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Jour J pour le décollage de la mission lunaire Artémis 2

| AFP | 96 | Aucun vote sur cette news
Le lanceur Artémis II et le vaisseau Orion en attente sur le pas de tir du Centre spatial Kennedy, le 31 mars 2026 à Cape Canaveral, en Floride
Le lanceur Artémis II et le vaisseau Orion en attente sur le pas de tir du Centre spatial Kennedy, le 31 mars 2026 à Cape Canaveral, en Floride ( Jim WATSON / AFP )

Plus de 50 ans après la fin du programme Apollo et le dernier vol habité vers la Lune, trois hommes et une femme embarquent mercredi pour une épopée lunaire de 10 jours devant inaugurer une nouvelle page de la conquête spatiale américaine.

Cette mission de la Nasa nommée Artémis 2 doit décoller du mythique Centre spatial Kennedy en Floride à partir de 18H24 (22H24 GMT) avec à son bord les Américains Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen.

"On a vraiment hâte, on n'a jamais rien vu de tel", s'exclame auprès de l'AFP Melinda Schuerfranz, une retraitée américaine prévoyant de suivre leur grand départ depuis une plage proche.

Cet enthousiasme pour un programme qui a coûté des dizaines de milliards de dollars et pris des années de retard tranche avec l'indifférence - jusqu'à présent - de nombreux Américains face à la réédition d'un exploit technologique déjà réalisé pendant la Guerre froide.

Pendant environ dix jours, les quatre astronautes s'aventureront jusqu'au satellite naturel de la Terre pour en faire le tour sans s'y poser, comme Apollo 8 en 1968. Si tout va bien, ils signeront un record en s'éloignant de la Terre plus qu'aucun être humain avant eux.

Un exemplaire suivant de l'immense fusée blanche et orange, haute de 98 mètres et non réutilisable, emportera des astronautes cette fois sur la surface lunaire d'ici 2028, avant la fin du mandat de Donald Trump. Avec dans les années suivantes un projet de base lunaire, étape avant d'aller explorer Mars.

"Nous espérons vivement que cette mission marque le début d'une ère où chacun (...) pourra regarder la Lune et la considérer comme une destination à part entière", a insisté Christina Koch, qui sera la première femme à participer à un vol lunaire.

"Défi"

Ses compagnons Victor Glover et Jeremy Hansen deviendront quant à eux le premier homme noir et le premier non-Américain à voyager jusqu'à l'astre.

Nommée en l'honneur de la déesse jumelle d'Apollon (Apollo en anglais), cette mission se tiendra sous la pression implicite de la Chine, qui ambitionne de marcher sur la Lune d'ici 2030.

Le lanceur Artémis II et le vaisseau Orion en attente sur le pas de tir du Centre spatial Kennedy, le 31 mars 2026 à Cape Canaveral, en Floride
Le lanceur Artémis II et le vaisseau Orion en attente sur le pas de tir du Centre spatial Kennedy, le 31 mars 2026 à Cape Canaveral, en Floride ( Jim WATSON / AFP )

Entre enjeux géopolitiques, stratégiques et scientifiques, les raisons pour retourner sur la Lune sont nombreuses, insiste auprès de l'AFP l'astronaute canadien Joshua Kutryk.

Mais cela montre aussi "que nous sommes toujours capables de relever ce genre de défi, d'accomplir des choses vraiment difficiles", souligne-t-il.

L'aventure sera en effet risquée, le vaisseau n'a jamais transporté personne et doit rejoindre la Lune, à plus de 384.000 kilomètres de la Terre - soit mille fois plus loin que la Station spatiale internationale.

"Chacun devra s'assurer que son travail est accompli à la perfection", faute de quoi les conséquences pourraient être fatales, insiste Peggy Whitson, ancienne astronaute en chef de la Nasa.

- Miracle -

En cas de pépin technique de dernière minute ou de conditions métérologiques non optimales, ce qui n'est pas rare en Floride, le lancement pourra être reporté dans les prochains jours.

L'agence spatiale américaine mise gros. Son objectif de retourner sur la Lune en 2028 fait douter les experts car les astronautes auront besoin d'un alunisseur... qui est toujours en cours de développement par les entreprises des milliardaires Elon Musk et Jeff Bezos.

En attendant, la Nasa espère réussir à reproduire le miracle d'Apollo 8, qui avait offert lors du réveillon de Noël 1968 un rare moment de communion et d'espoir après une année marquée par des émeutes raciales, la guerre du Vietnam et les assassinats de Robert F. Kennedy et Martin Luther King. Un milliard de personnes avaient suivi sur leurs téléviseurs crépitants le périple de Frank Borman, Jim Lovell et Bill Anders.

Ces derniers, qui avaient immortalisé le célèbre "Lever de Terre", avaient "sauvé 1968", selon les mots d'une Américaine à l'époque. Cinquante-huit ans plus tard, et alors que le pays traverse une nouvelle période de fractures et d'incertitudes, l'équipage d'Artémis 2 cherchera à son tour à inspirer.

"Je vous le garantis, cette année, vous verrez plus d'enfants déguisés en astronautes pour Halloween que vous n'en avez vus depuis longtemps", a promis la semaine dernière le patron de la Nasa nommé par Donald Trump, Jared Isaacman.

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