JPMorgan propulse ArcelorMittal en tête du CAC 40
(Zonebourse.com) - ArcelorMittal occupe la tête du CAC 40. Le titre grimpe de 5,72% à 57,64 euros, au sein de l'indice phare parisien, soutenu par une note favorable de JPMorgan publié ce vendredi. La banque américaine a relevé recommandation sur l'action du géant de la sidérurgie, passant de sous-pondérer à neutre, tout ne rehaussant son objectif de cours de 45 euros à 57 euros.
Dans sa note d'analyse, JP Morgan justifie sa décision estimant qu'ArcelorMittal affichera une bonne santé financière dans les deux années à venir, bien qu'elle n'anticipe pas de potentiel de surprise positive significative lors de la publication des résultats du deuxième trimestre prévue le 30 juillet : "Notre prévision d'EBITDA pour le producteur mondial d'acier s'établit à 1,93 MdUSD, soit 5% de moins que le consensus qui table sur 2,02 MdsUSD. En revanche, nous prévoyons une croissance de l'EBITDA d'environ 20 et 25% respectivement pour 2027 et 2028 par rapport aux estimations de 2026. Selon nos calculs, ArcelorMittal se négocie actuellement sur des multiples VE/EBITDA prévisionnels de 5,7x pour 2027 et 5,3x pour 2028".
En outre, JP Morgan "continue de prévoir un retour du pouvoir de fixation des prix (pricing power) pour les entreprises sidérurgiques européennes, ainsi qu'une croissance des bénéfices pour 2026/2027".
ArcelorMittal devrait également bénéficier d'un environnement de prix favorable sur le marché nord-américain grâce à la montée en puissance de son site de Calvert (Etats-Unis). De plus, le groupe sidérurgique propose un programme de rachat d'actions qui présente un potentiel d'augmentation supplémentaire, soutenu par la récente vente de sa participation dans Vallourec.
Cependant, le géant bancaire des Etats-Unis apporte de la nuance et souligne que "le titre ArcelorMittal se négocie actuellement en ligne avec sa juste valeur (fair value), ce qui limite son potentiel de hausse".
En outre, il base son objectif de cours à fin décembre 2027 sur une moyenne pondérée (80%/20%) entre deux méthodes :
1/ l'approche par multiples : un multiple VE/EBITDA prévisionnel d'environ 4,0x à 5,5x selon les segments (incluant l'EBITDA proportionnel des coentreprises),
2/ l'approche par actualisation des flux de trésorerie (méthode DCF) : elle est basée sur un ratio P/VNA (cours / valeur nette des actifs) de 0,85x, d'un CMPC (coût moyen pondéré du capital) nominal de 10% et une croissance à l'infini (valeur terminale) de 1,5%
"Nous estimons qu'une approche par DCF intègre correctement les obligations de décarbonation à long terme, qui sont essentielles pour la thèse d'investissement sur le titre. Notre objectif de multiple VE/EBITDA est conforme à la moyenne historique d'ArcelorMittal afin de refléter la normalisation des bénéfices à partir de l'exercice estimé 2026", indique JP Morgan.
Plusieurs facteurs de risques à surveiller
L'évaluation de la recommandation et de l'objectif de cours reste toutefois soumise à plusieurs facteurs de risques, à la hausse comme à la baisse.
Tout d'abord, l'évolution des prix de l'acier dans les régions clés ainsi que la volatilité des cours des matières premières constituent des variables critiques. Le minerai de fer demeure notamment l'intrant principal des hauts fourneaux (BF) majoritairement exploités par ArcelorMittal. Les fluctuations de son prix impactent directement les marges, même si cette société bénéficie d'une couverture interne à hauteur de 60%.
De plus, la dynamique de la demande intérieure d'acier en Chine joue un rôle majeur. Une orientation meilleure ou plus mauvaise que prévu de ce marché viendrait respectivement atténuer ou intensifier la concurrence par voie maritime sur les marchés historiques d'ArcelorMittal en Europe et aux Etats-Unis.
Parallèlement, la gestion financière et stratégique de l'entreprise influencera grandement les performances futures. Des dépenses d'investissement (capex) plus faibles ou plus élevées que prévu modifieront la génération de trésorerie, avançant ou retardant le retour de valeur pour les actionnaires.
En outre, la pertinence des opérations de fusions-acquisitions (M&A) viendra soutenir ou, au contraire, brider le potentiel de redistribution du capital excédentaire.
Quant à la capacité de l'entreprise à atteindre ses objectifs environnementaux dans les temps, elle représente un enjeu de taille. Tout retard dans la trajectoire de décarbonation, combiné à la hausse des coûts du carbone, pèsera durablement sur les marges à long terme.
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source : AOF
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