Route du Rhum : Le Cléac'h chavire à son tour, Coville et Laperche à la lutte
Au tour d'Armel Le Cléac'h : le skipper de Banque Populaire a été contraint à l'abandon après avoir chaviré dans la nuit de mardi à mercredi, lors d'une 13e édition de la Route du Rhum où la lutte fait rage en tête entre Tom Laperche et Thomas Coville.
Après Francis Joyon (Océans), vainqueur en 2018 et qui a chaviré lundi, puis le tenant du titre Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) qui a dû renoncer mardi du fait d'une grave avarie de foil, "Le Chacal" a été contraint à l'abandon durant les premières heures de mercredi.
Le vainqueur du Vendée Globe 2017, qui occupait la deuxième place de la plus célèbre des courses transatlantiques, a chaviré vers "05h30 du matin, alors qu'il naviguait à 550 milles nautiques (environ 1.000 km) dans le nord-ouest des Açores", a annoncé en début de matinée l'organisation.
Celle-ci a aussitôt précisé qu'il n'était "pas blessé", était "en sécurité" et avait "pu déclencher la balise de détresse". Le navigateur de 49 ans attend à présent l'arrivée des secours... déjà sollicités en début de nuit à la suite d'un autre chavirage, celui de Matthieu Perraut (Elvest), en catégorie Ocean Fifty.
Trois jours à peine après le départ des 115 marins de Saint-Malo, la liste des abandons est déjà très longue. Au cours des dernières 24 heures, elle comprend aussi Jérémie Beyou (Charal), l'un des favoris dans la catégorie Imoca, pour "raisons médicales", Armel Tripon (problème de safran) et Fabien Delahaye (blessure).
"Cela reste un sport mécanique dans toute sa splendeur, il y a de la casse, des imprévus", a commenté auprès de l'AFP Michel Desjoyeaux, vainqueur de l'épreuve en 2002.
Cette année-là, la flotte avait été décimée par une tempête, ce qui n'est pas le cas cette fois. "Les bateaux ont pu commencer à fond, dans un moment assez complexe stratégiquement, pour s'extraire et tirer leur épingle du jeu. Le niveau a augmenté partout dans la flotte (...) et cette pression-là n'est pas facile à mesurer mais s'applique aussi aux plus expérimentés", a-t-il ajouté.
"Plein gaz !"
Cette succession de rebondissements a pu éclipser temporairement la lutte en tête, qui fait pourtant rage dans la catégorie-reine Ultim.
Tom Laperche, qui occupait la première place depuis le départ de Saint-Malo, l'a en effet temporairement perdue pour moins d'un mille nautique lors des premiers pointages mercredi matin au profit de Thomas Coville.
Le skipper de Sodebo a su tirer parti de sa trajectoire, la plus méridionale de l'ensemble des navires... mais son jeune rival de SVR Lazartigue n'a pas abdiqué et a même repris les devants lors du pointage de 10h00.
Les deux navigateurs se trouvent désormais à moins de 2.000 milles nautiques (3.434 km) de l'arrivée en Guadeloupe.
Dans la catégorie Imoca, la première place est toujours occupée par Corentin Horeau (MACSF), qui a lui creusé l'écart. A 10h00, il se trouvait à 2.250 milles nautiques de l'arrivée et comptait surtout près de 200 milles d'avance sur son premier poursuivant, l'Allemand Boris Hermann (Malizia).
"Quand je vois les pointages, je n'ose pas y croire ! C'est ce dont on rêve en tant que marin : faire des gains comme ça", avait réagi un peu plus tôt le Morbihannais, qui a pris la bonne trajectoire en abordant le thalweg par le sud. "J'ai trouvé le petit bout de vent qui m'a permis de repartir. Après, c'était plein gaz !".
Pointé à 2.185 mn de l'arrivée, Basile Bourgnon (Edenred) reste lui en tête de la catégorie Ocean Fifty, devant Pierre Quiroga (WeWise) et Léonard Legrand (Sodebo).
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