Wall Street salue le relatif 'cessez-le-feu' en Iran
Les indices grimpent avant la réouverture d'Ormuz et les négociations de paix
Wall Street s'offre un généreux rebond ce mercredi, limité tout de même par les violations constatées du cessez-le-feu au Moyen-Orient. Le S&P 500 se redresse de 2,15% à 6.759 pts, le Dow Jones de 2,37% à 47.686 pts et le Nasdaq de 2,62% à 22.595 pts. Donald Trump a accepté de suspendre les hostilités en Iran deux semaines durant à condition que le détroit d'Ormuz soit rouvert "immédiatement" en toute sécurité. Le plan prévoit que Téhéran et Oman seraient autorisés à prélever des frais sur les navires traversant le détroit.
Le vice-président américain JD Vance évoque aujourd'hui une "trêve fragile", ajoutant que si l'Iran accepte de négocier de bonne foi, un cessez-le-feu plus durable pourrait être conclu. Néanmoins, alors que le détroit est supposé rouvrir demain ou vendredi avant les négociations, Téhéran a prévenu qu'elle considèrerait des frappes contre Israël du fait de sa violation du cessez-le-feu temporaire au Liban. De plus, les Émirats arabes unis accusent l'Iran d'avoir lancé des attaques "flagrantes" avec des missiles et des drones après l'annonce du cessez-le-feu...
"Un grand jour pour la paix mondiale ! L'Iran le souhaite ardemment, ils en ont assez ! Tout le monde aussi ! Les États-Unis d'Amérique apporteront leur aide pour fluidifier le trafic dans le détroit d'Ormuz. De nombreuses actions positives seront entreprises ! Des profits considérables seront réalisés. L'Iran pourra entamer sa reconstruction. Nous allons acheminer des fournitures de toutes sortes et rester présents pour veiller au bon déroulement des opérations. J'en suis convaincu", a estimé quoi qu'il en soit Trump ce jour sur Truth Social.
"Les États-Unis travailleront en étroite collaboration avec l'Iran, pays qui, selon nos estimations, a connu une transition de régime très fructueuse. Il n'y aura pas d'enrichissement d'uranium et les États-Unis, en collaboration avec l'Iran, déterreront et élimineront toutes les poussières nucléaires profondément enfouies (celles des bombardiers B-2). Ces poussières sont actuellement, et ont toujours été, sous surveillance satellitaire très stricte (Force spatiale !). Rien n'a été touché depuis l'attaque. Nous sommes en train de discuter, et continuerons de discuter, d'un allègement des droits de douane et des sanctions avec l'Iran. Plusieurs des 15 points ont déjà fait l'objet d'un accord", a aussi lancé Trump, ajoutant que "tout pays fournissant des armes militaires à l'Iran se verra immédiatement appliquer un droit de douane de 50% sur toutes les marchandises vendues aux États-Unis d'Amérique".
"Suite à mes entretiens avec le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et le maréchal Asim Munir, au cours desquels ils m'ont demandé de suspendre les frappes militaires prévues ce soir contre l'Iran, et sous réserve de l'accord de la République islamique d'Iran pour l'ouverture complète, immédiate et sécurisée du détroit d'Ormuz, j'accepte de suspendre les bombardements et les attaques contre l'Iran pour une durée de deux semaines. Il s'agira d'un cessez-le-feu réciproque. Cette décision se justifie par le fait que nous avons déjà atteint, voire dépassé, tous nos objectifs militaires et que nous sommes en bonne voie de conclure un accord définitif pour une paix durable avec l'Iran et la paix au Moyen-Orient. Nous avons reçu une proposition en dix points de l'Iran et nous estimons qu'elle constitue une base de négociation viable. Presque tous les points de désaccord antérieurs ont été résolus entre les États-Unis et l'Iran, mais une période de deux semaines permettra de finaliser et de mettre en oeuvre l'accord", avait auparavant lancé Trump sur son réseau social.
