Soupçons de discrimination chez Air France-KLM, le titre impassible
(Zonebourse.com) - Une note interne d'Air France, révélée par Mediapart, écarterait certains membres d'équipage des vols vers Israël en raison de leur nationalité. Une mesure dénoncée par la CGT, qui pointe une discrimination contraire aux engagements affichés par la compagnie.
Que se passe-t-il chez Air France ? Vendredi dernier, les salariés ont pris connaissance d'une note interne adressée aux pilotes et aux PNC (personnel navigant commercial) long-courrier. Son contenu précise qu'un membre d'équipage entrant dans l'espace aérien israélien ne doit pas détenir la nationalité ou la double nationalité d'un Etat n'entretenant pas de relations diplomatiques avec Israël.
Une exigence jugée "particulièrement grave et inacceptable" par les représentants de la CGT. En effet, le droit français du travail, auquel sont soumis les salariés de la compagnie, prévoit qu'aucune personne ne peut être écartée en raison de son appartenance vraie ou supposée à une ethnie, à une nation ou à une prétendue race, ou de ses opinions politiques.
Selon un article publié ce week-end par Mediapart, qui a dévoilé cette mesure, 31 nationalités sont visées. Comme si un lien pouvait être établi entre la nationalité d'un salarié et le risque qu'il pourrait représenter pour la sécurité aérienne...
Interrogé à ce sujet, Air France ne nous a pas répondu à l'heure où nous écrivons ces lignes. Impossible, pour le moment, de savoir si la compagnie a procédé à une analyse juridique de cette mesure.
Sur le site de la compagnie, la page "Diversité et Inclusion" précise pourtant que "partout dans le monde, dans tous nos métiers, nos 80 000 collaboratrices et collaborateurs incarnent chaque jour les valeurs d'ouverture et de diversité qui sont notre ADN et celui de nos marques".
Pour la CGT, ces engagements ne peuvent rester déclaratifs : "Air France ne peut se contenter d'afficher des principes de lutte contre les discriminations : ils doivent aussi guider ses décisions et la manière dont elle traite ses salariés".
Chez AlphaValue, Arthur Kuntz rappelle que cette mesure présente surtout un risque d'image pour le groupe, plutôt qu'un risque financier. "Air France a d'abord envisagé de recenser la nationalité des équipages, une démarche qui aurait soulevé de sérieux problèmes au regard du RGPD et de la législation sur la discrimination. Désormais, la compagnie demande aux membres d'équipage concernés de se retirer d'eux-mêmes des rotations vers Tel-Aviv, sans avoir à justifier leur décision. Cette approche permet d'écarter l'essentiel du risque juridique", indique l'analyste.
La directive israélienne a été mise en place après qu'un avion de la compagnie Flydubai qui reliait Dubaï à Tel-Aviv, a été dérouté en urgence vers l'Arabie saoudite mercredi 30 septembre. Le copilote omanais de l'appareil avait poignardé le pilote indien, tentant de provoquer un crash de l'appareil.
Pour l'instant, la mesure prise par la compagnie tricolore ne semble pas émouvoir outre mesure les marchés : son titre progresse de 0,4% à la Bourse de Paris, vers 10,7 euros.
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source : AOF
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