Les fondamentaux du private equity
(Zonebourse.com) - Le monde du capital-investissement dispose d'une grande variété de fonds mais aussi de son propre jargon. Décryptage...
Le private equity est à la mode, surtout depuis qu'il s'est ouvert aux particuliers au travers de divers supports d'investissement. Pour autant, il n'est pas toujours aisé à cerner.
Si la plupart des investisseurs ont bien en tête que le private equity (aussi appelé capital investissement) consiste à financer en capital des entreprises non cotées, rares sont ceux qui en maîtrisent toutes les subtilités. Car le private equity est loin d'être monolithique. Il recouvre en effet différentes approches ou stratégies.
Le capital-risque ou venture capital
Ce segment vise les entreprises en phase de démarrage, donc prometteuses mais risquées. Le taux d'échec est important. En contrepartie, la rentabilité est très élevée pour les dossiers à succès. Il est d'usage de dire que sur 10 dossiers financés, 7 ou 8 terminent en perte, 1 ou 2 à l'équilibre et 1 seul s'avère profitable, ce dernier suffisant cependant à rentabiliser l'ensemble de l'investissement.
Le capital-risque se décompose en plusieurs phases : le seed capital ou amorçage pour financer le lancement, l'early stage pour les premiers développements et le late stage pour l'expansion et le changement d'échelle.
Le capital-développement
La stratégie consiste ici à accompagner les entreprises rentables qui ont déjà passé le cap du décollage et se trouvent en phase de croissance. Les capitaux apportés en échange de participations généralement minoritaires donnent à l'entreprise les moyens de financer ses développements (nouveaux marchés, nouvelles zones géographiques...).
Le risque est à ce stade moins élevé que pour le capital-risque, les entreprises ciblées (et leur management) ayant déjà fait leurs preuves.
Le capital-transmission
Une fois l'entreprise arrivée à une certaine maturité, des actionnaires sont susceptibles de vouloir sortir. Si la bourse est un débouché naturel, la transmission peut aussi se faire au profit de managers, d'actionnaires familiaux ou d'autres fonds.
Les repreneurs vont alors monter un LBO (leverage buy out). Une holding rachète les titres et les finance par endettement (d'où l'effet de levier), le remboursement se faisant grâce aux cash flows générés par l'entreprise rachetée. Si des managers sont à l'initiative, on parle plutôt de MBO pour management buy out.
Distressed private equity, capital retournement
Redresser, restructurer des entreprises en difficulté. Telle est la vocation du capital retournement, un segment à part qui outre le risque qu'il sous-tend nécessite des compétences particulières.
Et le jargon ?
Au-delà de ces diverses manières de se positionner, le private equity a la particularité d'employer un vocabulaire bien à lui, que l'on peut même qualifier de jargon.
On entend par exemple parler de closing. Cela désigne le fait pour un fonds de recueillir l'argent des investisseurs en vue de réinvestir dans les entreprises cibles (on parle aussi de tour de table). Un même véhicule peut boucler plusieurs levées de fonds au fil du temps en fonction de sa stratégie d'investissement.
Le carried interest est un autre terme couramment employé. Il s'agit d'une sorte de bonus de performance accordé aux gérants des fonds. Concrètement, le carried interest correspond à une part des plus-values dégagées au-delà d'un seuil défini à l'avance.
Pour les particuliers, l'accès au private equity se fait généralement par des fonds de fonds. Ces fonds n'investissent pas directement dans des entreprises mais dans plusieurs fonds spécialisés qui financent quant à eux les entreprises.
Dans le même esprit, il existe des feeders, c'est-à-dire des fonds nourriciers qui alimentent un fonds maître. Le recours à un feeder permet notamment d'élargir la base d'investisseurs à un public qui n'a généralement pas accès directement au fonds maître pour des raisons de statut ou de ticket d'entrée trop élevé.
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source : AOF
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