Hier soir expirait le délai supplémentaire de 48 heures donné par Donald Trump à l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz. Le locataire de la Maison Blanche avait exhorté l'Iran a conclure un accord avant cette échéance et prévenu que le pays pourrait être "anéanti" en une nuit dans le cas contraire. Le message de Trump sur Truth Social dimanche annonçant le délai de 48 heures était pour le moins tranché : "Mardi, en Iran, ce sera la Journée des centrales électriques et la Journée des ponts, le tout en un seul jour. Ça va être du jamais vu ! Ouvrez ce foutu détroit, bande de fous furieux, ou vous irez en enfer ! Vous verrez ! Louange à Allah". Trump avait précédemment menacé l'Iran de détruire ses infrastructures électriques.
Le président américain avait renchéri hier encore : "Une civilisation entière s'éteindra ce soir, à jamais. Je ne le souhaite pas, mais c'est probable. Cependant, maintenant que nous assistons à un changement de régime complet et total, où des esprits différents, plus intelligents et moins radicalisés prévalent, peut-être qu'un miracle révolutionnaire pourra se produire. Qui sait ? Nous le découvrirons ce soir, lors d'un des moments les plus importants de la longue et complexe histoire du monde. Quarante-sept années d'extorsion, de corruption et de mort prendront enfin fin. Que Dieu bénisse le grand peuple iranien !"
Le Conseil suprême iranien de sécurité nationale a indiqué selon les médias locaux avoir transmis aux États-Unis, via le Pakistan, une proposition en dix points qui serait négociée à Islamabad à compter de vendredi. Parmi ces propositions, selon Reuters, qui cite la presse officielle, figurent le contrôle coordonné de la circulation dans le détroit, la fin de la guerre contre l'Iran et ses groupes alliés, le retrait des troupes américaines de combat de toutes les bases régionales, la levée des sanctions contre l'Iran et l'acceptation que Téhéran peut enrichir de l'uranium.
"Avec la plus grande humilité, j'ai le plaisir d'annoncer que la République islamique d'Iran et les États-Unis d'Amérique, ainsi que leurs alliés, ont convenu d'un cessez-le-feu immédiat partout, y compris au Liban et ailleurs (...). J'accueille chaleureusement ce geste sagace et exprime ma plus profonde gratitude aux dirigeants des deux pays, tout en invitant leurs délégations à Islamabad le vendredi 10 avril 2026, afin de poursuivre les négociations en vue d'un accord définitif pour régler tous les différends. Les deux parties ont fait preuve d'une sagesse et d'une compréhension remarquables et sont restées engagées de manière constructive dans la promotion de la cause de la paix et de la stabilité", a ajouté le Premier ministre du Pakistan, Shehbaz Sharif, dans un message sur le réseau social X.
Cette désescalade relative fait retomber les cours du pétrole. Le baril de brut WTI dévisse de 15,3% à 95,7$ et le Brent de la mer du Nord plonge de 13,5% à 94,5$... L'once d'or fin avance de 1,2% à 4.761$. L'indice dollar fléchit de 0,9% face à un panier de devises de référence.
Sur le front économique aux États-Unis, les Minutes du FOMC (dernière réunion monétaire de la Fed) seront connues ce soir à 20 heures... Le vice-président de la Fed, Philip Jefferson, a déclaré hier que la flambée des prix de l'énergie compliquait ses prévisions d'inflation et que, selon la durée du conflit au Moyen-Orient, la hausse des prix du pétrole pourrait peser sur les dépenses des ménages et des entreprises. "Je suis très attentif au fait que l'inflation se maintienne au-dessus de l'objectif de 2% de la Fed depuis cinq ans", a ajouté Jefferson dans un discours à Detroit. "C'est pourquoi je m'engage à ramener l'inflation à notre cible". Il a souligné que les progrès réalisés pour faire baisser l'inflation avaient déjà stagné au cours de l'année écoulée, principalement en raison des droits de douane...
Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'un statu quo monétaire le 29 avril à l'issue de la prochaine réunion FOMC ressort à 98,4%. La probabilité que ce statu quo dure jusqu'à la fin de l'année ressort encore à 63,7%, tandis que la 'proba' d'un assouplissement d'un quart de point d'ici décembre remonte à 30,1%.
