Wall Street : retour du rouge pour débuter la semaine
Avec l'escalade au Moyen-Orient au cous du week-end...
Rattrapée par les nouvelles tensions entre les États-Unis et l'Iran, la place américaine s'apprête à débuter la semaine en retrait. Le S&P 500 a clôturé vendredi sur une troisième semaine consécutive de hausse de plus de 3% et pourrait enregistrer sa plus forte progression mensuelle depuis 2020. Les valeurs technologiques ont largement contribué à ce rebond, les sept géants de la tech affichant une hausse de 20% depuis que l'indice américain a atteint son point bas de 2026 le 30 mars.
Le président Donald Trump et les responsables iraniens ont exprimé des points de vue divergents sur la prochaine étape du conflit, laissant planer l'incertitude quant à la tenue de négociations mardi, alors que le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran expire dans la nuit de mardi à mercredi. Malgré tout, les opérateurs estiment que la pression sur les deux parties pour parvenir à un accord reste forte, même si la volatilité risque d'être accrue. L'agence de presse officielle iranienne a rapporté que le président Massoud Pezeshkian a déclaré que la guerre n'était dans l'intérêt de personne et que la voie diplomatique devait être privilégiée pour apaiser les tensions.
"Pour l'instant, nous n'avons aucun projet pour le prochain cycle de négociations et aucune décision n'a été prise à ce sujet", a néanmoins déclaré lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, lors de la conférence de presse hebdomadaire. Il a ajouté qu'il existe plusieurs indices laissant penser que les États-Unis ne sont pas sincères quant à la poursuite des négociations diplomatiques.
Le trafic dans le détroit d'Ormuz est quasiment paralysé ce lundi après une réouverture brève et chaotique ce week-end, qui s'est terminée par la première saisie d'un navire iranien par les États-Unis - soulignant la difficulté de rétablir l'activité dans ce détroit stratégique pour le commerce mondial.
"Si les événements du week-end ont certainement tempéré l'optimisme, ils ne l'ont pas pour autant anéanti", indique à 'Bloomberg' Stephan Kemper, stratégiste en chef des investissements chez BNP Paribas Wealth Management. "Les marchés continuent d'anticiper une solution à court terme qui permettra de relancer la dynamique des échanges".
Alors que la situation au Moyen-Orient demeure instable, les investisseurs suivront également de près l'audition de confirmation de Kevin Warsh au Sénat cette semaine, candidat à la direction de la Réserve fédérale.
Si l'agenda macro sera très léger cette semaine, les investisseurs analyseront une nouvelle série de publications de résultats, avec des entreprises majeures comme Tesla, Intel et United Airlines au programme.
Les cours du brut rebondissent nettement avec la situation au Moyen-Orient. Le baril de brut WTI (contrat mai) grimpe de plus de 5% à 88,3$, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juin bondit de près de 5% à 94,8$. L'once d'or fin retombe de 0,6% à 4.803$. Enfin, l'indice dollar prend 0,2% face à un panier de devises.
Les valeurs
Marvell Technology bondit avant Bourse à Wall Street à la suite d'un article de presse indiquant que Google (Alphabet) serait en pourparlers avec le concepteur de puces pour développer deux nouveaux processeurs destinés à exécuter plus efficacement des modèles d'IA. Selon un article publié dimanche par 'The Information', citant deux sources proches du dossier, cet accord potentiel pourrait porter sur deux puces distinctes : une unité de traitement de la mémoire (MPU) venant compléter l'unité de traitement tensoriel (TPU) de Google, et une nouvelle TPU conçue pour l'exécution de modèles d'IA.
Les géants de la tech, tels que Google et Meta (maison mère de Facebook), accélèrent leurs efforts pour réduire leur dépendance aux fournisseurs de puces externes en développant leurs propres puces. Google utilise des TPU pour l'entraînement des modèles d'IA et pour répondre aux requêtes des utilisateurs (un processus appelé inférence), et collabore avec Broadcom pour la conception de ses puces. Cet article suggère que Google pourrait chercher à diversifier ses fournisseurs face à la forte demande pour les puces de Broadcom, les entreprises étant à la recherche d'alternatives aux puces onéreuses de Nvidia. Marvell et son principal concurrent, Broadcom, accompagnent leurs clients dans la conception de puces.
* QXO. Le distributeur américain de matériaux de construction a conclu dimanche un accord de 17 milliards de dollars en vue d'acquérir le distributeur et installateur de produits de construction TOPBUILD, s'inscrivant ainsi dans la vague d'acquisitions menées par le groupe sous la houlette du milliardaire Brad Jacobs, spécialiste des fusions-acquisitions.
* American Airlines. La compagnie aérienne a déclaré vendredi ne pas être intéressée par une fusion avec United Airlines et n'avoir mené aucune discussion en ce sens. De quoi réduire les chances d'un accord susceptible de bouleverser le secteur et qui se heurterait à un examen rigoureux de l'autorité américaine de la concurrence.
* Eli Lilly. Le laboratoire pharmaceutique serait en négociations avancées en vue d'acquérir la société de biotechnologie Kelonia Therapeutics pour plus de deux milliards de dollars, a rapporté dimanche le 'Wall Street Journal'.
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