Trump reçoit Merz, son premier invité depuis le début de la guerre en Iran
Le chancelier allemand Friedrich Merz est arrivé mardi à la Maison Blanche, premier dirigeant étranger à rencontrer Donald Trump depuis le début de la guerre en Iran.
Prévue de longue date, cette rencontre avec le président américain devait au départ se concentrer sur les droits de douane et la guerre en Ukraine.
L'exercice s'annonçait déjà compliqué du fait des tensions entre les Européens et l'imprévisible président américain.
Il l'est devenu plus encore depuis le déclenchement samedi de l'offensive américano-israélienne en Iran.
Dimanche, Friedrich Merz a déclaré que l'Allemagne ne donnerait pas de "leçons" sur la légalité de cette opération, invoquant le refus de Téhéran de renoncer à ses programmes nucléaire et balistique.
Dans un communiqué publié avec le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer, il s'est dit prêt à des "actions défensives nécessaires et proportionnées" pour détruire les capacités militaires de Téhéran, face aux ripostes iraniennes au Moyen-Orient.
Berlin a toutefois souligné qu'il s'agissait uniquement d'assurer la "protection" des soldats de la Bundeswehr dans la région.
Friedrich Merz s'est aussi gardé de condamner l'attaque qui a tué l'ayatollah Ali Khamenei, affirmant partager le "soulagement" des Iraniens de voir le "régime des mollahs arriver à son terme".
En juin, Merz avait aussi approuvé "le sale boulot qu'Israël fait pour nous tous", soutenant alors les frappes sur des sites stratégiques iraniens. Des propos controversés en Allemagne comme à l'étranger.
Le premier rendez-vous de Friedrich Merz dans le Bureau ovale avec le président américain, en juin dernier, s'était bien passé, et la relation entre le conservateur à l'allure austère et le milliardaire à la nature éruptive est réputée cordiale.
Position européenne
Reste à voir comment le président américain réagira, s'il choisit de le faire, à l'annonce inédite d'"un groupe de pilotage nucléaire de haut niveau" de la France et de l'Allemagne afin de "renforcer leur coopération en matière de dissuasion".
Berlin se repose jusqu'ici essentiellement sur la protection militaire américaine au travers de l'Otan.
"Cette coopération franco-allemande viendra compléter, et non remplacer, la dissuasion nucléaire de l'Otan et les accords de partage nucléaire de l'Otan, auxquels l'Allemagne contribue et continuera de contribuer", ont pris soin de préciser les deux capitales dans leur communiqué commun.
Sur le commerce, le chancelier allemand compte exposer mardi une "position européenne commune".
La première économie européenne, très dépendante de ses exportations, attend des "éclaircissements" sur la politique protectionniste américaine, après l'invalidation par la Cour suprême d'une bonne partie des taxes douanières ordonnées par Trump.
Le président américain a depuis fixé de nouveaux droits de douane mondiaux de 10% et menacé de les faire passer à 15%.
Les Européens craignent que Trump ne poursuive sur cette voie et que l'accord douanier conclu avec Washington l'été dernier, qui limitait les surtaxes à 15% pour la plupart des produits, ne soit caduc.
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