Demain, les opérateurs suivront les inscriptions au chômage pour la semaine close le 4 avril, ainsi que les chiffres finaux du PIB du 4e trimestre (consensus au rythme de +1,4% selon FactSet contre +0,7% auparavant). Enfin, vendredi, les investisseurs surveilleront l'indice des prix à la consommation du mois de mars, les commandes industrielles de février, l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan d'avril et la balance budgétaire de mars.
Les valeurs
Levi Strauss (+10%) a publié des résultats trimestriels solides et une guidance relevée, démontrant les effets des mesures de redressement. Pour son premier trimestre fiscal 2026, le groupe a affiché des revenus en croissance de 14% à 1,7 milliard et une progression organique de 9% de l'activité. Le bénéfice ajusté par action a été de 42 cents. Le bénéfice net ajusté a été de 167 millions contre 150 millions un an avant. Le groupe dope ses prévisions 2026.
Les prévisions 2026 sont établies sur la base des activités poursuivies, l'activité Dockers étant comptabilisée dans les activités abandonnées. Le groupe envisage, pour l'exercice clos le 29 novembre 2026, une croissance du chiffre d'affaires de 5,5 à 6,5%, une croissance organique allant de 4,5 à 5,5%, une marge brute stable ou légèrement supérieure à celle de l'exercice précédent, une marge d'Ebit ajusté d'environ 12%, ainsi qu'un bénéfice ajusté par action de 1,42 à 1,48$.
Delta Air Lines (+7,4%) décolle à Wall Street, avec le cessez-le-feu en Iran mais aussi après la publication de solides résultats financiers. Pour le trimestre de mars, le transporteur aérien a dévoilé des chiffres "conformes aux prévisions initiales, grâce à une demande soutenue qui a permis d'obtenir un chiffre d'affaires supérieur aux attentes". Le groupe envisage une croissance à 'deux chiffres bas' du chiffre d'affaires pour le trimestre de juin, avec une croissance des capacités stable, reflétant une forte dynamique de la demande, des réductions de capacités significatives et des mesures rapides prises pour compenser la hausse des prix du carburant.
Sur une base GAAP, les revenus du trimestre de mars ont atteint 15,9 milliards de dollars, pour un bénéfice opérationnel de 501 millions représentant 3,2% de marge. Le cash flow opérationnel a été de 2,4 milliards. Sur une base ajustée, les revenus ont été de 14,2 milliards de dollars, pour un bénéfice opérationnel de 652 millions de dollars et une marge de 4,6%. Le bénéfice ajusté par action a été de 64 cents. Pour le deuxième trimestre fiscal clos en juin, la marge opérationnelle est anticipée entre 6 et 8%, alors que le bpa ajusté est attendu entre 1$ et 1,50$.
RPM International (+11,9%), spécialiste américain des revêtements spéciaux, des produits d'étanchéité et des matériaux de construction, a publié pour son 3e trimestre fiscal 2026 des ventes et des profits ajustés historiques. Les revenus se sont ainsi appréciés de 9% à 1,61 milliard, pour un bpa ajusté en vive hausse de 63% à 57 cents et un Ebit ajusté en croissance de 49% à 116 millions. Le cash flow d'exploitation s'établit à 657 millions de dollars. Pour le 4e trimestre fiscal 2026, RPM envisage des ventes en croissance à un chiffre moyen et un Ebit ajusté en hausse à un chiffre bas ou élevé.
ExxonMobil (-5,6%) a annoncé que 6% de sa production mondiale du premier trimestre avait été affectée par la guerre en Iran. La moitié des interruptions de production se sont concentrées sur un complexe GNL au Qatar, dont Exxon est partenaire. Deux lignes de production de GNL ont été endommagées. Les réparations prendront du temps, a ajouté le colosse pétrolier, qui n'est pas en mesure de se prononcer sur le délai nécessaire à la remise en service normale des deux lignes. Le groupe publiera ses résultats trimestriels complets le 1er mai.
Les 'Magnificent 7' sont par ailleurs très bien orientées en début de séance. Nvidia s'accorde 1,8%, Apple 1,9%, Microsoft 1,8%, Alphabet 3,7%, Amazon 3,4% et Tesla 0,4%, tandis que Meta grimpe de 3,7%.
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