Wall Street plombée par les cours de l'or noir et les chiffres de l'emploi
(Zonebourse.com) - Moins d'une heure avant le coup d'envoi à Wall Street, les principaux indices américains sont attendus en net repli. Selon les "futures" sur actions, le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq 100 devraient céder entre 1,2% et 1,4% à l'ouverture des marchés. La situation au Moyen-Orient et les cours de l'énergie préoccupent les investisseurs, tout comme les chiffres de l'emploi qui sont ressortis très loin des attentes.
L'heure n'est pas à l'accalmie au Moyen-Orient. L'armée israélienne maintient son offensive bicéphale, avec un front à Téhéran et l'autre au Liban, tandis que les États-Unis ont affirmé avoir détruit un porte-drones iranien et plus de 30 navires depuis le 28 février. Un sous-marin américain avait déjà coulé la frégate iranienne Dena hier qui naviguait à plus de 2 000 milles des côtes iraniennes.
L'ambassade iranienne à Paris a réagi en évoquant "une nouvelle étape franchie" et "une escalade extrêmement dangereuse, qui étend le théâtre de la guerre bien au-delà des côtes iraniennes et met en cause la sécurité de la navigation internationale".
Alors que le conflit semble en phase d'intensification, les autorités iraniennes ont rappelé que les navires militaires, de commerce ou autres appartenant aux États-Unis, au régime israélien, à certains pays européens ou aux États qui participent directement à l'agression contre l'Iran n'étaient pas autorisés à franchir le détroit d'Ormuz.
Le blocage de cet étroit passage maritime à l'est de la péninsule arabique reste au coeur des préoccupations des marchés et pèse sur les cours de l'énergie. Le WTI s'envole de 8%, autour des 85,6 USD et le Brent est à 5%, à 89 USD le baril. Témoignant de la nervosité à l'oeuvre sur les marchés, le VIX (l'indice de la peur) évolue vers 25,4 ( 7%).
Frederik Ducrozet, à la tête de la recherche macroéconomique chez Pictet WM, estime que les conséquences macroéconomiques d'un choc pétrolier seraient "réelles mais gérables", et moins sévères que lors des chocs pétroliers des années 1970 ou de 2022.
Le scénario privilégié par le spécialiste est une désescalade du conflit, même si une prime de risque géopolitique pourrait maintenir les prix de l'énergie élevés pendant un certain temps.
A long terme, la banque conserve une prévision de 60 USD le baril, en raison d'un excès d'offre structurel sur le marché pétrolier.
Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPR AM, estime d'ailleurs que la dépendance de l'économie mondiale au pétrole a fortement diminué ces dernières décennies. L'expert pointe les gains d'efficacité énergétique, la montée des services, l'électrification des usages et les politiques environnementales.
Il rappelle que grâce à ces transformations, les économies développées ont pu absorber un baril au-dessus de 100 USD en 2022 sans entrer en récession.
Enfin, selon Christopher Dembik (Pictet AM), "le vrai problème n'est pas le transport des hydrocarbures mais celui de l'urée, un engrais azoté essentiel pour l'agriculture qui est, en revanche, très dépendant de cette voie de passage". Il estime qu'un blocus serait une épine dans le pied des pays agricoles de la région, en particulier l'Égypte. "Pas suffisant, toutefois, pour provoquer une crise économique mondiale".
Les valeurs en mouvement
Naviguant à vue dans ce contexte d'incertitudes, les investisseurs peuvent se concentrer sur les résultats bien tangibles des sociétés. Hier, Broadcom a achevé la séance sur un gain de 5,2%, au lendemain de la publication de ses solides résultats au premier trimestre de son exercice fiscal 2026.
Plusieurs sociétés de réservation de voyages ont aussi vu leur titre s'envoler à New York. Expedia a achevé la séance avec un gain de 13,4%, tandis que Booking s'adjugeait 8,5%, porté par l'abandon du projet d'OpenAI de permettre aux utilisateurs d'effectuer des réservations directement via sa plateforme. Booking et Expedia affichent toutefois des reculs à deux chiffres depuis le début de l'année et devront confirmer ce rebond aujourd'hui.
Enfin, les compagnies aériennes sont toujours les lanternes rouges des indices US, avec notamment -5% pour United Airlines, -5,4% pour American Airlines et même -6,9% pour Southwest, impactées par le conflit au Moyen-Orient et la hausse du carburant.
Les investisseurs viennent en outre de prendre connaissance des résultats de Costco qui ont dépassé les attentes trimestrielles. Les ventes comparables, hors essence, ont progressé de 6,7%, contre un consensus de 5,88%.
Des chiffres de l'emploi très éloignés des attentes
Sur le front des statistiques, les intervenants viennent de prendre connaissance des chiffres de l'emploi outre-Atlantique. L'emploi total non agricole a légèrement diminué de 92 000 postes en février (contre 59 000 postes attendus), et le taux de chômage est resté quasiment stable à 4,4% (vs 4,3% précédemment), selon les données publiées aujourd'hui par le Bureau des statistiques du travail.
Par ailleurs, les ventes au détail sont en repli de 0,2% là où les économistes attendaient un repli de 0,3%.
Enfin, l'or est stable autour des 5 080 USD l'once tandis que le dollar grappille 0,2% face à la monnaie unique, autour des 0,86 EUR.
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source : AOF
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