Universal Music Group plonge, les abonnements déçoivent
(Zonebourse.com) - Universal Music Group décroche de 22 % à la Bourse d'Amsterdam vendredi, enregistrant la plus forte baisse de l'indice AEX. Le marché sanctionne le ralentissement de la croissance des revenus issus des abonnements, considérés comme le principal moteur de création de valeur du numéro un mondial de la musique. Dans son sillage, Vivendi, premier actionnaire du groupe, abandonne 17 % à la Bourse de Paris et occupe la dernière place de l'indice SBF 120.
Au deuxième trimestre, la croissance des revenus liés aux abonnements est ressortie à 6,7%, contre 7,9 % au premier trimestre et 9,4% attendus par le marché. La direction attribue ce ralentissement à un calendrier de sorties moins favorable, à une perte temporaire de parts de marché et à une baisse des promotions proposées par les plateformes de streaming.
Cette déception a éclipsé une progression de 13,3% du chiffre d'affaires, à 3,29 milliards d'euros à taux de change constants. Cette croissance a principalement été soutenue par la consolidation de Downtown Music et par les hausses de prix appliquées par les plateformes de streaming.
La rentabilité s'est en revanche révélée plus faible qu'espéré. L'Ebitda ajusté n'a progressé que de 1,5%, à 674 millions d'euros, soit environ 5% sous les attentes du consensus. Les marges ont été pénalisées par un mix d'activités moins favorable, la montée en puissance des services musicaux, moins rentables, ainsi que par une hausse des frais juridiques liés à la protection des droits d'auteur et aux litiges autour de l'intelligence artificielle.
Le bénéfice net a reculé de 84,5%, à 222 millions d'euros, tandis que le flux de trésorerie disponible est tombé à 24 millions d'euros, contre 163 millions un an plus tôt. Dans le même temps, la dette nette a fortement augmenté, passant de 2,39 milliards d'euros fin 2025 à 4,13 milliards d'euros à la fin du premier semestre 2026, sous l'effet de l'acquisition de Downtown, du versement de dividendes et des rachats d'actions.
Malgré cette publication jugée décevante, les analystes ne remettent pas en cause les perspectives de moyen terme du groupe.
UBS maintient une recommandation neutre, estimant que la croissance des abonnements pourrait repartir au second semestre grâce à un calendrier de sorties plus riche, à des gains de parts de marché, aux économies de coûts et aux futurs développements liés à l'intelligence artificielle. La banque considère toutefois que le marché attendra des signes concrets d'une réaccélération des abonnements, d'une amélioration des marges et d'un redressement de la génération de trésorerie avant de redevenir plus optimiste.
De son côté, ING conserve sa recommandation d'achat avec un objectif de cours de 27,20 euros. La banque estime que les contre-performances du trimestre sont en grande partie liées à des facteurs temporaires, tout en soulignant que la hausse des coûts juridiques pourrait devenir plus structurelle. Elle note également que les bénéfices du programme d'économies restent encore peu visibles, une partie des gains ayant été réinvestie dans des initiatives de croissance, notamment dans l'intelligence artificielle.
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source : AOF
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