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Sondage Nalo : plus de la moitié des jeunes utilisent l'IA pour comprendre la finance

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Sondage Nalo : plus de la moitié des jeunes utilisent l'IA pour comprendre la finance
Credits  ShutterStock.com


Alors que l’inflation, l’incertitude économique et géopolitique, ainsi que les enjeux liés à la préparation à la retraite poussent les particuliers à rechercher des solutions pour valoriser leur épargne, le paysage de l’investissement vit une mutation profonde. L’essor des contenus financiers sur les réseaux sociaux, désormais renforcés par les outils d’intelligence artificielle (ChatGPT, Gemini…), vient bousculer les codes traditionnels. Pourtant, si le digital abaisse les barrières à l'entrée et séduit massivement les jeunes générations, il révèle aussi des fractures persistantes.

C'est dans ce contexte que Nalo, plateforme digitale d'investissement et de conseil financier, publie les résultats de la deuxième vague de son sondage "Les Français et la démocratisation de la culture financière", réalisé en collaboration avec OpinionWay.

Selon les conclusions de ce sondage, les Français continuent d'afficher un intérêt très marqué pour l'épargne : 81% d'entre eux se disent intéressés, dont 27% qui sont très intéressés. Cet attrait pour l'épargne contraste avec leur intérêt plus réservé pour les investissements financiers, qui ne séduisent que moins de la moitié d'entre eux (47%), confirmant l'écart persistant entre la logique de précaution et la démarche d'investissement. 

Alors que l'épargne intéresse presque autant les femmes que les hommes (79% contre 83%), les investissements financiers suscitent sensiblement plus d'intérêt chez les hommes (53%) que chez les femmes (42%). Les jeunes confirment également leur fort attrait pour les investissements financiers : les deux tiers des moins de 35 ans (66%) s'y intéressent, contre 47% des 35-49 ans et 38% des 50 ans et plus.

Ce décalage entre épargne et investissement s'explique notamment par une confiance encore limitée dans leurs connaissances financières. Seul un peu plus d'un tiers des Français (36%, -1 point par rapport à 2025) estiment disposer d'une bonne ou excellente culture financière, une proportion quasi identique à ceux qui la jugent faible (35%, +1 point), dont 19% la considèrent très faible, voire inexistante. Ceux dont le revenu mensuel du foyer est inférieur à 1000 euros (44%), les 18-24 ans (50% contre 28% des 65 ans et plus) et les femmes (43% contre 26% des hommes) sont les plus nombreux à juger leur culture financière comme faible ou inexistante.

Une nette préférence pour les placements sécurisés

Le profil de l'investisseur français reste dominé par une prudence absolue : 80% des sondés privilégient des solutions combinant un risque faible et des gains limités à modérés.

Dans le détail, 41% optent pour des placements offrant un faible gain et sans risque, et 39% pour des placements associant un gain modéré à un risque limité.

A l'inverse, l'appétence pour des placements plus risqués reste minoritaire : 18% se tournent vers des solutions à haut risque et à fort potentiel de gain, dont 12% pour un gain potentiellement élevé associé à un risque de perte important, et 6% pour un gain très élevé avec un risque de perte très important.

Ce faible attrait pour le risque peut expliquer le désintérêt des Français pour l'investissement financier au profit de l'épargne classique. Paradoxalement, ce sont les moins de 35 ans (34% contre 12% pour leurs aînés) et les personnes aux revenus les plus modestes, inférieurs à 2 000 EUR par mois (23%, contre 15% de ceux ayant un revenu supérieur à 3 500 EUR), qui affichent l'appétence la plus forte pour les placements risqués avec un gain potentiel élevé, et ce, malgré un déficit déclaré de connaissances financières.

Cette logique de prudence des Français se retrouve dans les produits qu'ils détiennent effectivement. Si 87% d'entre eux possèdent au moins un produit financier, l'arbitrage en faveur de l'épargne sécurisée est flagrant : 78% détiennent des livrets réglementés ou bancaires, tandis que l'assurance vie et le PER (46%) traduisent une volonté de se projeter dans la durée.

En revanche, les produits associés à l'investissement financier sont moins plébiscités : seuls 17% des Français possèdent des titres boursiers (actions, ETF…) et 7% des cryptomonnaies.

