Recul des marchés européens avant la BCE, Sopra Steria s'envole
(Zonebourse.com) - Avant la décision de politique monétaire de la BCE demain, les Bourses européennes ont clôturé la séance de mercredi dans le rouge. Après deux mois de conflit au Moyen-Orient, les discussions pour y mettre un terme entre les Etats-Unis et l'Iran restent figées. A la clôture, le CAC 40 a cédé 0,39% à 8 072,13 points, enchaînant une quatrième séance de suite de repli. L'Eurostoxx 50 a perdu 0,38% à 5 814,14 points.
A Wall Street, les indices évoluent en ordre dispersé, avant la décision de la Fed et la publication des résultats des mastodontes du secteur technologique (Meta, Microsoft, Amazon et Alphabet). Vers 17h45, le Dow Jones se replie de 0,56%.
Les Etats-Unis ont "vaincu militairement" l'Iran, a réitéré hier Donald Trump lors du banquet à la Maison Blanche en présence du roi Charles III. "Nous ne laisserons jamais cet adversaire (...) posséder une arme nucléaire", a également affirmé le président américain.
Toujours aussi véhément envers Téhéran, Trump a déclaré sur son réseau Truth social que "les Iraniens ont intérêt à devenir intelligents, et vite", estimant aussi "qu'ils ne savent pas conclure un accord sur le nucléaire".
Selon le Wall Street Journal qui s'appuie sur des sources anonymes au sein de l'administration américaine, Donald Trump privilégierait le statu quo en Iran, avec une prolongation du blocus du détroit d'Ormuz. Le locataire de la Maison Blanche écarterait alors deux autres options : reprendre les bombardements ou se retirer du conflit. Le chef d'Etat aurait exigé de ses conseillers qu'ils se préparent à cette éventualité, souhaitant toujours obliger Téhéran à une capitulation nucléaire.
En outre, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth, ainsi que le chef d'état-major, vont s'exprimer ce mercredi sur la conduite des opérations américaines en Iran, lors de leur première audition parlementaire depuis le début du conflit.
Dans ce contexte géopolitique tendu, les prix du pétrole augmentent. Vers 17h45, le Brent grimpe de 5,92% à 117,01 dollars. Le WTI bondit de 6,07% à 105,78 USD.
adidas, Airbus et Sopra Steria se démarquent
Dans l'actualité des sociétés, TotalEnergies (-0,05%) a fini légèrement en repli après avoir enregistré, une bonne partie de la séance, l'une des plus fortes hausses du CAC 40. Le titre a été soutenu par les solides résultats au premier trimestre 2026. Le géant pétrolier a généré sur cette période un résultat net ajusté (part TotalEnergies) de 5,4 milliards de dollars, en croissance de 41% par rapport au quatrième trimestre 2025 et de 29% en glissement annuel. Il est supérieur aux attentes du marché : 5,2 MdsUSD.
Au sein de l'indice phare de la place parisienne Airbus a gagné 5,13%. Le constructeur aéronautique a publié hier soir un résultat net (part du groupe, publié) de 586 MEUR au titre du premier trimestre 2026 dépassant largement le consensus qui tablait sur 271 MEUR. En revanche, l'EBIT ajusté, indicateur clé de la rentabilité opérationnelle, excluant notamment les éléments exceptionnels et effets de change, chute de 52%, à 300 MEUR, alors que le consensus ciblait cette fois 371 MEUR.
Sopra Steria ( 17,54%) s'est distingué ce mercredi, finissant en tête du SBF 120 à la faveur d'une croissance au premier trimestre 2026 de son chiffre d'affaires. Il s'élève à 1 463,2 MEUR, en hausse de 3,4% en données totales. Le groupe de services informatiques confirme ses objectifs 2026. La progression organique du chiffre d'affaires est notamment toujours anticipée entre 1 et 2%.
En revanche, Pernod Ricard (-3,08%) a signé l'une des plus fortes baisses de l'indice CAC 40, au lendemain de l'abandon de son projet de fusion entre égaux avec l'américain Brown-Forman. Dans un communiqué diffusé hier soir, Pernod Ricard et Brown-Forman indiquent que leurs discussions en vue d'un éventuel rapprochement ont désormais pris fin. Les entreprises ne sont pas parvenues à s'entendre sur des conditions mutuellement acceptables.
En Europe, adidas ( 8,93%) a occupé la place de leader du DAX 40. L'équipementier sportif allemand de renom a publié mercredi des résultats bien meilleurs que prévu au titre du premier trimestre. Le bénéfice opérationnel a grimpé de 16%, à 705 MEUR, sur les trois premiers mois de l'année, pour un chiffre d'affaires en progression de 7%, à 6,59 MdsEUR. Les analystes attendaient respectivement 647 MEUR et 6,30 MdsEUR.
Occupant la première place du SMI, UBS s'est adjugé 3,22% après avoir dévoilé ce matin des résultats de bonne facture au premier trimestre. Cette publication s'est accompagnée de l'annonce de rachats d'actions généreux dans les mois à venir. Le groupe bancaire affiche une hausse de 80% de son bénéfice net à 3,04 MdsUSD. Il dépasse le consensus de 2,33 MdsUSD, selon Bank of America.
Demain, une nouvelle pluie de publications trimestrielles tombera sur Paris et l'Europe : celles d'Air France-KLM, BNP Paribas, Crédit Agricole, Novo Nordisk, Shell, Société Générale, Stellantis ou encore Technip Energies sont attendues.
Les regards tournés vers la BCE
Demain, l'actualité majeure qui fera réagir les marchés est la décision de politique monétaire de la BCE à 14h15 à l'issue de sa réunion. Selon toute vraisemblance, elle devrait choisir de maintenir ses taux directeurs à des niveaux inchangés (taux de dépôt de 2%).
"Nous pensons que la BCE devrait maintenir ses taux directeurs inchangés jusqu'à la fin du conflit. Nous anticipons un impact sur l'activité plus marqué qu'en 2022, ce qui signifie qu'une éventuelle récession pourrait inciter la BCE à faire preuve de prudence et à attendre davantage avant d'agir. Les anticipations d'inflation prévoient un pic entre 3,5 % et 4 % sur l'inflation globale, avec une inflation sous-jacente maintenue sous 2,5 % au cours des prochains mois. En juillet 2022, au moment du premier relèvement des taux, cette dernière s'établissait à 4 %", estime Patrick Barbe, responsable de l'investissement obligataire Investment grade en Europe chez Neuberger, en amont de cette réunion.
Sur ce sujet, Banque Richelieu considère que "la BCE devrait adopter une attitude prudente lors de sa réunion, avec une inflation attendue à 2,6% en 2026 (contre 2,1% en 2025) et un taux de dépôt toujours à 2%".
"Pourtant, les marchés anticipent déjà deux hausses de taux de 25 points de base, l'une en juin, l'autre au dernier trimestre 2026. Ces ajustements, bien que modestes, visent à contenir l'inflation au plus proche de son objectif de 2 % dans la zone euro. Mais avec des prix de l'énergie en forte hausse et des taux longs en hausse (le 10 ans allemand à 3 %, en progression de 35 points de base depuis fin février), la BCE doit éviter d'étouffer une économie déjà fragilisée (croissance de 0,9 % prévu en 2026 contre 1,4 % en 2025) en poursuivant son objectif d'inflation", détaille le spécialiste de la gestion de fortune et de la gestion d'actifs.
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source : AOF
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