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Violences en France: les maires fulminent et réclament des comptes à l'Etat

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Le maire de Limoges Guillaume Guérin le 18 octobre 2026 dénonce les violences de la veille
Le maire de Limoges Guillaume Guérin le 18 octobre 2026 dénonce les violences de la veille ( PASCAL LACHENAUD / AFP )

L'un, à Marseille, a été obligé d'appeler le président de la République pour avoir du renfort policier. L'autre, à Limoges, a regardé le beffroi de son hôtel de ville se consumer. Après les violences du 17 octobre, les maires des villes touchées réclament de la "transparence" et "une réponse politique".

"Nous avons eu pour la première fois, le sentiment que des pans entiers de nos villes avaient été laissés sans protection", écrivent les maires de gauche de Paris, Marseille et Lyon dans une tribune publiée lundi par le quotidien Libération.

Dans la journée de dimanche, ceux-ci ont demandé à être reçus par le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui en a accepté le principe sans calendrier pour l'instant.

"Ces attaques graves portées contre les institutions démocratiques constituent un vrai risque pour toute la Nation", a prévenu de son côté l'association des maires de France (AMF), une attaque contre "la paix civile et nos libertés publiques fondamentales".

À Paris, où pendant que 110.000 personnes, selon la police, manifestaient dans le calme samedi, de nombreux casseurs et pilleurs s'en sont pris à du mobilier urbain et ont dévasté et dévalisé des magasins dans des proportions inédites.

Lundi matin, le maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a décrit de nouvelles "scènes insupportables" de pillage visant "au moins une trentaine de commerces" de la capitale la nuit précédente, et dénoncé une "forme de pourrissement de ce mouvement social organisé par le gouvernement".

Le maire de Marseille Benoit Payan le 19 octobre 2026 dénonce les violences et pillages de la veille
Le maire de Marseille Benoit Payan le 19 octobre 2026 dénonce les violences et pillages de la veille ( Justine MEDDAH / AFP )

"Tant qu’il n'est pas donné de réponse politique à la crise, ça ne se résoudra pas", a-t-il déclaré à la mi-journée devant l'Hôtel de ville. Avant d'avoir un échange téléphonique avec Sébastien Lecornu, "à qui j'ai dit que la réponse politique n'était pas à la hauteur", a précisé l'édile sur France 5, invoquant une "urgence démocratique".

Vigies de la République, les maires disent souvent qu'ils sont à portée de baffes des citoyens, plus près que les élus nationaux. Mais depuis quelques années, les agressions contre des élus locaux se sont multipliées, au point parfois de contribuer à la fuite des vocations à porter l'écharpe tricolore.

"On va les cramer!"

À Limoges, le maire Guillaume Guérin (LR) a critiqué la police qui a "reculé" face aux casseurs, "à Limoges comme dans d'autres villes".

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis que la mairie serait reconstruite avec l'aide de l'État "car elle est le symbole d'une Nation qui ne se laisse ni abattre, ni intimider".

À Marseille, où la mairie a été cible d'une "intrusion insupportable", le maire Benoît Payan (divers gauche) réclame des "comptes" et de "la transparence" sur l'enchaînement des faits dans sa ville.

Pour l'AMF, ce 17 octobre signe "l'échec de la doctrine d'emploi des forces de l'ordre et montre l'insuffisance criante de leurs moyens d'intervention", qu'il faut "changer".

Maire PS de Saint-Étienne, Régis Juanico, raconte à l'AFP son samedi noir.

En fin d'après-midi, il était dans la salle de contrôle de la vidéosurveillance, à l'extérieur de la mairie, quand des émeutiers ont commencé à se masser devant la porte de l'hôtel de ville. Six agents municipaux sont alors à l'intérieur et garent une voiture de police contre le portail pour éviter qu'il ne cède. "On entendait tout et les gens (émeutiers, ndlr) disaient +On va les cramer! On va les cramer!", avec en main un cocktail molotov, raconte le maire. Le préfet a envoyé des renforts.

"À deux minutes près, il n'y avait plus d'hôtel de ville", raconte M. Juanico pour qui il n'y a jamais "eu un tel degré de violence" dans sa ville.

Une annexe de la mairie a été vandalisée. "On est passé à deux doigts de la catastrophe", estime-t-il.

En vue de la nouvelle journée de mobilisation de samedi, qui coïncidera avec le match de football Saint-Étienne-Nantes, M. Juanico regarde déjà comment "sécuriser" sa mairie.

"Si nous sommes collectivement incapables d'apporter des réponses crédibles à nos concitoyens, cette journée constituera une nouvelle illustration du délitement de l’Etat: après les hôpitaux, l’école et, en particulier, les lycées, c’est désormais la sécurité des biens et des personnes qui est en question", préviennent les maires de Paris, Lyon et Marseille qui réclament "un fonds exceptionnel de solidarité nationale".

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