Davantage attirés par les placements risqués mais potentiellement rémunérateurs, les moins de 35 ans sont les plus nombreux à détenir des produits boursiers (22%, contre 16% des 35 ans et plus) et des cryptomonnaies (15%, contre 4%). Si les hommes et les femmes détiennent dans des proportions proches des produits d'épargne sécurisés (respectivement 79% et 77%), les écarts sont nettement plus marqués pour les placements risqués : 24% des hommes possèdent des produits boursiers, contre 11% des femmes, et 10% des cryptomonnaies, contre 4%.


Entre réseaux sociaux et IA : les Français s'informent largement en ligne, mais restent prudents

Si la curiosité des Français pour les sujets financiers ne se dément pas, elle s'appuie désormais sur une diversité de canaux. La presse traditionnelle reste la source de référence pour plus d'un Français sur deux (55%), mais elle est talonnée par les supports numériques : YouTube (46%), Facebook (42%) et les sites spécialisés (42%) sont devenus des piliers de l'information financière. WhatsApp (36%), Instagram (34%) et les podcasts (31%) jouent également un rôle notable. Au total, 60% des Français utilisent les réseaux sociaux pour s'informer sur l'épargne ou l'investissement, et 40% le font au moins une fois par semaine, un chiffre néanmoins plus faible qu'en 2025 (45%, -5 points).

S'informer en ligne ne se traduit pas encore par le suivi des conseils qui y sont dispensés. La prudence reste la norme pour une large majorité de Français (67%, stable) qui refuse catégoriquement de s'appuyer sur des recommandations trouvées sur Internet pour gérer leur capital.

Dans la continuité de ces usages numériques, l'intelligence artificielle s'installe rapidement comme un outil d'aide à la décision financière : un quart des Français l'utilisent déjà pour décrypter les notions financières (27%) ou pour comparer et obtenir des recommandations sur des produits financiers (23%).

Un écart générationnel marqué apparaît aussi sur ce sujet : plus de la moitié des moins de 35 ans (52%) utilisent l'IA pour comprendre des notions financières et 38% pour comparer et obtenir des recommandations sur des produits financiers, contre respectivement 19% chez leurs aînés. Si ces usages restent encore largement pédagogiques, une part significative des épargnants franchit néanmoins le cap de l'action : 21% des Français ont recours à l'IA pour les aider à prendre des décisions personnalisées d'épargne ou d'investissement et 19% pour suivre ou optimiser leurs investissements.

Malgré une notoriété certaine auprès des jeunes, les finfluenceurs peinent à inspirer confiance

Lorsqu'il s'agit de recevoir des conseils, les Français se montrent d'abord confiants envers les professionnels du patrimoine (69%), suivis de près par leur entourage (62%). Les médias occupent une position intermédiaire : 47% se déclarent confiants envers un média spécialisé, et 42% envers un média généraliste.

A l'inverse, les influenceurs apparaissent comme les acteurs les moins crédibles : seuls 14% feraient confiance à un influenceur spécialisé en finance, et 11% à un influenceur généraliste ou lifestyle. Chez les moins de 35 ans, en revanche, les finfluenceurs s'imposent comme des relais d'opinion crédibles : 35% leur font confiance, contre seulement 7% chez les plus de 35 ans. Ces chiffres révèlent un défi pour les acteurs traditionnels qui doivent s'adapter pour capter les jeunes qui adoptent de nouveaux codes en matière d'accès aux conseils financiers.

Bien que près de la moitié des Français (46%, -1 point) connaissent l'existence des influenceurs finance, l'audience réellement engagée reste marginale : seuls 8% (-2 points) indiquent suivre activement ces créateurs sur les réseaux sociaux.

Dans cet environnement où la confiance est accordée aux acteurs traditionnels, deux leviers apparaissent comme déterminants pour inciter les Français à suivre les conseils d'un influenceur : la preuve d'une expertise réelle en finances personnelles (45%) et une transparence totale sur leurs collaborations commerciales et partenariats (43%). A l'inverse, les gains financiers promis (25%) et leurs talents de pédagogue (15%) ne constituent pas des facteurs décisifs.

Cette étude a été réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 1071 Français âgés de 18 ans et plus. L'échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d'âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d'agglomération et de région de résidence. Les interviews ont été réalisées par questionnaire autoadministré en ligne sur système CAWI (Computer Assisted Web Interview). Les interviews ont été réalisées du 4 au 5 mars 2026.

source : AOF

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