Donald Trump limoge sa ministre de la Justice Pam Bondi
Donald Trump a limogé jeudi sa ministre de la Justice Pam Bondi, une de ses fidèles, critiquée pour sa gestion de l'affaire Epstein, désignant un de ses anciens avocats personnels pour assurer l'intérim à ce poste stratégique.
Cette décision fait suite aux critiques émanant de républicains comme de démocrates sur sa conduite de l'affaire du criminel sexuel, décédé en prison en 2019, ainsi qu'à une série de piteux échecs de son ministère à poursuivre pénalement des cibles expressément désignées par le président américain.
Donald Trump a salué sur son réseau Truth Social l'action contre la criminalité de la ministre sortante, qui sera recasée "dans le secteur privé".
Pam Bondi a remercié le président de lui avoir confié ce poste qui a été "l'honneur d'une vie", précisant sur X qu'elle assurerait la transition pendant le mois à venir avec Todd Blanche, ancien avocat personnel de Donald Trump, actuellement numéro 2 du ministère.
Elle passera ensuite à "un rôle important dans le secteur privé", où elle continuera à "se battre pour le président Trump et cette administration", a-t-elle ajouté sans autre précision.
Todd Blanche était déjà en première ligne sur l'affaire Epstein lors de la publication par le ministère de la Justice le 30 janvier de plus de trois millions de pages du dossier du criminel sexuel, en vertu d'une loi adoptée par le Congrès.
Donald Trump envisage de nommer pour succéder à Pam Bondi le chef de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), Lee Zeldin, rapportent plusieurs médias.
Pam Bondi est la deuxième ministre évincée de l'administration Trump en moins d'un mois, après sa collègue de la Sécurité intérieure, Kristi Noem.
"Instrument de vengeance de Trump"
Le chef des démocrates à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, s'est félicité dans un communiqué du départ de "la ministre de la Justice la plus corrompue de l'Histoire américaine moderne".
"Ce limogeage qui ne s'est que trop fait attendre ne suffira pas à rétablir la crédibilité du ministère de la Justice ni à réhabiliter cette administration pourrie et hors de contrôle", ajoute-t-il.
Selon la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, "on se souviendra de Mme Bondi pour avoir entravé la publication des documents du dossier Epstein, et instrumentalisé le ministère de la Justice contre les opposants politiques à Donald Trump".
Le principal membre démocrate de la commission judiciaire du Sénat, Dick Durbin, impute également à Mme Bondi cette "instrumentalisation pour le bénéfice personnel de Donald Trump" dans un communiqué, mais relève qu'elle "n'est apparemment pas allée assez loin pour lui complaire".
Plusieurs médias, dont ABC et MS Now, attribuent le limogeage de Pam Bondi au fait que Donald Trump lui reprochait de ne pas avoir suffisamment fait inculper ses ennemis personnels, le New York Times ou CNN l'expliquant plutôt par sa gestion de l'affaire Epstein.
En 2020, cette ex-procureure générale de Floride a fait partie de l'équipe d'avocats de Donald Trump lors de son procès en destitution au Sénat, où il a été acquitté par la majorité républicaine d'alors.
En tant que ministre de la Justice, Pam Bondi s'est illustrée par une défense inconditionnelle du président républicain, notamment lors d'auditions houleuses au Congrès.
En février, plusieurs ténors démocrates l'avaient accusée d'"étouffer" l'affaire Epstein en ne respectant pas la loi obligeant l'administration Trump à faire toute la transparence sur ce dossier explosif.
Ils avaient également interpellé la ministre sur les poursuites pénales téléguidées par le président contre des cibles désignées de sa vindicte, dont plusieurs ont fait spectaculairement long feu.
"Vous avez transformé le ministère de la Justice au service du peuple en instrument de vengeance de Trump. Trump commande des inculpations comme il commanderait des pizzas, et vous vous exécutez", lui avait ainsi lancé Jamie Raskin, principal membre démocrate de la commission judiciaire de la Chambre des représentants.
La justice a annulé les inculpations de l'ex-directeur du FBI James Comey et de la procureure générale de l'Etat de New York Letitia James. Des jurys de citoyens ont refusé d'inculper six élus démocrates qui avaient exhorté les militaires à désobéir aux "ordres illégaux" de l'administration.
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