Rebond à Wall Street : statu quo de la Fed, envolée de Microsoft et tensions en Iran
(Zonebourse.com) - Au lendemain de la décision de politique monétaire de la Fed, les marchés actions américains repartent nettement à la hausse, plus de 90 minutes après l'ouverture de la séance. Outre la trajectoire des taux d'intérêt, le déluge de résultats d'entreprises capte toujours toute l'attention des investisseurs. Ils restent aussi vigilants face à l'escalade militaire au Moyen-Orient. Vers 17h15, porté par le secteur technologique, le Nasdaq gagne 2,2% à 24 981,07 points. Le S&P 500 s'adjuge 0,95% à 7 385,63 points. Le Dow Jones progresse plus modestement de 0,36% à 51 780,29 points.
Les Etats-Unis ont annoncé ce jeudi l'achèvement d'une "lourde série" de bombardements sur l'Iran. Selon l'armée américaine, des "frappes ont visé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones, des sites de surveillance et de défense côtières, ainsi que des infrastructures maritimes.
De son côté, les Iraniens ont confirmé le décès de trois personnes après cette attaque américaine. "Dans l'attaque brutale menée par le régime terroriste des Etats-Unis criminels ce jeudi, trois braves et dévoués membres (...) des Gardiens de la Révolution dans la province de Zanjan sont devenus des martyrs", a informé la branche régionale de l'armée idéologique de la République islamique, dans un communiqué cité par l'agence Tasnim.
Conséquence directe de cette escalade au Moyen-Orient, les marchés restent sous tension, bien que les cours du pétrole s'affichent à nouveau dans le rouge. Le baril de Brent cède 0,52% à 90,24 dollars, pâtissant des craintes sur la demande. Le WTI cède 0,11% à 84,54 USD.
Microsoft grimpe, Meta dégringole
En parallèle à l'évolution du conflit américano-iranien, les résultats d'entreprises se poursuivent. Microsoft bondit de près de 14% au lendemain de la publication de résultats supérieurs aux attentes au 4e trimestre de son exercice décalé. Le bénéfice net ressort à 35,8 MdsUSD, en hausse de 31% sur un an. Le chiffre d'affaires a augmenté de 18% pour s'établir à 90,01 MdsUSD, dépassant les 87,62 MdsUSD anticipés par le marché. Les revenus ont été portés par une flambée de ceux de sa plateforme de cloud computing, Azure.
Arm grimpe de plus de 6% à la faveur de prévisions de chiffre d'affaires et de bénéfices supérieures aux attentes, portées par la forte demande pour ses architectures de puces destinées aux centres de données d'intelligence artificielle et par le succès de son nouveau processeur AGI CPU. L'entreprise du secteur des semi-conducteurs prévoit un chiffre d'affaires de 1,38 MdUSD au 2e trimestre, supérieur au consensus des analystes de 1,34 MdUSD. Le bénéfice ajusté est attendu à 0,47 USD par action, contre 0,43 USD attendu. Au 1er trimestre, Arm a enregistré un chiffre d'affaires de 1,29 MdUSD et un bénéfice ajusté par action de 0,45 USD, deux indicateurs supérieurs aux attentes du marché.
Mastercard ( 1,2%) progresse aussi suite à la publication de bons résultats au 2e trimestre, portés par le dynamisme de ses services et solutions à valeur ajoutée. Le bénéfice net ajusté a crû de 18% à 4,5 MdsUSD, soit 5,04 USD par action ( 21%). Le BPA dépasse ainsi l'estimation moyenne des analystes : moins de 4,80 USD. Le fournisseur de solutions de paiement a vu sa marge opérationnelle ajustée s'améliorer de 1,2 point à 61,1% ( 0,8 point hors effets de change), pour des revenus nets en croissance de 14% à 9,3 MdsUSD ( 12% à taux de change constants).
