Le pétrole reste proche des 90 USD, malgré les révélations du WSJ
(Zonebourse.com) - L'Agence internationale de l'énergie envisage un geste inédit : libérer une quantité de pétrole supérieure aux 182 millions de barils débloqués en 2022 après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, a révélé cette nuit le Wall Street Journal.
La proposition, présentée mardi lors d'une réunion d'urgence des 32 pays membres, vise à calmer un marché qui s'est brutalement tendu à cause de la guerre en Iran. En toile de fond, le quasi-blocage du détroit d'Ormuz, ce goulet par lequel transite près d'un cinquième du pétrole mondial, et qui suffit, lorsqu'il se grippe, à faire trembler toute l'économie mondiale.
Le WSJ souligne que cette initiative répond à un scénario presque fondateur pour l'AIE : une menace directe sur les flux pétroliers du Golfe. Depuis le 28 février, date des premières frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, les cours du brut se sont envolés. Et même s'ils se sont fortement contractés après avoir largement dépassé les 100 USD le baril de Brent, ils demeurent 20 USD au-dessus de leur niveau d'il y a 15 jours.
La crainte d'un engrenage
L'accalmie reste relative: les carburants, notamment le diesel, continuent d'augmenter, et les économistes redoutent déjà le triptyque bien connu des crises énergétiques (inflation, tensions boursières et automobilistes exaspérés à la pompe). Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE, a rappelé que les pays membres disposent au total d'environ 1,8 milliard de barils, soit de quoi compenser quelque 124 jours de pertes d'approvisionnement en provenance du Golfe.
Reste que l'arme des réserves stratégiques n'a rien d'une baguette magique. Le Wall Street Journal rappelle que les précédents déblocages ont parfois eu un effet paradoxal : en 2022, ils avaient d'abord été interprétés comme le signe que la crise était plus grave qu'anticipé, avant de contribuer finalement à la détente des prix. A l'inverse, l'exemple de 1991 fait figure de modèle : au lancement de l'opération Tempête du désert, le déblocage coordonné des réserves américaines et alliées avait provoqué une chute immédiate de plus de 20% des cours.
Dans la matinée du 11 mars, le prix spot du baril de Brent évolue autour de 89,70 USD, en baisse de 1,8%.
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source : AOF
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