Le Cese élit à sa tête une militante associative ou une entrepreneure
Quelle présidente pour la troisième chambre de la République? Les 175 membres du Conseil économique, social et environnemental (Cese) vont élire mercredi pour la première fois une femme à la tête d'une institution contestée, la militante associative Claire Thoury ou l'entrepreneure Dominique Carlac'h.
Les deux candidates s'exprimeront à l'ouverture de la séance plénière, à 14 heures, avant un vote à bulletins secrets, suivi par le discours d'investiture de l'élue à la tête de cette troisième chambre du parlement français, au rôle consultatif.
Les conseillers du Cese, pour partie déjà renouvelés en avril, représentent les syndicats pour 52 d'entre eux, et autant siègent au nom des organisations d'employeurs, exploitants agricoles, artisans, professions libérales et des mutuelles. Quarante-cinq autres représentent les associations ou les organismes oeuvrant pour la cohésion sociale et territoriale, et 26 siègent pour des organisations de protection de l'environnement.
Agée de 37 ans, Claire Thoury préside depuis cinq ans le Mouvement associatif, qui fédère plus de 700.000 associations, soit la moitié du total en France.
Cette sociologue spécialiste des questions d'engagement est soutenue par presque tous les syndicats, une très large part du mouvement associatif, la Mutualité française ou encore les employeurs de l'économie sociale et solidaire (Udes).
Elle affronte Dominique Carlac'h, 57 ans, dirigeante d'un cabinet de consultants et ancienne vice-présidente du Medef, soutenue par la plupart des organisations patronales, selon un communiqué publié en mars par le Medef, la CPME, l'U2P, CCI France, les Chambres des métiers et de l'artisanat, les chambres d'agriculture, ainsi que la FNSEA.
"C'est ouvert" et "c'est très serré", a affirmé à l'AFP Mme Carlac'h, qui s'est lancée plus tard dans la course. Elle souligne qu'une centaine de conseillers ont été récemment renouvelés et que beaucoup d'organisations n'ont officiellement soutenu personne.
Conventions citoyennes
"Il y a des organisations qui n'ont pas pris de position publique parce que ce n'est pas dans leur tradition mais qui ont quand même pris des positions" au sein de leurs instances, explique de son côté Claire Thoury, qui assure avoir engrangé les soutiens de nombre d'entre elles.
Quelle que soit l'élue, elle devra défendre l'institution face aux critiques sur l'utilité de ses rapports et son coût de fonctionnement, mis en cause en juillet dernier par la commission des Finances de l'Assemblée nationale et la Cour des Comptes.
Quelque 70 dirigeants syndicaux, patronaux et associatifs avaient en réaction défendu son rôle pour dialoguer et trouver des compromis, soulignant son coût modeste d'"à peine 0,006% du budget de l'Etat".
Quelques mois plus tôt, le député LR Philippe Juvin avait déposé une proposition de loi pour supprimer le Cese qui, selon lui, "fait partie de ces dépenses que l’État ne peut plus assumer, au regard de la situation de ses finances publiques".
"Il y a cinq ans, le budget du Cese était de 44 millions d'euros, au moment où je pars, il est de 34 millions d'euros" alors que l'inflation cumulée a dépassé 15% sur la période, a fait valoir à l'AFP son président sortant Thierry Beaudet.
Grâce à une réforme de 2021 qui fait du Cese la chambre de la participation citoyenne, l'institution a organisé trois conventions citoyennes, dont les effets concrets restent cependant limités: sur le climat, sur la fin de vie (dont le comité de gouvernance était présidé par Claire Thoury), puis en 2025 sur les temps de l'enfant.
Aux critiques sur les 140 avis rendus par le Cese en cinq ans, souvent trop consensuels pour être utiles, Claire Thoury répond qu'il "faut qu'on assume la divergence quand elle est constructive" car "le consensus à tout prix n'est pas souhaitable, s'il dilue trop les prises de position".
Un point de vue partagé par Dominique Carlac'h, qui relève que "comme le logiciel (du Cese), c'est le consensus" ses avis "manquent par moments d'aspérité".
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