Ferrari ( 2,56%) est l'une des autres valeurs de ce jeudi à évoluer dans le vert. Le constructeur automobile italien progresse grâce au relèvement de ses prévisions annuelles à la suite d'un 2e trimestre meilleur que prévu. Il anticipe désormais un Ebitda d'au moins 2,97 MdsEUR hors éléments exceptionnels cette année alors qu'il tablait auparavant sur plus de 2,93 MdsEUR. Son chiffre d'affaires annuel devrait atteindre les 7,60 MdsEUR contre une précédente estimation de 7,50 MdsEUR. Sur le 2e trimestre, l'Ebitda ajusté (hors exceptionnels) a grimpé de 7% à 755 MEUR contre un consensus de 732 MEUR. Le revenu net a progressé de 8% à 1,94 MdEUR, dépassant le consensus de 1,86 MdEUR.
En revanche, Meta chute de 9%. Les investisseurs sanctionnent un bénéfice inférieur aux attentes et l'accélération des dépenses liées à l'intelligence artificielle au 2e trimestre. Sur cette période, en contraction de 13% sur un an, son bénéfice dilué par action de 6,18 USD est ressorti nettement sous le consensus de 7,187 USD. Cependant, le géant américain des réseaux sociaux et de la publicité numérique a dégagé un chiffre d'affaires de 60,80 MdsUSD, en hausse de 28% sur un an. Il est supérieur aux 60,22 MdsUSD attendus.
Qualcomm (-3,14%) recule aussi en raison de prévisions de bénéfices décevantes pour le 4e trimestre. Le bénéfice ajusté devrait être compris entre 2,05 et 2,25 USD, soit en dessous des attentes des analystes : 2,36 USD. L'entreprise américaine active dans le domaine de la technologie mobile s'attend à une baisse plus rapide de ses revenus provenant d'Apple. Il invoque la hausse des coûts et des difficultés d'approvisionnement, tout en accélérant sa diversification vers les centres de données. De plus, au 3e trimestre, son chiffre d'affaires a reculé de 4%, à 9,95 MdsUSD, tandis que le bénéfice ajusté par action s'est établi à 2,21 USD, légèrement sous le consensus.
Le PIB progresse moins qu'attendu au 2e trimestre
En plus de ces nombreuses publications d'entreprises, la séance en cours à Wall Street a été marquée par une salve d'indicateurs macroéconomiques.
Le produit intérieur brut des Etats-Unis a augmenté de 1,5% au 2e trimestre alors que les analystes espéraient une hausse de 2,1%. Au 1er trimestre, le PIB avait progressé de 2,1%.
Au mois de juin, l'indice PCE, l'indicateur "préféré" de la Fed pour surveiller l'inflation, a moins progressé que prévu. L'indice des prix à la consommation des ménages, qui mesure la variation des prix des biens et services achetés par les particuliers dans le but de les consommer, hors produits alimentaires et énergétiques, a augmenté de 0,1%, contre des attentes à 0,2%. En rythme annuel, il n'a pas réservé de surprise en s'installant à 3,3%.
En outre, le Département du Travail des Etats-Unis indique avoir comptabilisé 197 000 nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage lors de la semaine du 20 juillet, en hausse de 9 000 par rapport au niveau de la semaine précédente (qui a été relevé de 187 000 à 188 000). A titre de comparaison, le consensus anticipait 200 000 nouvelles inscriptions.
Fed : décision sans surprise
Hier, la Fed a sans surprise maintenu son taux directeur dans une fourchette de 3,5% à 3,75%. Trois présidents de Fed régionales ont voté contre cette décision et souhaitaient une hausse de taux, tandis que neuf autres se sont prononcés pour le statu quo. "Warsh a insisté sur le fait que les taux d'intérêt avaient monté sensiblement sur toute la courbe depuis le précédent comité. On a pu comprendre que ce durcissement permettait à la Fed de prolonger son statu quo : "That has provided us some comfort". C'est cela qui a causé une nette pentification de la courbe des taux sur la séance", a commenté Bastien Drut, responsable stratégie & analyse chez CPRAM.
De son côté, Paolo Zanghieri, économiste senior chez Generali Investments estime que "malgré la réaffirmation de l'engagement à lutter contre l'inflation, les marchés ont interprété cette absence de mesure comme un signe d'attitude accommodante. La société de gestion d'actifs table sur une hausse en décembre, mais la probabilité d'une intervention en septembre a clairement augmenté.
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source : AOF
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