Retailleau qualifie Le Pen de "girouette", regrette les critiques contre Sansal
Le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau a qualifié Marine Le Pen de "girouette", en réponse aux attaques de la patronne du RN qui l'a comparé à Eric Zemmour, au cours d'un entretien à l'AFP au cours duquel il a également déploré les critiques dont est victime l'écrivain Boualem Sansal.
"C'est toujours bon signe en politique qu'un adversaire s'en prenne à vous. C'est la preuve que vous existez", affirme le président de LR dont Marine Le Pen a assuré qu'il se "radicaliserait" pendant la campagne présidentielle, à l'image d'Eric Zemmour en 2022. Comme "à chaque fois que quelqu'un se met en concurrence avec le RN", a-t-elle ajouté.
"Marine Le Pen, pardon, mais c'est une girouette", a-t-il répliqué, assurant qu'elle a renoncé à des idées qu'elle défendait il y a quelques années comme "l'immigration zéro" ou "l'interdiction de la double nationalité".
"Moi, je ne vais pas sur le terrain du Rassemblement national, parce qu'ils changent d'avis sur tout", estime Bruno Retailleau qui oppose au RN "la constance" de ses positions depuis des années.
En réponse à Marine Le Pen qui souhaite un second tour en 2027 entre le RN et le bloc central, Bruno Retailleau assure ne pas être concerné et en profite pour marquer une nouvelle fois ses distances avec la macronie.
"Le bloc central, ça n'est pas moi!", réplique-il, assurant "ne pas être comptable du bilan désastreux d'Emmanuel Macron", dont il a une nouvelle fois critiqué les propos qualifiant de "mabouls" ceux qui veulent "se fâcher avec l'Algérie".
"Je sépare le régime algérien du peuple algérien", affirme l'ancien ministre de l'Intérieur, qui s'en est pris avec virulence au régime algérien, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, pour son refus d'accueillir ses citoyens sous OQTF (obligation de quitter le territoire français).
"Je pense qu'une politique de fermeté, c'est ce que demandent les Français, parce qu'il en va du respect de la France", ajoute-t-il, niant que le président de la République lui ait fait un cadeau en rouvrant le débat sur l'Algérie.
"Non, ça exprime plutôt chez lui cette tendance, cette diplomatie des bons sentiments qui est en réalité un échec", déplore-t-il, avant d'évoquer la situation de l'écrivain Boualem Sansal, qu'il a soutenu lorsqu'il était détenu en Algérie.
"Ceux qui le critiquent aujourd'hui, c'est ceux qui, hier, se taisaient", regrette-il. "Ont-ils réclamé publiquement, ont-ils pétitionné, ont-ils réclamé la libération de Boualem Sansal ? Non, rien. Jamais rien. Donc, quand on en est là, on se tait", a-t-il dénoncé.
Il affirme attendre "avec impatience" son prochain livre qui devrait sortir début juin sous le titre "La légende", le surnom "dont on l'affublait en prison, sous les barreaux algériens", précise Bruno Retailleau.
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