifs".
Le marché du crédit privé, qui pèse 1.800 milliards de dollars, connaît d'importants retraits à la suite de plusieurs faillites retentissantes d'entreprises. Ces faillites ont suscité des inquiétudes croissantes quant à la qualité des prêts et à l'exposition aux sociétés de logiciels, dont les modèles économiques sont menacés par les progrès fulgurants de l'intelligence artificielle. Le dernier choc en date, qui a ébranlé les banques et les prêteurs privés, est la faillite du prêteur hypothécaire britannique Market Financial Solutions, accusé de fraude.
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