Entretien avec Damien Billard, DG Délégué du groupe LNA Santé
De très belles perspectives dans chacun de nos métiers !
Boursier.com : Vous affichez 8% de croissance, dont 7% en organique à l'issue du premier semestre et relevez votre objectif de croissance organique annuelle à +6%. N'est-ce pas trop prudent ?
D.B. : Nous sommes à 8% de croissance, dont 7% en organique à l'issue du premier semestre. Les fondamentaux de la croissance sont présents dans chacun de nos métiers. L'activité HAD continue notamment d'afficher des niveaux de croissance très élevés, avec 28% de croissance, dont 22% en volumes. Les activités ambulatoires et l'hôpital de jour sont également particulièrement performants. C'est un moteur structurel de croissance, sur lequel nous allons continuer à nous appuyer. Pour ce qui est des perspectives, nous sommes des gens prudents! Nous ne sommes pas dans une logique où nous lançons des chiffres simplement pour faire du marketing autour du titre. Notre façon de faire consiste à piloter correctement l'activité et à rester extrêmement attentifs à nos indicateurs. La croissance organique pourrait légèrement décélérer au second semestre en raison des effets de base. En revanche, la croissance externe va accélérer avec la pleine contribution des acquisitions. Nous avons donc de très belles perspectives dans chacun de nos métiers.
Boursier.com
: Qu'en est-il des EHPAD ?D.B. : C'est une bonne nouvelle, car cela faisait plusieurs semestres que nous avions des contretemps sur cette activité. Nous regagnons 0,2 point de taux d'occupation, à 93,7%. Surtout, nos EHPAD de confort sont au meilleur niveau. C'est important parce que c'est précisément sur ce segment que nous voulons développer notre offre. Nous sommes d'ailleurs à quelques jours de sécuriser plusieurs transformations provenant d'hôpitaux dans le secteur des EHPAD de confort. Notre modèle repose généralement sur des établissements situés en périphérie des villes, avec de grosses capacités permettant de proposer des prix d'hébergement plus accessibles et une offre de services qui se rapproche davantage des standards hôteliers. La partie médicale reste évidemment au coeur de notre métier.
Boursier.com : Où en êtes-vous à l'international?
D.B. : La Pologne se stabilise, avec environ 3% de croissance. La Belgique est en revanche devenue particulièrement performante : depuis deux semestres, elle dépasse la France en termes de performance d'occupation, avec plus de 96%. Nous avons également un projet d'agrandissement de l'un de nos quatre sites belges, qui devrait améliorer sensiblement la performance économique de cette plateforme. Pour la Belgique, la question d'une accélération pourra se poser dans le cadre de notre prochain plan stratégique 2028-2032. Nous avons désormais démontré que le modèle fonctionne et il faudra à terme choisir entre accélérer ou nous retirer du pays.
Boursier.com : Vous avez encore des établissements en transformation lourde...
D.B. : Quelques opérations importantes, notamment à Nantes; effectivement. Nous allons fermer deux sites et ouvrir un nouveau projet de réadaptation qui sera, je pense, assez remarquable. Nous avons également une très importante transformation sur le bassin de Deauville, avec un pôle regroupant chirurgie, réadaptation et HAD. Cette transformation pèse environ 2 millions d'euros d'EBITDA et explique en partie le tassement apparent de la marge globale. Mais c'est le principe de notre modèle : les transformations peuvent temporairement peser sur la performance avant de produire leurs effets. Nous avons trouvé des équations économiques qui fonctionnent, même si chaque projet possède son propre équilibre. Nous essayons désormais de développer ces modèles avec une véritable démarche entrepreneuriale. Le contexte français reste difficile pour certains acteurs du secteur. Notre objectif est donc de continuer à transformer notre parc tout en maintenant des niveaux de performance élevés.
Boursier.com : Votre résultat net progresse plus vite que votre activité...
D.B. : Oui. La croissance du chiffre d'affaires est de 8% et le résultat net progresse de 10,6%. Nous absorbons certains coûts liés aux restructurations tout en maintenant la croissance. Nous bénéficions également de la maîtrise des frais financiers. La trajectoire du compte de résultat est donc assez lisible.
Boursier.com : Où en est votre endettement ?
D.B. : L'endettement reste très faible sur l'exploitation et soutenable sur l'immobilier. La dette immobilière progresse parce que nos programmes consomment actuellement environ 5 millions d'euros par mois, soit potentiellement 60 millions d'euros d'encours immobilier supplémentaire par an. Mais les ventes accélèrent. Nous étions autour de 10 à 15 millions d'euros l'année dernière, nous sommes à environ 20 millions aujourd'hui et nous allons encore accélérer. Nous sommes progressivement en train d'arriver au point de bascule où les ventes permettront de réduire l'encours de dette plus rapidement qu'il ne se constitue.
Boursier.com : Quel est votre objectif en matière de ventes immobilières ?
D.B. : Nous sommes passés à un rythme de 200 à 250 lots par an. Mon objectif est d'atteindre progressivement 500 lots par an. Nous étions autour de 100 l'année dernière, nous dépasserons 200 cette année, puis nous visons 300, 400 et enfin 500. À environ 200.000 euros par lot, cela représente progressivement 40, 60, 80 puis 100 millions d'euros de ventes annuelles. Il faut également prendre en compte les actifs qui ne peuvent pas être vendus à la découpe. Dans ce cas, nous cédons un programme complet à un investisseur.
Boursier.com : Êtes-vous inquiet concernant le refinancement et l'accès au crédit étant donné la trajectoire des taux d'intérêt ?
D.B. : Non. Nous travaillons depuis une vingtaine d'années avec les mêmes équipes bancaires et nous avons construit une relation extrêmement solide avec nos prêteurs. Nous sommes reconnus pour la qualité du projet et notre capacité à nous développer. Nous avons donc accès à des financements dans de bonnes conditions. C'est une réalité. Il faut distinguer le coût de l'argent de la marge de crédit. Nous avons aujourd'hui un point de départ relativement bas sur cette marge grâce à la perception de la qualité de notre projet entrepreneurial et de notre trajectoire. Et les frais financiers liés à nos opérations immobilières sont pour l'essentiel des coûts opérationnels : ils entrent dans le prix de revient des programmes et sont supportés sur des durées relativement courtes.
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