Toujours sous le bruit des bombes, les indices européens se replient
(Zonebourse.com) - N'en déplaise à la Maison Blanche et à ses effets d'annonce, pas de signe d'accalmie au Moyen-Orient. Par conséquent, les investisseurs adoptent une approche prudente et poursuivent leurs dégagements des deux côtés de l'Atlantique.
Les paroles rassurantes de Donald Trump affirmant hier que la guerre était "quasiment terminée" n'auront finalement pas convaincu les marchés très longtemps.
Rattrapés par la réalité du terrain (détroit d'Ormuz bloqué, intensification des frappes et riposte de l'Iran), les indices repartent à la baisse en Europe (-0,2% à Paris, -1% à Londres et -1,6% à Francfort) tout comme aux États-Unis (-0,4% pour le S&P 500, -1% pour le Dow Jones, -0,2% pour le Nasdaq).
En revanche, les cours du brut restent contenus grâce à la décision de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) de mettre à la disposition du marché 400 millions de barils de pétrole issus de ses réserves d'urgence. Le Brent évolue à 92,7 USD le baril ( 1,5%), loin du pic des 119 USD atteint il y a 48 heures.
"Depuis le début des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran il y a une dizaine de jours, les actifs risqués connaissent une forte volatilité. Mais, jusqu'à présent, les mouvements de marché restent globalement conformes aux attentes, compte tenu de l'ampleur des enjeux", analyse Jeff Blazek, Co-CIO Multi-Asset Strategy chez Neuberger Berman.
Inflation sous surveillance
Très surveillé dans ce contexte inflationniste, l'indice des prix à la consommation aux États-Unis a progressé de 0,3% sur un mois, après une hausse de 0,2% en janvier, conformément aux attentes. Sur un an, l'inflation s'établit à 2,4%, un rythme inchangé par rapport au mois précédent et également en ligne avec les anticipations.
Toutefois, "cette publication sans surprise reflète une période précédant l'escalade des opérations militaires au Moyen-Orient, laquelle devrait entraîner une hausse de l'inflation le mois prochain sous l'effet du renchérissement des prix de l'énergie", souligne Josh Jamner, senior investment strategy analyst chez ClearBridge Investments, filiale de Franklin Templeton.
Sur le Vieux Continent, les niveaux d'inflation sont aussi étroitement suivis, notamment au regard de la flambée des cours de l'or noir ( 50% pour le Brent depuis le 1er janvier).
À ce titre, l'indice des prix à la consommation du mois de février a augmenté de 0,2% en Allemagne, comme prévu, après une hausse de 0,1% précédemment. En rythme annuel, l'inflation s'est élevée à 2%, en ligne avec le consensus, après 2,1% un mois plus tôt. Cet indicateur ne prend toutefois pas encore en compte l'actualité du Moyen-Orient et doit donc être nuancé.
Les marchés financiers ont d'ailleurs relevé leurs anticipations de resserrement monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), intégrant désormais environ 30 points de base de hausse d'ici la fin de l'année, selon Bloomberg.
Le gouverneur de la Banque de Lettonie a précisé que la BCE pourrait agir si le conflit avec l'Iran entraînait une remontée des anticipations d'inflation, évoquant un scénario de hausse "préventive".
Les valeurs en mouvement
Si l'indice parisien est en berne, plusieurs valeurs tirent leur épingle du jeu à l'instar de Renault qui s'adjuge 2,6% après la présentation de son nouveau plan stratégique baptisé "futuREady".
De son côté, TotalEnergies gagne 1,8%, tiré par le cours du pétrole et l'annonce du démarrage de la production du projet Lapa South-West, à environ 300 kilomètres au large des côtes brésiliennes, un projet dont le groupe est opérateur avec une participation de 48%.
Toujours en France, Elis gagne 3,2% après la publication de résultats conformes aux attentes. Le flux de trésorerie disponible (FCF) pour l'exercice 2025 est en hausse de 3,5% sur un an à 358,6 millions d'euros, conforme aux prévisions du marché (360 millions d'euros, estimations Jefferies : 365 millions d'euros).
A noter également la performance de Soitec qui grimpe de plus de 16% pour des raisons qui restent encore assez mystérieuses ce soir. Selon une hypothèse évoquée par Bloomberg, l'intérêt soudain pour la valeur pourrait être lié à une publication sur le réseau social X émanant d'un compte suivi par plus de 100 000 abonnés ayant annoncé prendre "une position importante" sur le titre.
En Europe, le géant de la défense allemand Rheinmetall a publié des résultats globalement inférieurs aux attentes du marché, notamment au niveau du résultat opérationnel et du flux de trésorerie. Malgré un carnet de commandes record et des perspectives de forte croissance, le titre lâche 7,6%.
Hausse des stocks de brut américains
Côté statistiques, les données publiées par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) montrent que les stocks de pétrole brut aux États-Unis s'élevaient à 443,1 millions de barils lors de la semaine du 2 mars, soit une hausse de 3,8 millions de barils par rapport à la semaine précédente, quand les analystes tablaient sur une croissance plus modérée de 1,1 million de barils.
Dans le reste de l'actualité, l'euro cède 0,3% face au billet vert, à 1,157 USD et le bitcoin grappille 1%, à 70 360 USD.
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source : AOF
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