Aux Etats-Unis, des élections de mi-mandat qui pourraient refaçonner la présidence Trump
Des millions d'Américains se sont rendus aux urnes mardi lors d'élections aux allures de référendum sur Donald Trump, l'opposition démocrate espérant regagner la majorité au Congrès et ainsi tenter de brider le président américain pour les deux dernières années de son mandat.
Meeting après meeting, le président républicain de 80 ans, dont la cote de popularité a chuté, a jeté toutes ses forces dans cette bataille âpre, prédisant des conséquences apocalyptiques en cas de victoire démocrate, évoquée par des sondages qu'il promet encore une fois de faire mentir.
Cette campagne tendue aux multiples rebondissements, suivie comme un feuilleton planétaire, va-t-elle s'achever sur un vote sanction dans la première économie mondiale ? Les 250 millions d'électeurs potentiels vont-ils faire payer à Donald Trump la hausse du coût de la vie, aggravée par la guerre contre l'Iran qu'ils n'ont pas demandée ?
Défendant son bilan mardi matin sur Fox News, l'intéressé a appelé les électeurs "à préserver la grandeur de l'Amérique".
"Nous sommes formidables aujourd'hui. Il y a deux ans, nous étions dans une situation catastrophique", a-t-il dit en avançant, malgré la réalité des chiffres, que l'inflation était "résolue".
Des files d'attente se sont formées devant de nombreux bureaux de vote dans les États de l'est du pays, les premiers à voter et à fermer à partir de 23H00 GMT, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Signe de l'enjeu, près de 58 millions de citoyens ont déjà voté par anticipation, un record pour des élections de mi-mandat.
A la mi-journée, aucun incident majeur n'était à signaler, même si des machines à voter ne parviennent pas à scanner les bulletins dans un comté près de New York où se joue un fauteuil disputé. En Floride, des bureaux de vote ont été délocalisés en raison d'inondations, selon les autorités locales.
"Deux ans de cauchemar"
A Portland, dans le Maine (nord-est), Tom Walsh, 59 ans, personnel médical, dit vouloir en finir avec "deux ans de cauchemar". "C'est épuisant. Je suis lassé d'entendre dire que je suis anti-américain, un loser", déclare à l'AFP cet électeur qui penche démocrate.
"Bien sûr, c'est l'économie. Tout coûte cher", affirme de son côté Gabrielle Schlueter, une électrice noire retraitée de 69 ans rencontrée à Atlanta (Géorgie, sud-est).
Historiquement, le parti qui occupe la Maison Blanche perd du terrain au Congrès lors des "midterms" et chez les démocrates, l'espoir d'une "vague bleue" (leur couleur) est bien là.
Les enquêtes d'opinion prévoient leur victoire à la Chambre des représentants, entièrement renouvelée mardi.
Mais le Sénat pourrait aussi basculer, à la faveur de scrutins dans des États traditionnellement républicains: du Maine à l'Alaska, en passant par le Texas, l'Ohio ou encore le Kansas. Dans certains bastions de la droite, un tel résultat était encore inimaginable il y a quelques mois.
À travers le pays, 36 postes de gouverneurs sont également en jeu, tandis que 145 référendums seront organisés dans divers États, sur des sujets allant du droit à l'avortement à une réforme de l'imposition sur le revenu ou encore l'interdiction du foie gras.
Le ministère de la Justice a indiqué avoir déployé 1.000 observateurs électoraux pour la première fois dans les cinquante États américains.
Peur du socialisme
Le président américain, qui regardera les résultats mardi soir depuis la Maison Blanche, a prévenu qu'en cas de défaite républicaine, il mettrait "son veto sur tout".
Jusque dans les dernières heures de la campagne, le mot d'ordre était à la mobilisation.
Les républicains affirment que les baisses d'impôts et la position anti-immigrés de Trump profitent aux Américains, et ils présentent les candidats démocrates comme des socialistes radicaux, un message qui semble trouver écho auprès de Daryl Ruley, un électeur de 84 ans résidant à Austin, au Texas.
"Beaucoup de jeunes d'aujourd'hui pensent que le socialisme est la voie à suivre", affirme M. Ruley à l'AFP. "S'ils croient cela, c'est qu'ils ne comprennent pas l'histoire".
Dans les contrées lointaines de l'Alaska, où se joue une élection sénatoriale serrée, des électeurs républicains assurent que Trump "a tenu promesse".
"On ne peut pas tolérer l'immigration clandestine de centaines de milliers de personnes. Et donc, il a réglé ce problème, il a sécurisé la frontière", affirme James Weise, employé à la retraite de 72 ans. "La seule chose que je n'apprécie pas vraiment chez lui parfois, c'est sa personnalité".
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