Nouveau bilan d'une attaque jihadiste au Mali: au moins 100 militaires tués (sources concordantes)
Au moins 100 militaires maliens et cinq paramilitaires russes d'Africa Corps ont été tués le 10 septembre lors d'une attaque jihadiste d'ampleur contre le camp militaire de Dioura (centre), selon des sources militaire, sécuritaire et locale dans un nouveau bilan à l'AFP vendredi.
Ce bilan revu à la hausse fait de cette attaque, revendiquée par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, l'une des plus meurtrières subies par l'armée malienne depuis le début du conflit qui ravage le pays d'Afrique de l'Ouest depuis une quinzaine d'années.
"L'assaut s'est soldé par un drame d'une ampleur inédite. Il y a eu plus de 100 militaires tués dont deux officiers", a affirmé à l'AFP une source sécuritaire à Mopti s'exprimant sous couvert d'anonymat en raison du contexte.
"Les soldats ont manqué de soutien aérien, il y avait beaucoup parmi eux qui étaient à leur premier déploiement sur le terrain", a-t-il ajouté.
"La prévôté (police militaire) a envoyé un rapport mission après l'attaque. Ce rapport mentionne une centaine de disparus, une trentaine de blessés et autant de prisonniers", a confirmé à l'AFP un officier de l'état-major général des armées.
Selon également un élu local à l'AFP, "le bilan de Dioura a été revu à la hausse".
"Plus de 100 militaires maliens ont été tués. Plus de 80 (ont été faits) prisonniers. Le camp a été abandonné depuis. Le camp a été vidé de tout son armement", a-t-il ajouté.
Plus tôt dans la semaine, des sources sécuritaires et locales avaient indiqué qu'au moins 50 militaires et cinq mercenaires russes avaient été tués lors de l'attaque, certaines sources évoquant un bilan encore plus lourd.
Jeudi soir, le JNIM a affirmé a avoir "neutralisé" 150 militaires et fait 93 prisonniers, sur son canal de propagande habituel Az-Zallaqa.
-Opérations contre les "assaillants"-
L'armée n'a pas communiqué de bilan officiel mais annonce depuis plusieurs jours des opérations "contre les assaillants de Dioura".
Dans une vidéo publiée par le JNIM, un homme présenté comme un soldat malien prisonnier raconte en bambara qu'après "plus de trois heures de combat", "nous nous sommes repliés et avons perdu plusieurs hommes".
Depuis 2012, le Mali fait face à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences de groupes jihadistes, de leurs alliés indépendantistes touareg du Front de libération de l'Azawad (FLA) et de groupes criminels communautaires.
Le pays sahélien dirigé par une junte s'est rapproché de la Russie, dont les paramilitaires du groupe Africa Corps l'aident dans sa lutte antijihadiste.
Le pays est plongé dans une situation sécuritaire encore plus critique depuis fin avril 2026.
Les jihadistes du JNIM alliés à la rébellion du FLA avaient alors lancé une série d'attaques coordonnées contre des positions stratégiques de la junte et de l'armée dans plusieurs villes, y compris aux abords de Bamako, la capitale. Ces attaques avaient notamment coûté la vie au ministre de la Défense.
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