Municipales: le patron du PS, critiqué en interne pour sa stratégie, dévie la balle sur Mélenchon
Accusé en interne d'un "manque de clarté" de sa ligne, Olivier Faure est critiqué pour ses alliances peu fructueuses avec LFI au second tour des municipales mais lui impute les défaites de la gauche à Jean-Luc Mélenchon, devenu selon lui un "boulet".
Alors que le PS a essuyé dimanche la perte de plusieurs villes emblématiques comme Brest, Clermont-Ferrand ou Tulle, dont les maires sortants, en difficulté, avaient choisi de s'allier avec La France insoumise au second tour, le premier secrétaire du parti s'est trouvé dans le viseur du chef des députés socialistes, Boris Vallaud.
En effet, la direction du parti, après avoir affirmé qu’aucun accord national ne serait conclu - ni au premier ni au second tour - avec la formation de Jean-Luc Mélenchon, accusé de "propos antisémites intolérables", a finalement laissé faire les élus locaux qui ont fusionné leur liste avec la gauche radicale.
"Beaucoup de Français n'ont pas compris quelle était la ligne" du PS dans l'entre-deux-tours, a déploré Boris Vallaud, selon qui "la clarté est demandée avec force et par une majorité au Parti socialiste".
"Il n'y a plus de place pour l'ambiguïté stratégique parce qu'il reste l'ambiguïté et ça ne fait pas une stratégie", a encore asséné le député des Landes qui avait tenté, en vain, de prendre la tête du PS lors du dernier congrès et s'était finalement rallié à Olivier Faure.
Pour M. Vallaud, à qui beaucoup prêtent des ambitions présidentielles, "oui, les alliances avec La France Insoumise n'ont pas fonctionné. Oui, La France insoumise nous a fait perdre".
Des critiques qui font écho à celles déjà formulées dimanche soir par le député Jérôme Guedj et l'ancien président François Hollande, deux candidats plus ou moins assumés à la prochaine présidentielle, et partisans d'une rupture franche avec LFI.
"Temps de la clarification"
Sans compter celles du dirigeant de Place publique Raphaël Glucksmann, lui aussi pourfendeur de la gauche radicale, qui avait retiré tous ses candidats des listes ayant fusionné avec LFI.
François Hollande a notamment appelé à "ouvrir maintenant" un débat au sein du PS, car "le temps de la clarification est venu".
Olivier Faure a esquivé ces critiques lundi matin, défendant les alliances "de maires qui, en conscience, ont fait des choix", qu'il dit avoir "compris", se refusant d'être "un dictateur".
Parmi ces maires, certains se trouvent être des proches de François Hollande (Brest, Tulles), ou de Boris Vallaud (Clermont-Ferrand).
Le premier secrétaire, partisan d'une primaire de la gauche non mélenchoniste pour 2027, a surtout fait porter la responsabilité de l'échec sur Jean-Luc Mélenchon, devenu selon lui "le boulet de la gauche".
Il a considéré que des villes, comme Toulouse et Limoges, où PS et LFI ont fait alliance au second tour mais dont la tête de liste était insoumise, auraient été gagnées lors des élections municipales sans les "outrances" et "dérives antisémites" de l'Insoumis, les appelant à "se poser la question de Jean-Luc Mélenchon".
Regrettant le "plafond de verre" que fait peser ce dernier sur la gauche, Olivier Faure, qui défendait l'alliance avec LFI aux dernières législatives, avant de prendre ses distances, considère que le leader insoumis "ferait perdre de manière absolue" la gauche face à l'extrême droite au second tour de la présidentielle.
Pour le secrétaire général du PS Pierre Jouvet, les socialistes devraient au contraire "dire merci à Olivier Faure", d'avoir "rassemblé la gauche et remis le PS au coeur de la gauche", estimant sur Sud Radio que la stratégie de premier tour du PS de faire une alliance de la gauche non mélenchoniste (avec les écologistes, les communistes, Place publique, etc.) était validée par le résultats des municipales, où le PS a gagné un millier de villes, selon lui.
Mais le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard voit surtout dans les échecs des maires socialistes, comme à Clermont-Ferrand et Brest, la défaite de la gauche "traditionnelle", que même les Insoumis n'ont pu compenser.
Ces villes, a-t-il assuré sur FranceInfo, ont été perdues "par le score historiquement bas des maires issus du Parti socialiste".
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